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Souffles…
Roman, religion et politique
Publié dans Liberté le 06 - 10 - 2011

Une nation n'est forte, économiquement en bonne santé et à l'abri de toute menace visant sa démocratie et sa liberté, que si ses citoyens et sa politique parviennent à tricoter un lien fort et affectif avec la lecture imaginative, notamment le roman. La littérature, le roman en particulier ou encore la poésie, demeurera par définition la procédée libératrice de l'imaginaire collectif et individuel. Si la politique politicarde, par ses détractations démagogiques et ses tactiques épicières, tire l'imaginaire humain vers le sclérose, vers la sécheresse humaine, vers le bas, la littérature, à l'opposée, par sa folie raisonnée et ses déambules sans bords, remorque cet imaginaire vers la liberté et l'ouverture des horizons, vers le haut. Parce qu'elle est la sœur jumelle de la liberté, la littérature fait peur. Elle dérange tout ordre établi. Elle a toujours provoqué l'effet d'insomniaque chez les régimes autocratiques et despotiques. Et l'histoire nous en enseigne beaucoup. La poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) faisait et continuer à faire, peur au colonisateur israélien. Bien qu'elle soit formée dans des hautes écoles militaires, dotée de la haute technologie, Darwich le visionnaire, par le vers et le verbe éclairé, constituait une menace stratégique pour cette armée coloniale israélienne. Ariel Sharon en témoigne ! Le poème de Darwich est plus puissant que toutes les armées arabes qui chaque année dévorent des budgets inimaginables afin d'acquérir des avions et des chars qui finiront rongés par la rouille ! Pablo Neruda faisait peur à Pinochet et sa bande militaire. Staline touchait à son revolver dès que mot “culture” soit prononcé. La religion par son discours d'obéissance, elle aussi, a eu toujours peur de la poésie érudite. Elle l'a toujours considérée comme de l'hérésie, la zandaka. Dans l'imaginaire religieux, l'image du poète est équivalente à celle du majnoun (le fou). Majnoun Leila ! La religion et la poésie se disputent ou se partagent, le spirituel, la langue et le mythe. Et une religion socialement présente n'est que celle qui arrive à coexister avec la création. Chose difficile voire impossible ! Jusqu'au cinquième siècle de l'hégire, onzième de l'ère chrétienne, les musulmans ont développé un nouveau discours universel en mathématiques, en médecine, en philosophie et en astronomie. Cette réalisation épistémologiquement majeure est due à la classe éclairée des foukahas (les maîtres de la jurisprudence) qui vivait en harmonie et en dialogue avec les poètes. Les textes fondamentaux d'el ijtihad musulman ou encore la poésie arabe rebelle étaient produits dans un contexte de tolérance et d'esprit libre de Bagdad à Tolède. Chez nous, en Algérie, la classe politique se contente de se nourrir intellectuellement des journaux ! La culture journalistique ! Certes, l'exception confirme la règle. Une classe politique qui se cultive à travers les périodiques ou encore à travers quelques livrets maigres et simplistes écrits par des prédicateurs salafistes, stars des chaînes de télévisions arabes, se trouve, sans se rendre compte, comme dans un état intellectuel comateux ! Entre nos politiques et la littérature existe un abîme sauvage. Une classe politique contemporaine qui ne lit pas le roman n'arrivera jamais à comprendre les tenants et les aboutissants de sa société. Elle n'arrivera non plus à faire des analyses socioéconomiques. Seules la voix du roman est complète ou presque. Et parce que, aux yeux des politiques politicards, le romancier ou le poète, qu'importe, n'est que rêveur ou brigand Saâlouk, et par conséquence, sa littérature n'est que mensonges ou blasphème. Quand les partis politiques acceptent dans leurs rangs un poète ou romancier, c'est pour faire de lui une portion du décor folklorique, bouffon de la cour. Aux yeux de ces politiques, les hommes de la création sont souvent classés parmi les “méchants” ! Les insoumis ! On ne peut pas imaginer une classe politique moderne, digne de ce nom, en l'absence de la lecture littéraire, et principalement celle du roman. Le bon roman, bien sûr, celui qui provoque, qui casse ! Celui qui dérange ! Et en somme celui qui laisse le lecteur se poser des questions : à propos des évidences, des convictions, des dogmes et des certitudes incertaines ! Le politique qui ne lit pas le roman dérangeur n'est que l'autre face d'une monnaie religieuse fanatique ou périmée.
A. Z.
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