C'est à l'ouverture des travaux du 4e séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité, qui se tient à Oran depuis hier, et ce, jusqu'à demain, que le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, dénoncera, en des termes à peine voilés, les manœuvres marocaines de division de l'Union africaine (UA). C'est devant les représentants des pays africains comme l'Angola, le Tchad, le Rwanda, ou encore l'Ethiopie, le Sénégal et l'Egypte et les observateurs de nombreux organismes onusiens et africains, qu'il replacera ce séminaire dans un contexte international sensible pour l'organisation continentale. "Aux nombreux défis à la paix et au développement économique et social de l'Afrique, s'ajoute la préservation de l'unité et de la cohésion de l'UA" et de citer, à ce stade de son intervention, "la tentative vaine de division des rangs de l'Union lors du récent sommet afro-arabe de Malabo qui renseigne à la fois sur les menaces qui guettent notre organisation jusque dans son intégrité". Sans jamais citer le Maroc, le chef de la diplomatie algérienne ne manquera pas de se féliciter de l'échec de ces tentatives de division marocaines, puisque les Etats membres de l'UA "ont montré leur détermination à préserver la cohésion de l'organisation". Rappelons que lors de cette conférence de Malabo, fin novembre, le Maroc avait tout fait pour amener les pays africains à refuser la présence des représentants du Sahara occidental, n'obtenant un appui que de la part des monarchies du Moyen-Orient qui se retireront avec le Maroc. Plus loin, Ramtane Lamamra se dira, convaincu, que le prochain sommet de l'UA sera une occasion idoine de réaffirmer la détermination des Etats membres à ce sujet et "dans les valeurs fondatrices du panafricanisme". Pour lui, il est une position revêtant un caractère revendicatif, celui de voir désormais "l'UA associée au processus en faveur du respect des droits légitimes du peuple sahraoui...". Il précisera, par ailleurs, qu'il est "incompréhensible que l'ONU, qui coordonne avec l'UA, sur toutes les questions de paix et de sécurité en Afrique, n'ait pas été exigeante sur le bénéfice de la plus-value politique de l'Union sur la question du parachèvement de la décolonisation du Sahara occidental". Quant aux questions traitant de paix et de sécurité en Afrique, M. Lamamra rappelle que le nombre de crises et de conflits en Afrique représente les 2/3 des questions au niveau du Conseil de sécurité. D'où l'importance de ce séminaire pour les participants et le groupe africain A3, siégeant au sein du Conseil de sécurité, d'harmoniser et de coordonner les positions des pays membres de l'UA. La persistance des menaces globales, comme l'exacerbation des extrémismes, le terrorisme, les tendances hégémoniques, les conflits et tensions multiples, ainsi que le sous-développement sont des enjeux majeurs, soulignera-t-il. Ce souci de trouver des solutions et des réponses africaines aux menaces terroristes, plus particulièrement, a également été souligné par son homologue tchadien, Moussa Faki Mahamet, qui estime que les pays africains doivent œuvrer de concert face à "l'évolution des risques sécuritaires, la menace de la radicalisation, les migrations, le terrorisme transversal et transnational". Pour le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, Smaïl Chergui, qui s'exprimera brièvement à l'ouverture du séminaire, les changements attendus à la tête des deux organisations que sont l'ONU et l'UA sont de nature à obliger "à renforcer et adapter nos approches et nos stratégies avec davantage de coopération et de coordination". Alors que les travaux de ce 4e séminaire se poursuivront aujourd'hui à huis clos, avec des sessions consacrées aux "financements des opérations de soutien à la paix", "aux opérations de soutien-maintien de la paix et à la lutte contre le terrorisme", la clôture des travaux verra une intervention du ministre, Ramtane Lamamra qui donnera à cette occasion une conférence de presse très attendue. D. LOUKIL