Ressorts Que nous réserve l'année 2012 ? Dans la revue des faits sûrs, un événement particulier, l'Algérie fêtera l'an prochain le cinquantième anniversaire de son indépendance. Un bilan mitigé peut être d'ores et déjà dressé, dans ce dernier numéro du supplément économique de 2011. Au tableau rose, un ensemble de réalisations qui font de l'Algérie un pays en avance sur les objectifs du millénaire relatifs au développement humain. Au tableau gris, la corruption qui a atteint des seuils sans précédent au cours de la décennie 2000, un gaspillage de ressources financières inédit, une très forte dépendance à l'égard des fluctuations des cours du pétrole. L'année 2012 sera également celle de tous les doutes. Il s'agit de savoir si le pouvoir tiendra ses promesses en matière d'ouverture démocratique. Les recommandations issues des assises sur le développement local seront-elles appliquées ? La tempête, qui s'annonce, effet de la crise de la dette européenne, épargnera-t-elle l'Algérie. La révision de la loi sur les hydrocarbures permettra-t-elle de booster le secteur ? L'autoroute Est-Ouest enregistrant un énorme retard sera-t-elle achevée totalement l'an prochain ? Le constructeur Renault signera-t-il l'accord de partenariat pour la construction d'une unité de montage de véhicules à la marque au losange ? La sphère réelle connaîtra-t-elle une dynamique en 2012 ? Pour les bonnes nouvelles, citons l'augmentation des retraites, la mise en service des tramways d'Alger, de Constantine, la fin des travaux sur le tronçon de l'autoroute Est-Ouest Alger-Constantine, l'achèvement de plusieurs usines de dessalement de l'eau de mer, le rééchelonnement de la dette de milliers de PME privées. Quant aux chantiers inachevés, ceux qui accusent un immense retard, l'année 2012 reflétera également cette tendance d'insuffisante maîtrise des projets enregistrée depuis des décennies. Le secteur du transport ferroviaire illustre le mieux ce phénomène. Le spectre de la hausse des prix plane également. L'augmentation des salaires dans la Fonction publique et celle des pensions de retraite seront absorbées par l'inflation, en raison de mesures appliquées sans contrepartie en matière d'amélioration de la productivité, une amélioration de l'offre de biens et services. Cette loi à l'œuvre en 2012 traduira encore une fois la panne de l'économie nationale. En effet, les plans d'investissement des entreprises publiques assainies tardent à se mettre en œuvre. Et un pan très important du secteur privé se trouve en difficulté en raison d'une ouverture sauvage du marché, la concurrence de l'informel et les problèmes d'accès au financement ainsi qu'au foncier. L'Algérie surtout manquera de vision en 2012. Résultat : l'Algérie ne dispose pas encore d'une véritable stratégie industrielle bâtie sur l'appui à de potentiels champions des secteurs public et privé, susceptibles d'induire un effet d'entraînement sur des dizaines de milliers de PME productives. Il faudra, en particulier, au moins trois ans pour que notre sidérurgie, notre mécanique, notre industrie chimique, les branches électrique et électronique entre autres redémarrent, et musclent notre appareil productif. Les secteurs des nouvelles technologies de l'information et de la communication, des énergies renouvelables ont besoin également de trois ans au moins pour émerger en tant que branches stratégiques de l'économie nationale. Encore faut-il que les pouvoirs publics accompagnent le mouvement. Sur ce plan, ils donnent aujourd'hui l'impression au regard, d'autant de tergiversations, d'applaudir à l'essor de l'import-import. Quant à la lutte contre la corruption, l'année 2012 constituera un véritable test de la volonté politique de nos gouvernants de réduire la généralisation du phénomène qui freine énormément l'élan de développement du pays Enfin, lueur d'espoir : ce groupe de vigiles, entrepreneurs, économistes, experts, simples citoyens, bref de véritables patriotes qui interviennent dans les différents débats et qui nous rappellent que l'Algérie a encore de véritables ressorts pour rebondir en tant que puissance économique régionale, en tant qu'Etat prospère, au profit du bien-être de sa population. Sur cette note optimiste, nos meilleurs vœux, à nos lecteurs et à ces citoyens de la “résistance” au système rentier. Que l'année 2012 soit meilleure ! K. R.