Les contacts entre Tripoli et Benghazi se poursuivent dans plusieurs capitales européennes, a dit lundi le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères, affirmant que l'objectif de son gouvernement était d'éviter aux Libyens l'effusion du sang et la guerre civile. “Le guide libyen (Mouammar Kadhafi) encourage le dialogue et le supervise. Notre objectif est d'aboutir à une réconciliation entre les Libyens et éviter l'effusion du sang”, a dit à la presse Khaled Kaaim. Ce “dialogue” entre le régime et les rebelles se tient dans plusieurs capitales arabes et européennes, a dit M. Kaaim, évoquant entre autres l'Italie. Les rebelles ont rejeté dimanche un accord-cadre sur les négociations préparé par l'Union africaine (UA) pour la Libye parce que, ont-ils dit, cela permettrait à Mouammar Kadhafi de rester au pouvoir. Mais le vice-ministre libyen a expliqué cette prise de position par le fait que le Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion, “ne parle pas d'une seule voie”. “Le CNT n'est pas une entité homogène, il y a en son sein des factions différentes”, a dit M. Kaaim, affirmant que la branche des Frères musulmans au sein des rebelles est “la plus impliquée” dans ces négociations. En juin, le Premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi, avait déclaré que Tripoli avait établi une sorte de “système de communication” avec le CNT. Les chefs d'Etat africains réunis en sommet à Malabo, en Guinée équatoriale, ont difficilement adopté vendredi un accord-cadre proposé aux parties libyennes prévoyant notamment que le colonel Kadhafi devait être écarté des négociations pour sortir son pays de la crise et une “force de maintien de la paix”. Mais le document de l'Union africaine n'appelle pas explicitement Mouammar Kadhafi à céder le pouvoir, contrairement à ce qu'exige le CNT, dont le chef, Moustafa Abdeljalil, a affirmé lundi qu'“il n'y a aucune chance, actuellement ou dans l'avenir, pour que Kadhafi reste en Libye”.