Il est difficile d'accéder à des informations sur la situation actuelle des enfants ayant subi des maltraitances sexuelles tant le secret semble bien gardé, peut-être pour ne pas brusquer la susceptibilité tatillonne des parents qui se drapent derrière un silence gêné. Selon toute vraisemblance et d'après les révélations faites par les spécialistes en matière, lors d'une récente rencontre-débat tenue à Oran sous le thème de la "Maltraitance des enfants", il a été établi que 73 mineurs, dont 59 filles, ont été victimes de maltraitance sexuelle via des réseaux liés aux technologies de l'information et de la communication. Dans cette perspective, la cybercriminalité habilement manipulée par les "professionnels" de la dérive sexuelle sur les enfants est nettement corroborée. Un travail de fourmi et de longue haleine a débouché sur une enquête à l'échelle nationale faisant état de 64 affaires d'attentat à la pudeur. Les sections de lutte contre la cybercriminalité, fraîchement formées par des spécialistes étrangers en collaboration avec les départements de faits numériques, ont enquêté pendant des mois. Ainsi, les enquêteurs relevant des brigades spécialisées de la protection de l'enfance et de la Police judiciaire ont réussi à démêler l'écheveau de ces réseaux impliqués dans le détournement de mineurs et d'incitation à la débauche. "Les laboratoires de la Police scientifique et technique sont parvenus à élucider de nombreuses affaires concernant le détournement de nombreuses adolescentes qui ont été prises dans le piège implacable des réseaux sociaux des pédophiles", a affirmé un intervenant. La cybercriminalité enregistre un fort taux, notamment celle liée à la pédophilie et au détournement des mineurs. La prévalence sur les filles est déroutante à plus d'un titre. On évoque, dans ce registre, la prédilection des réseaux spécialisés dans le détournement des filles adolescentes. "Des filières ont été localisées dans les wilayas d'Oran et d'Alger par les services de la Police judiciaire qui ont eu à traiter trois affaires de diffusion sur Internet des vidéos pornographiques", précise-t-on. Dans le sillage de ces enquêtes, il a été dénombré une quarantaine d'affaires (2008-2011) relatives à la découverte de vidéos de pornographie infantile à travers des portables et leur diffusion sur Internet. Les statistiques fournies par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem) sont éloquents. Dans ce contexte, 77% des enfants algériens passent leur temps à surfer sur la Toile, alors que nous apprenons qu'une centaine de personnes ont été poursuivies, en 2010, pour pédophilie en Algérie, soit 3% des infractions incriminées à des internautes. "Nous devons axer nos efforts sur les moyens humains et matériels à l'effet de sensibiliser les parents et leurs enfants sur les dangers que pourrait représenter la Toile." K R I Nom Adresse email