Une lettre ouverte a été adressée au président de la République pour “une autorisation d'exportation des stocks cumulés” depuis le gel des exportations. Fraîchement installée, la Fédération nationale des récupérateurs et exportateurs de métaux ferreux et non ferreux a tenu à ce que sa première action officielle soit l'interpellation du premier magistrat du pays. En effet, c'est via une lettre ouverte signée par son président Kessaï Mouhiedinne que la fédération se tourne vers Bouteflika pour lancer un énième cri de détresse. “Après avoir frappé à toutes les portes sans résultat, nous nous adressons à vous Excellence en dernier recours pour vous demander de nous autoriser à exporter nos stocks qui s'accumulent générant des frais de stockage faute de débouchés locaux”, lit-on sur la lettre ouverte de la fédération. Optimistes, les nombreux membres de cette nouvelle structure se disent “convaincus d'avance et honorés du soutien que vous ne manquerez pas de nous apporter, sachant pertinemment que vous faites un point d'honneur d'être aux côtés des catégories sociales frappées par les contingences de la vie et en difficultés socioprofessionnelles”. Par cette interpellation, la fédération attend “avec un grand espoir votre énergique intervention pour restituer sa dignité à une catégorie sociale qui est précarisée et démoralisée et qui ne cherche qu'à servir son pays”. Parlant de la situation dramatique et du marasme et des conséquences qui ont découlé du gel des exportations des métaux ferreux en 2010 et non ferreux en 2009, la fédération note que l'absence de toute autre alternative ou “contrepartie a porté un coup très dur à notre activité. D'autant que les débouchés internes sont très limités”. Autres conséquences de cette “décision brutale et pénalisante”, la mise au chômage forcé et la paupérisation de milliers de travailleurs. Ceci a, à son tour, “eu pour effet des difficultés de trésorerie et son corollaire d'accumulation de dettes fiscales et parafiscales”. Le drame pour ces récupérateurs et exportateurs, c'est que ce qui était censé être au départ un simple gel de l'activité “s'est transformé de fait en une interdiction d'exporter nos produits, ce qui a fini par provoquer la lente agonie d'un secteur qui jadis nourrissait des familles entières”. Et comme un drame n'arrive jamais seul, au moment où des milliers de récupérateurs et exportateurs “légaux et honnêtes se meurent, la presse nous informe d'un redoublement des activités d'exportations frauduleuses et de contrebande aux frontières est et ouest”. Reste à savoir si ce cri de détresse parvient enfin au président de la République ! M. B.