L'intersyndicale autonome de la Fonction publique apprécie le maintien, à titre transitoire, de la retraite sans condition d'âge comme un aboutissement de la mobilisation des travailleurs. Mais elle ne jubile pas, étant donné le caractère transitoire de la mesure. C'est "une demi-victoire", dit-elle. Le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura, dira que "pour le moment, c'est une victoire pour nous, car cela veut dire que nous avons raison, qu'on est sur la bonne voie et que le gouvernement a tort. Mais nous refusons ces solutions au cas par cas. On ne peut pas applaudir à une solution valable uniquement deux années". Le syndicaliste demande la révision du fonctionnement de la Caisse nationale des retraites. "Nous rejetons les replâtrages. Nous, nous demandons une solution définitive et durable. Nous proposons aussi que le gouvernement et les syndicats se mettent à table, en mettant à profit ces deux ans, pour trouver une solution définitive à ce problème." Le porte-parole du Conseil des lycées d'Algérie (CLA), Idir Achour, a estimé, lui, que "concernant ce dossier de la retraite, il y a un recul de la part du gouvernement, par rapport à son entêtement et sa radicalité. C'est déjà une demi-victoire du mouvement de pression par rapport à la question de la retraite". Le syndicaliste considère, par ailleurs, que "l'objectif n'est pas atteint totalement parce que s'ils ont mis fin à la retraite proportionnelle, c'est un acquis qui vient de disparaître et si la question des 32 ans est maintenue jusqu'en 2019, ce n'est pas une grande victoire. Ce qui est intéressant, par contre, c'est que la pression commence à porter ses fruits". Pour sa part, Lyes Merabet, le président du Syndicat des praticiens de la santé publique, a considéré que "cette nuance apportée au niveau du dispositif réglementaire amendant la loi a eu lieu grâce à la mobilisation des syndicats autonomes que nous sommes, notamment à cette intersyndicale qui est sur le terrain depuis des mois". Selon lui, "le fait que cette loi doit être abrogée dans 2 ans va donner au moins un temps de répit, qu'on espère être un temps de réflexion, de dialogue et de concertation avec les syndicats et d'autres experts aussi". Lyes Merabet déplore le temps perdu pour arriver à ce résultat : "Pourquoi avoir gaspillé tout ce temps et ces énergies et être allé vers des grèves, alors qu'on aurait pu dès le départ associer au débat et à la concertation les syndicats autonomes ?" Le président du Snpsp, tout en saluant l'intervention du président de la République à travers ce geste, estime que la concession faite "ne règle pas le problème parce que notre position de principe est celle prise au départ, c'est-à-dire le gel de la loi, afin d'engager un dialogue avec les syndicats autonomes". L'Union nationale du personnel de l'éducation et de la formation (Unpef), par la voix de son chargé de communication, Djilali Belkhir, qualifie la mesure de "non-événement" parce que, dit-il, "cela n'a concrétisé aucune des revendications de l'intersyndicale", ajoutant : "Nous demandons le maintien du décret 97-13, et nous sommes attachés aux déclarations de l'intersyndicale jusqu'à la rencontre du 5 décembre." Enfin, le SG du Cnapeste, Selim Oulha, considère que "ce n'est pas une solution durable, mais du rafistolage qui va faire durer la souffrance des travailleurs. Pour nous, la lutte continue". AMAR R.