Nous assistons au passage à une économie mondiale plus intégrée et plus interdépendante avec ses opportunités de rattrapage technologique et ses menaces de contagion, comme ce fut le cas au Mexique en 1994-95, dans les pays du Sud-Est asiatique en 1997-98, en Russie en 1998, en Argentine en 2001-02, la crise du système financier mondial en 2008-09 et au niveau de la crise d'endettement de pays membres de l'Union européenne aujourd'hui. Nous pouvons avancer que l'économie mondiale sera de plus en plus caractérisée par la très forte perméabilité physique et technologique des frontières nationales ; la globalisation de la production, du commerce et de la finance ; la quasi-disparition du “Made in”. Il ne sera plus pertinent de parler de produits américains, japonais, coréens… lorsqu'il y aura une externalisation poussée (sous-traitance) des activités productives à différents offreurs ; le passage de la production de masse vers la production flexible pour répondre à des marchés segmentés et très volatiles et l'innovation technologique. Il faut bien considérer qu'il s'agit de changements significatifs. On y fait référence avec des expressions différentes : “L'âge de l'information”, “l'âge de l'Internet”, “l'âge de l'innovation”, “l'âge de l'absence de raison”, “la société post-industrielle”, “l'âge post-moderne”, “la globalisation”… Mais le message est le même : “Ce qui a marché dans le passé ne marchera pas à l'avenir ! ” Certes, dans différentes parties du globe, des nations émergentes sont en mesure de prouver que la misère, la famine et le sous-développement ne sont plus une fatalité et que leur émancipation et les progrès qu'ils ont pu réaliser sont encore accessibles au prix d'une organisation et d'une mobilisation d'énergies différentes de celles qui avaient été déployées jusque-là, au sein de ce qu'il convenait d'appeler “pays en voie de développement”. À ce titre, l'on peut considérer que les expériences menées ces vingt dernières années par des nations comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, véritables pays continents, dessinent des perspectives de développement dans d'autres parties du monde, à travers des groupements sous-régionaux, tels que le Maghreb. Celui-ci, en raison de son appartenance à une culture et à une civilisation communes à l'ensemble des populations qui le composent, peut s'ouvrir globalement sur le monde en cultivant une relation homogène avec les autres pays, au sein d'une organisation adéquate que nous nous appliquons à mettre sur pied. Par ailleurs, notre orientation maghrébo-sahélienne nous offre des opportunités et nous impose des obligations. J'aimerais rappeler quelques faits. Lorsque l'Algérie a été colonisée, tous les pays de cette région l'ont été. La mobilisation et le combat pour notre indépendance ont été lancés dans un cadre maghrébin avec de fortes solidarités sahéliennes, la création de l'Etoile nord-africaine, notamment. La Révolution d'indépendance de l'Algérie a bénéficié à tous les pays de la région. Les expériences vécues par les pays émergents, notamment d'Asie et d'Amérique latine, ont clairement démontré que la vitalité d'un peuple se mesure à l'attention que ses gouvernants accordent à un système éducatif de qualité. L'on pourrait ajouter à cette affirmation que le développement durable se mesure à la capacité d'adaptation aux réalités d'un monde globalisé qu'il faudra nécessairement bien maîtriser puisqu'il s'impose à nous tous. Ce que nous constatons, c'est que le progrès réalisé dans les technologies de l'information et des communications (TIC) fait que, l'information est devenue globale à travers Internet, mais la connaissance ou la science est restée locale, car liée à la vitesse du transport et au développement de l'individu. Alors, le développement économique dans une vision maghrébine permettrait de profiter de l'information globale et le rapprochement des distances pour la connaissance locale, grâce à la démocratisation de l'accès au savoir. Ce qui appelle la construction d'institutions et la mise en œuvre de politiques capables de renforcer la coopération entre les acteurs économiques au niveau régional. De même que la création d'activités innovantes, l'animation et la mise en réseaux des compétences ainsi que la promotion des territoires. La transformation d'une Algérie dépassée et marginalisée, en queue des classements internationaux dans tous les domaines, vers une nation sûre de ses atouts et capable de défendre ses intérêts bien exprimés, bien compris et bien intériorisés dans la course mondiale actuelle, est impérative. Aujourd'hui, la puissance d'une nation se mesure par sa capacité d'innovation et la qualité de son système éducatif et de son système de formation de managers. En 2011, je propose concrètement que ceux qui sont en Algérie s'ouvrent en direction de nos compatriotes de l'étranger ayant atteint des postes de responsabilité pour participer avec nous à notre programme de rattrapage dans tous les domaines (sciences, institutions, technologie de l'information, médecine, gestion publique, management privé, préservation de l'environnement, hydraulique, énergie, tourisme, agriculture), y compris le volet de travail sur nos mentalités indispensable à cette œuvre gigantesque d'adaptation à la mondialisation, afin de tirer profit de nos atouts et devenir acteurs plutôt qu'être broyés. Voilà qui achève la présentation des huit défis pour reprendre le chemin du développement. Continuons à débattre sur les meilleurs moyens d'avancer vers un avenir de progrès et de prospérité pour tous les Algériens. À la tentation du pessimisme,, opposons la nécessité de l'optimisme !