Raison de leur colère, les conditions non conformes à la réglementation dans lesquelles s'est déroulé le concours pour le doctorat LMD. Ce que récuse la chef du département qui accuse ces étudiants d'être manipulés. Les étudiants du département de français de l'université Alger 2 contestent le concours de doctorat. Selon Yasmine, représentante des étudiants, qui a passé le concours de doctorat LMD le 15 décembre dernier, "plusieurs infractions et dérives auraient été enregistrées au département de français". D'après la porte-parole qui s'est déplacée à la rédaction de Liberté, l'examen se serait déroulé sans respect des lois régissant un tel concours. Face à ces "dérives", les étudiants exigent des explications et "la démission de la nouvelle administration, à commencer par la doyenne". Les étudiants menacent "de fermer le département" si toute la lumière n'est pas faite sur ce dossier. "Le concours de doctorat du département de français s'est déroulé dans des conditions inacceptables. En premier lieu, il y a eu l'annulation du doctorat sciences du langage qui datait de l'année, sans aucune explication, alors que l'article 5 du décret 191 relatif à la formation en doctorat stipule que le doctorat est habilité pour 3 ans", souligne l'étudiante. Elle ajoute que "le lieu et la date du concours n'avaient pas été affichés, ni publiés dans la presse nationale. Nous n'avions même pas eu l'information concernant les journées portes ouvertes". La porte-parole des étudiants note d'autres infractions, telles que le changement de la date de l'examen sans explication et l'acceptation de dossiers de candidature incomplets. Elle dénonce aussi "le recours du département à la fabrication de notes fictives", afin de compléter les dossiers des candidats qui n'ont pas de copies de leurs relevés de notes du M1 et M2, et le fait aussi que les résultats des délibérations ne soient pas affichés, comme le stipule le règlement. "Des étudiants en sciences du langage, parmi lesquels figurent des enfants de responsables du département et de la faculté, ont signé une décharge pour annuler des notes de séminaires dans le but d'accéder au concours de didactique des langues, sachant que ces notes se trouvent au rectorat", rapporte encore notre interlocutrice. La représentante des étudiants assure que, durant le concours, la procédure d'anonymat n'a pas été respectée. "Les responsables n'ont pas cru bon de cacher l'en-tête comportant les noms des candidats et de donner un numéro à chacun avant le déroulement des épreuves", relève l'étudiante. Plus grave encore, ajoute-telle, la liste des admis a été changée. "La triche a même concerné la liste des admis, parmi lesquels se retrouvent les noms des enfants du doyen des sciences humaines de la faculté d'Alger et de l'ex-recteur de l'UFC d'Alger", dénonce-t-elle. "Ces étudiants ont suivi la filière sciences du langage, alors qu'ils ont présenté des dossiers incomplets sans le diplôme ni les relevés de notes", accuse-t-elle. De son côté, la chef du département, Melissa Derradj, rencontrée à la faculté de Bouzaréah, assure que ce qui se passe au sein de la faculté de français est une campagne à l'encontre de sa personne. "Ils me poussent à la démission", soutient-elle. Selon sa version des faits, elle a été nommée à la suite de plusieurs problèmes dans ce département. "Des étudiants s'étaient plaints de harcèlement sexuel, de fausses notes et d'inscriptions non validées par la hiérarchie", relate-t-elle. L'ancienne chef du département avait été démise de ses fonctions. Et depuis, "les professeurs qui se sont opposés à cette réorganisation ont, pour se venger, affirmé que le concours était non valide, instrumentalisant les étudiants dans cette campagne contre ma personne", dénonce l'actuelle chef du département. D S Nom Adresse email