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Les victimes exigent une réparation de l'Etat
Affaire d'El-Haïcha
Publié dans Liberté le 04 - 01 - 2005

Le tribunal de Biskra s'est contenté d'un dédommagement symbolique en obligeant chacun des incriminés à verser une somme dérisoire de 100 000 DA à chacune des trois accusatrices.
En prenant connaissance du montant des dommages retenus sur le compte des trois condamnés, Fatiha, Rahmouna et Alia n'ont pas pu retenir leur colère. Relativement rassurées par la sévérité du verdict prononcé quelques minutes plus tôt et qui a conduit leurs bourreaux derrière les barreaux pour 3, 6 et 8 ans, elles espéraient obtenir une réparation matérielle tout aussi conséquente.
Or qu'elle n'a été leur déception d'apprendre que les trois violeurs qu'elles ont dûment reconnus et qui viennent d'être condamnés sont uniquement redevables de 300 000 DA. “Après tout ce qu'on a enduré, on nous donne des broutilles”, s'est écriée Fatiha dans le hall du palais de justice. Il est un peu plus de 21 heures en ce lundi 3 janvier, le tribunal de Biskra se vide. Ses hôtes, les avocats de la partie civile et des représentantes d'associations de femmes (Rachda, Réseau Wassila, l'Afepec d'Oran, B'net Fadhma n'Soumer) quittent la salle d'audience, en proie à des sentiments mitigés. Satisfaits quant à la gravité des peines retenues, certains ont contesté le montant des dommages.
D'autres, en revanche, ont mis en cause l'équité du verdict dans la mesure où trois seulement des prévenus sur les six présents dans le box des accusés ont écopé d'une condamnation, alors que l'autre moitié a bénéficié de l'acquittement. Selon Maître Bensaïd, l'absence de la majorité des victimes —notamment celles qui avaient dénoncé “les acquittés” et les avaient confondus devant le juge d'instruction au lendemain de l'attaque du quartier d'El-Haïcha à Hassi- Messaoud où elles habitaient le 17 juillet 2001 — a grandement joué en leur faveur et conduit à leur libération. Pour autant, en dépit de cette semi-déconvenue, la plus grande victoire consiste, aux yeux de Me Bensaïd, en la prise en charge par le tribunal de tous les chefs d'inculpation, y compris les plus ignobles que la juridiction voisine de Ouargla a occultés lors du procès en première instance en 2002. Sensible aux témoignages très éloquents de Fatiha et de ses camarades, le procureur de la République a requis 15 ans de détention contre les prévenus. “Des peines de 8 et 6 ans ne sont pas dérisoires. Je suis satisfait”, fait observer pour sa part Me Hanoune. Aux côtés de Me Bensaïd et d'une consœur de Tizi Ouzou, il s'est attelé durant sa plaidoirie à prouver la culpabilité des prévenus. Les peines de 20 ans par contumace prononcées contre 20 des agresseurs, dans la matinée, avaient préludé à la sentence du tribunal contre leurs complices présents à l'audience.
Cependant, estime Mme Malika Remaoun de l'Association féminine pour l'épanouissement de la personne et l'exercice de la citoyenneté (Afepec), les membres du jury auraient pu aller plus loin et condamner l'ensemble des présents. Se basant sur les articles de la loi, elle pense que toutes les 39 femmes d'El-Haïcha n'étaient pas toutes contraintes d'assister à l'audience dès lors qu'il existe des procès-verbaux des diverses confrontations entre les victimes et leurs agresseurs. “Ce sont des criminels, ils doivent tous payer”, soutient-elle énergiquement. Epuisées, Fatiha, Rahmouna et Alia veulent de leur côté tourner la page.
Pour se reconstruire, il leur faut d'abord retrouver un toit et un travail. Moult intimidations et menaces de mort les ont dissuadées définitivement de retourner à Hassi-Messaoud où elles travaillaient comme femmes de ménage dans les sociétés pétrolières. Après un séjour à Alger dans le centre d'hébergement Darna de l'association Rachda, elles sont rentrées au bercail à l'ouest du pays. Certaines rejetées par leur famille errent d'un endroit à l'autre. Ne sachant à quel saint se vouer, toutes réclament une aide de l'Etat. “Le juge veut que nos violeurs nous dédommagent. Ce sont tous des chômeurs. Avec quoi vont-ils nous payer ?” tempête Rahmouna. Demain, les trois femmes ont rendez-vous avec Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale et de l'Emploi.
Au cours d'une précédente rencontre, il leur a promis une aide au logement. Mais le représentant du gouvernement tarde à concrétiser son engagement. De même, il n'a pas tenu sa promesse quant à la constitution d'un collectif d'avocats pour les défendre. C'est uniquement grâce à la mobilisation des associations féminines que les trois victimes d'El-Haïcha ont pu avoir droit à une défense digne. Ces associations comptent aussi introduire un appel devant le tribunal civil en vue d'obtenir une révision à la hausse du montant des dommages retenus au terme du procès en appel d'avant-hier.
S. L.


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