Le président du conseil d'administration de l'USMBA, Abdelhakim Serrar, estime que la mort du Camerounais Albert Ebossé est une catastrophe pour le football national. "Nos stades sont devenus des cimetières, tuer un joueur, de surcroît étranger dans nos stades, est un grave précédent dans notre histoire footballistique, je n'arrive toujours pas à comprendre les motivations et les raisons ayant conduit ces assassins à s'attaquer aux joueurs alors qu'on est juste au début de la saison, rien, je dis bien, rien ne justifie cet ignoble acte à l'encontre d'un joueur exemplaire, qui est notre invité. Que diront maintenant les autres joueurs étrangers qui jouent chez nous ? Pourquoi les supporters de la JSK se sont attaqués à leur joueur avec des pierres ? C'est quoi cette nouvelle culture ? La violence, chez nous, atteint son paroxysme, elle a commencé par les insultes acerbes, puis elle est passée à l'acte grave, ce qui est arrivé à la JSK pourrait arriver dans n'importe quel stade en Algérie, car les prémices d'une violence aveugle sont perceptibles depuis quelques années. N'a-t-on pas vu des petits villages s'entretuer à cause d'un résultat de match de football ? Ce sont les conséquences d'une gestion catastrophique d'un championnat déséquilibré, je préconise l'arrêt total de ce championnat jusqu'à ce qu'on trouve des solutions palpables et de fond. Le football est un vecteur qui rassemble la jeunesse et lui permet de se connaître et de tisser des amitiés, chez nous, c'est le contraire, chaque week-end, on assiste à des batailles rangées entre supporters, à cause d'un petit match de football qui est, avant tout, un sport ni plus ni moins, on a vu le grand Brésil prendre sept buts contre l'Allemagne en demi-finale de Coupe du monde chez lui, personne n'a osé jeter le petit objet sur le terrain, les supporters ont accepté la défaite et ont quitté le stade certes déçus, mais très sportivement, ils ont même applaudi leur équipe, voilà une belle leçon de sportivité, on doit prendre exemple de tout ça. Nous sommes tous responsables de cette situation, il faut recadrer les débats et prendre des mesures radicales pour endiguer ce mal qui a atteint un degré très dangereux", nous a affirmé, hier, Abdelhakim Serrar, avec colère et rage. "Cet ignoble acte va certainement donner à réfléchir aux autres joueurs étrangers. Il n'est pas à écarter qu'ils vont tous quitter notre championnat, car la mort d'Albert Ebossé, les a touchés. Je suis choqué par cette terrible nouvelle, il est inconcevable qu'un joueur qui vient jouer chez nous, tombe sous le coup d'un projectile mortel, où va-t-on comme ça ? Il faut s'inspirer des autres modèles pour tenter à l'avenir de lutter contre cette violence qui ne trouve aucun motif. Le supporter algérien n'a plus la culture de la défaite, tout le monde veut gagner, même les petites équipes qui n'ont aucune histoire dans le football, se sont mises de la partie et veulent, elles aussi, accéder par n'importe quel moyen. Le résultat est là, il y a eu mort d'homme, c'est grave, très grave même. La FAF et la LFP doivent se concerter pour prendre des mesures radicales, il faut qu'on cesse aussi la violence du verbe qui aboutit au résultat de samedi soir sur la stade de Tizi Ouzou. Je m'incline devant la mémoire de ce joueur tout en présentant à sa famille et à celle de la JSK mes sincères condoléances." R. A. Nom Adresse email