Chaque année, la célébration de la Journée internationale de la liberté d'expression tombe de plus en plus dans une platitude que ni les discours et encore moins les promesses n'arrivent à la sortir de la situation qui est la sienne les autres jours de l'année. Une situation qui se dégrade de jour en jour, favorisée par la totale désorganisation de la profession. L'Association des éditeurs, qui a permis une solidarité pendant les années de la décennie noire, a été sabordée, le SNJ descendant du Mouvement des journalistes algériens né en Octobre 88 n'est qu'une peau de chagrin qui se réveille pour dénoncer, mais rarement pour défendre la grande famille des journalistes. Ce tableau est malheureusement le reflet fidèle de la situation qui prévaut actuellement dans le secteur. La multiplication des titres (plus de 150) a fini par parasiter le paysage et a fait des millionnaires par la grâce des prébendes de l'Anep qui distille selon les instructions et le degré de docilité. C'est ce que n'a pas compris ou n'a pas voulu comprendre le pouvoir : on ne peut pas aimer son pays si on ne le critique pas, de façon objective et constructive. L'absence voulue de contrôle par les institutions de la République sur ce secteur que l'on laisse aller à vau-l'eau est un acte contre-productif. La Cnas a-t-elle les états des employés salariés ? Les bilans font-ils ressortir les recettes générées par la publicité donnée sous le manteau ? Pourquoi les sociétés d'impression qui vivent sous la menace d'oukases ont-elles peur de rendre publiques les créances détenues sur les titres ? Et combien de journaux tiennent une comptabilité ? Tout cela se sait et on négocie avec. La délivrance d'une carte nationale de journaliste, qui aurait pu être le premier signal de l'Etat à vouloir mettre de l'ordre dans la grande famille de la presse, attend toujours, malgré les promesses des autorités de régulation pour la presse écrite et audiovisuelle, pourtant contenues dans la loi organique sur l'information, qui attendent toujours d'être mises en place. Tout comme les cahiers des charges des télévisions privées qui ne peuvent normalement exercer sans ces pilotes fondamentaux ? Ce ne sont que des questions et les réponses sont urgentes car à ce rythme de déviation sans retenue, alors qu'il y a péril en la demeure, on aura honte d'avouer qu'on appartient à cette profession qui a payé un lourd tribut durant les années de feu. O.A [email protected] Nom Adresse email