Le spectre de la grève semble à nouveau planer sur le secteur de l'éducation. Ainsi, le Conseil national des professeurs du secondaire et du technique (Cnapest-élargi) pourrait entrer en grève dès le mois de décembre prochain. Et les appels de la ministre de l'Education, Nouria Benghebrit, pour renouer avec le dialogue dès la deuxième quinzaine du mois de novembre n'arrangent pas les choses. Le syndicat crie haut et fort que ses acquis sont "partis en fumée" et que, par conséquent, des conseils régionaux se tiendront le 22 du mois avant la tenue du conseil national fixé au 23 novembre prochain. Joint hier par téléphone, le chargé de communication du syndicat, Messaoud Boudiba, nous a déclaré : "Le temps n'est plus à la parole, il s'agit de passer à l'action." Et d'ajouter : "Nous avons passé 5 ans à discuter. Nous avons des PV et des promesses d'application depuis la période Benbouzid, et il est temps de réaliser ses promesses sur le terrain." Le syndicaliste explique les raisons de la colère du corps de l'éducation en l'imputant au non- respect des engagements pris par la tutelle et le fait que la ministre de l'Education fasse cavalier seul. "À son arrivée, la ministre de l'Education nous a promis beaucoup de choses, et rien n'est fait", regrette encore le syndicaliste. Selon lui, "les points fort du discours de la ministre c'est de diminuer la surcharge des classes et d'assurer la sécurité dans les établissements, ce qui est parfait, mais rien n'est fait sur le terrain", constate-t-il. M. Boudiba soulève, également, le problème des enseignants du primaire et du moyen qui sont en passe de prendre leur retraite. D'après notre interlocuteur, le syndicat demande que ces enseignants accèdent au grade de base sans formation et la tutelle exige une année de formation. Pour M. Boudiba, cette condition est pénalisante pour ces professeurs qui sont en activité depuis plusieurs années. "C'est injuste envers cette catégorie d'enseignants", dénonce-t-il. Le porte-parole du Cnapest-élargi poursuit en affirmant que "suite à des négociation avec la Fonction publique, cette dernière nous a promis de transférer le dossier au Premier ministère après recensement du nombre exact des enseignants concernés. Le travail à pris fin en mai dernier, et à ce jour, toujours aucune nouvelle". Il faut savoir qu'il y a plus de 100 000 enseignants concernés par cette situation. L'autre préoccupation du syndicat : le concours de promotion. "Nous avons un nombre pour les professeurs formateurs et un nombre de professeurs principaux, et le quota doit rester fixe, s'il n'est pas appelé à augmenter. Auparavant, l'accès à ces fonctions était une promotion. Aujourd'hui, il faut passer un concours", relate le syndicaliste. Le porte-parole pointe aussi du doigt "les dépassements" de la ministre, tel que celui de toucher aux libertés syndicales. Par ailleurs, le syndicaliste ne cache pas ses craintes après l'abrogation du 87 bis. "Il est vrai que cette décision va profiter aux petits salaires, mais nous n'avons jamais demandé la suppression de la loi", insiste M. Boudiba. Selon lui, le syndicat a toujours demandé la révision de la loi. "Avec la suppression du 87 bis, les pouvoirs publics ont mis fin aux lois qui régissent le SNMG et les salaires calculés sur le SNMG. Nous n'avons aucune idée sur les futurs textes de lois, nous ne savons alors pas ce qu'elles nous réservent et si elles vont toucher aux acquis des travailleurs", conclut M. Boudiba. D. S.