L'Algérie, pour sa 14e participation au Mondial de Handball, vient de terminer la compétition à la dernière place. Le Qatar, cinquième participation, se retrouve carrément en finale. Il vient de réaliser un grand exploit dans le monde sportif. Le Qatar s'est qualifié, ce vendredi, à la finale du Mondial qui se déroule à Doha. La sélection a battu la Pologne, en demi-finale sur le score de 31 à 29. Le Qatar sera confronté en finale à la France, qui vient de battre l'Espagne par 26 à 22. Mais l'incongruité de cet exploit ne réside pas dans le fait que c'est la première fois qu'une sélection non européenne arrive à ce stade de la compétition. Encore moins qu'un pays arabe puisse battre à tour de rôle, la Slovénie, la Biélorussie, l'Allemagne et la Pologne. Mais le grand « hic » de cette sélection est sa création même. Le pouvoir de l'argent, si quelqu'un encore en douter, se matérialise parfaitement dans cet énième épisode qatari. Créer de toute pièce une équipe, il fallait oser, et bien sûr "casquer". Voilà une équipe représentant un pays (créé en 1971) qui est composée, à 75% de joueurs de ....nationalités étrangères. Un pourcentage qui n'est pas loin de proportion concernant la population de l'émirat puisque 80% y vivant ne sont pas Qataris. Ainsi la majorité des 16 joueurs composant l'équipe proviennent de ces pays: Bosnie, Cuba, Egypte, Espagne, France, Iran, Monténégro, Syrie, Tunisie. Un petit aperçu sur les principaux éléments qui compose cette sélection va donner une idée: - Goran Stojanović, Žarko Marković, Jovo Damjanović (Monténégro) - Danijel Šarić, Eldar Memišević (Bosnie) - Borja Vidal (Espagne) -Hassan Mabrouk, Mahmoud Hassab Alla (Egypte) -Youssef Benali (Tunisie) Ces joueurs, que certains n'ont pas hésité à comparer aux mercenaires, sont encadrés par une grosse pointure dans le handball mondial, Valero Rivera. L'espagnol (il aurait été payé n'est autre que l'entraîneur qui a permis à son pays de gagner le titre mondial en 2013. Avec une mosaïque de joueurs, il a pu créer une véritable équipe capable de battre les meilleures équipes du monde. D'ailleurs l'émirat ne s'est pas contenter d'importer des joueurs, et l'encadrement technique. Le Qatar a même ramené des supporteurs espagnols (pas moins d'une soixantaine) pour venir supporter son club. Ils sont arrivés avant la compétition, tout frais payés. Ils avaient pour mission de remplir les tribunes, et d'encourager l'équipe locale tout au long de la compétition. D'ailleurs ils étaient bien présents, avec les drapeaux qataris, lors du premier match du Qatar dans ce mondial. Le pays organisateur affrontait ce jour là, le champion en titre,...l'Espagne. Cette rocambolesque situation créée par le Qatar a pu se concrétiser grâce à un brèche dans le règlement de l'instance mondiale du handball, l'IHF, qui précise que pour changer d'équipe nationale, il faut avoir passé auparavant trois ans sans sélection. Evidemment, le tout n'aurait pas pu se réaliser sans un grand apport financier des qataris. Le pouvoir de l'argent s'illustre avec "brio" dans ce mondial. Une scène du film "Scarface" (1983) (traduction: "puis quand vous obtenez l'argent , vous obtenez le pouvoir" Ce qui se passe avec la petite balle semble être qu'un avant gout de ci attend le sport roi. En 2022 le Qatar organisera le mondial du football. Un événement majeur dont l'impact n'est plus à démontrer. Pour cette occasion l'émirat met d'ores et déjà le paquet. La composante de sa sélection actuelle, même s'il reste encore 7 ans, donne un aperçu de ce qui va se passer en 2022. L'actuelle équipe du Qatar a déjà "pris" plus étrangers et certains parmi eux ont l'"étiquette" DZ. L'entraîneur national de l'émirat n'est autre que Djamel Belmadi, (ex-international, et ex-joueur de l'OM). Parmi la pléthore de joueurs d'origine étrangère deux sont d'origine algérienne: Boualem Khoukhi et Karim Boudiaf. Ainsi, la mondialisation est en train de chambouler tout ce qu'elle touche. L'appel de la patrie est devenu dorénavant synonyme à l'appel à l'argent. Pas pour tout le monde heureusement. Salim KOUDIL @SalimKoudil