Abderrahmane Belayat qui avait activement participé à dégommer Abdelaziz Belkhadem en janvier 2013, contracte une alliance avec ce dernier et s'ingénie à trouver la bonne astuce pour le réinstaller sur le fauteuil de secrétaire général du FLN. Du coup, c'est Amar Saâdani qu'il lui faut évincer, cette fois. Abdelkrim Abada, lui, se range aux côtés de Amar Saâdani, après avoir été solidaire de Belayat et mené une guerre sans merci contre l'actuel SG. Ces repositionnements et revirements, multiples et incessants à vous donner le vertige, ont de quoi transformer le comité central du parti en une sorte de fouillis ou de labyrinthe où pourraient se perdre même les plus aguerris des militants du FLN, c'est-à-dire les plus rompus aux intrigues et autres "coups d'Etat scientifiques" qui, de temps en temps, ont rythmé la vie de leur formation. Ces changements de cap spectaculaires suffisent largement à rendre compte de la réalité du FLN, aujourd'hui réduit à un ensemble de factions qui passent leur temps à faire et défaire les SG et, pour ce faire, à nouer et à dénouer des deals provisoires. Le plus pathétique est que, de quelque bord qu'ils soient, les vieux briscards du parti, sans doute à court d'arguments politiques pouvant légitimer leurs revendications respectives, ne vont pas chercher bien loin les "considérants" qui fondent leurs attitudes. Tous tentent de faire valoir une proximité du président de la République dont ils se targuent d'avoir l'onction et il est même arrivé qu'une des parties en conflit ait avancé, en privé, qu'elle comptait sur le soutien de l'Armée, rien de moins, avant de préconiser, très sérieusement et à peine quelque temps après, que l'institution militaire doit se consacrer à ses seules missions constitutionnelles. Ainsi va le FLN. C'est une constante. Ni le statu quo, ni une réélection transparente et démocratique de Amar Saâdani, ni son remplacement, au demeurant peu probable, par la voie de l'urne ne suffiront à remettre de l'ordre dans la maison FLN. Car les interférences et les injonctions d'en haut seront toujours là. Et, fait aggravant, l'on sait que depuis quelques années, des connexions étroites ont été établies entre l'argent sale et quelques personnages influents au sein de sa direction. Il est illusoire, dès lors, de s'attendre à un règlement de la crise que vit ce parti, à l'issue de la session de son comité central. Nom Adresse email