Les talibans sont de retour en Afghanistan. L'attentat meurtrier qui a frappé dimanche le cœur de Kaboul, épargné par le terrorisme depuis décembre 2003, prouve que les ennemis du scrutin présidentiel ont encore les capacités de perturber le processus politique qui doit conduire à l'élection du 9 octobre. La coalition sous commandement américain et la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) ont indiqué qu'au moins trois Américains avaient été tués dans l'attentat à la voiture piégée qui a frappé le quartier de Shar-e-Naw, au centre de Kaboul. Le choix du lieu n'est pas anodin : le district de Shar-e-Naw, où s'entassent commerces et immeubles en construction, est aussi l'un des quartiers où sont basées de nombreuses organisations internationales et humanitaires. Le quartier général de la coalition sous commandement américain et celui de l'Isaf sont également situés à proximité, de même que le palais présidentiel, cerné de kilomètres de routes barrées à la circulation. En visant l'entreprise de sécurité américaine Dyncorps, qui assure notamment la sécurité personnelle du président Hamid Karzaï, les terroristes ont aussi frappé deux symboles forts : l'Amérique et la présidence afghane. D. B.