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Programme national de mise à niveau et du conseil en Algérie
Stratégie pour une rentabilité
Publié dans Liberté le 11 - 11 - 2013

Le programme actuel de mise à niveau est doté d'un budget de 336 milliards de DA soit près de 5 millions de dollars américains.
Cette enveloppe importante est prévue pour réaliser l'amélioration de la compétitivité ou la mise à niveau de 20 000 TPE ou PE ou ME activant dans les secteurs et branches de l'économie nationale sauf l'agriculture. La réalisation de ce programme a débuté en 2010 pour s'achever en 2014. Sa gestion est confiée à l'Agence nationale pour le développement de la petite et moyenne industrie (ANDPME) dotée d'un statut EPA. Jusqu'à présent, un millier d'entreprises de dimensions confondues ont reçu des décisions de mise à niveau soit 5 % du total du programme.
Beaucoup de chefs d'entreprises ont remis à plus tard la mission ou ont carrément abandonné ou n'ont pas adhéré car les investissements matériels offerts sont en-dessous de leurs attentes.
De plus, nombre d'entrepreneurs négocient avec les bureaux-conseils de renoncer au 20 % de leurs apports pour ne pas mettre la main à leur poche. Le programme de mise à niveau dans sa lecture critique, tourne au ralenti, pour ne pas dire dans l'impasse. Cela était le cas des programmes précédents de mise à niveau de l'Onudi, de l'Euro-développement, de la Sifi, prévus pour toucher plus de 6 000 entreprises, De Velp, ancien coordinateur du programme de l'Union européenne a jeté l'éponge en déclarant qu'à peine 500 PME ont été diagnostiquées. Depuis le lancement de précédents programmes jusqu'à ce nouveau programme, aucune évaluation n'a été faite sur l'impact de cette mise à niveau sur ces entreprises. Quant aux bureaux-conseils, beaucoup attendent d'être payés.
L'Etat n'a pas fait de passation des bilans entre les unités des programmes de mise à niveau précédentes et l'ANDPME.
Le programme national de mise à niveau n'a pas été inventé ou innové. L'agence ANDPME a copié les documents, les procédures qui ont servi à l'Euro-développement de MEDA I et MEDA II sans les améliorer. Pour Zaïm Bensaci, président du conseil consultatif de la PME, "le problème réside dans la nature bureaucratique" : à titre d'exemple, un dossier diagnostic et plan de mise à niveau déposé à l'ANDPME reste 3 mois pour être validé et un mois pour être payé. En effet, confiné dans une structure institutionnelle, aux pratiques administratives lourdes, le programme de mise à niveau aujourd'hui est l'otage des modalités et des procédures quand il s'agit de la validation et du paiement.
Rappelons que les montants d'aides matérielles prévues à l'actuel programme ne sont pas attractifs, de l'avis des chefs d'entreprises.
Les montants affectés par le programme ne sont pas suffisamment corrects notamment pour ce qui est des montants des équipements et immatériel surtout pour les entreprises de BTPH et le taux de bonification des crédits est très élevé.
C'est l'avis aussi des bureaux-conseils, les coûts des pré-diagnostics et de diagnostic sont dérisoires au vu de ce que réclament les experts-jour généralement de 20 à 30 000 DA/jour. Nous proposons une formule d'aide financière plus conséquente, les investissements matériels plafonnés à 1,5 million de DA, l'Etat prend en charge 10 % de ce coût au profit des entreprises ayant un CA inférieur à 100 millions de DA et la différence est financée par l'entreprise soit 13,5 millions de DA au taux bonifié de 1%. Pour l'action de pré-diagnostic, le coût plafond est de 1 000 000 DA et l'aide publique couvre 80% et la différence soit 20 % est financé par l'entreprise.
Pour le diagnostic de la petite entreprise, le coût serait de 2 500 000 DA, l'aide publique est assurée à 80 % et la différence soit 20% ou égale à 5 00000 DA est financé par l'entreprise.
Pour le diagnostic de la moyenne entreprise, l'état de ce coût plafond serait de 3 000 000DA, l'Etat prend en charge 80% et les 20% seront à la charge de l'entreprise soit 600 000 DA.
Au titre de la formation spécifique, le coaching, encadrement, le coût serait de 15 000,00, l'Etat prend en charge 80%.
Pour les TIC, les exportations, l'expertise financière, l'Etat prend en charge 1 000.000DA, le reste est financé à des crédits bonifiés à 4%. Pour la certification, le coût plafond de cette action est de 5 000 000 DA, l'Etat prend en charge 30% du coût et le reste financé par les crédits bonifiés à 4%. Malgré les objectifs stratégiques de la mise à niveau qui sont :
Les entreprises mises à niveau, jusque là, ont-elles atteint ces objectifs ? Ce n'est pas sûr. Pour la plupart, la mise à niveau et la certification se sont déroulées dans la complaisance totale pour la plus part et c'est du copier-coller. D'où la nécessité d'un recours à une contre-expertise. La contrefaçon et l'informel du savoir a touché de plein fouet le marché du conseil. Le directeur de Vérital lors d'un séminaire en févier 2003, disait : "La mise à niveau et la certification en Algérie se font d'une manière désorganisée. N'importe qui certifie n'importe quoi. Bon nombre de consultants prétendent être des experts mais ils sont des trabendistes du savoir".
Aux dires du PDG du groupe Cristor-électrique de Bordj Bordj-Arréridj cité par le journal El Watan du 28/05/2009 : "Même la certification ISO peut s'obtenir par complaisance chez les industriels qui ne s'embarrassent pas de scrupules". Cette manière d'agir a influé sur le conseil en Algérie.
C'est pourquoi les capacités du conseil algérien ont été peu utilisées pour ne pas dire méprisées par les pouvoirs publics. Ces derniers préfèrent le conseil étranger comme porteur d'un savoir au-dessus de tout soupçon, mais ironie du sort ces bureaux étrangers utilisent des compétences algériennes pour réaliser leurs missions à haut coût et de qualité qui laisse à désirer.
Les coûteux audits confiés aux étrangers se sont révélés peu efficaces.
Le doute et le manque de confiance persistant affichés par les pouvoirs publics ou les chefs d'entreprises privés vis-à-vis des forces de consultance nationales a contraint le potentiel existant à travailler dans un marché opaque dans des conditions humiliantes et incertaines ou à s'expatrier : exemple un expert étranger est payé 1500 euros/jour et non compris les perdiems.
Un expert local est payé 250 euros/jour sans perdiem. Comme l'ensemble des cabinets de création récente, ne justifie pas de référence et d'expériences exigées par des donneurs d'ordre, ils ne peuvent accéder au marché.
80% de cabinets-conseils risquent de mettre la clé sous le paillasson par manque de charge du travail. Dans les pays développés, les chefs d'entreprises et l'environnement de l'entreprise préfèrent le conseil débutant pour son coût moins cher et la témérité qu'ils se donnent pour fournir une prestation de qualité, gage de sa réputation et de leur prestige.
Ernest Young, Kmpg Water House, Anderson ont débuté petit et sont devenus des cabinets de dimension mondiale.
Il faut dire aussi que les chefs d'entreprises privées ou publiques n'ont pas une culture du conseil. Ils ne mesurent pas encore l'intérêt du conseil dans l'amélioration de la gestion de leurs entreprises.
Le regard extérieur est toujours fondamental pour le chef d'entreprise. Tout le monde sait aujourd'hui que le marché du conseil est énorme en Algérie. Ce marché potentiel est généré en vue d'aligner l'entreprise à travailler sur les normes internationales. Ce vaste marché du programme actuel de la mise à niveau implique l'assainissement du marché du conseil, une mobilisation urgente et décisive de nos capacités et de nos compétences en consulting dans les différents métiers :
Management, marketing, la gestion de ressources humaines, la production, les finances, la stratégie, l'hygiène, la sécurité et l'environnement de l'entreprise. Ce gigantesque travail pour promouvoir le métier de la consultance dans tous ses aspects qui s'inscrit en droite ligne du programme national de mise à niveau et tous les programmes de réforme économique, seront pris en charge par l'Appromece (1). Cette association s'engage à encadrer la consultance en vue de moraliser, d'assainir cette profession, la crédibiliser et la promouvoir auprès des pouvoirs publics et privés en vue de la substituer à l'expertise étrangère. L'Appromece se propose également de poursuivre d'autres objectifs tels que :
Nous souhaitons que l'ANDPME, pour répondre à ses ambitions importantes de mise à niveau change son organisation, ses méthodes et ses procédures et se dote d'un renfort de compétences techniques pour rattraper les retards accumulés dans la réalisation de ses objectifs. Elle doit en outre trouver une meilleure méthode de régulation dans le marché du conseil pour promouvoir la consultance et le conseil en Algérie.
A. T.
(*) Président d'honneur de l'Appromece.
(1) l'Appromece : Association nationale pour le métier de consultance en entreprise créée en mars 2012.
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