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Le patrimoine dans le développement du territoire
IL A FAIT L'OBJET DE DEBAT À BEJAIA
Publié dans Liberté le 22 - 05 - 2017

La petite salle de la maison de la culture a abrité, avant-hier, une conférence-débat avec Yassine Ouagueni, architecte restaurateur, enseignant à l'Epau et expert auprès du ministère de la Culture. Sa communication intitulée "Patrimoine, vecteur du développement du territoire" a été suivie avec beaucoup d'intérêt. Il faut dire que beaucoup ont pris conscience de la problématique de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine. Et a fortiori dans une wilaya qui regorge d'édifices muets, qui gagneraient à être réhabilités.
Et l'architecte restaurateur est bien placé pour en parler. Mais pour évoquer la patrimonialisation en Kabylie, Yassine Ouagueni a axé son propos sur le passé et l'histoire, tout en tenant compte de la nouvelle réalité. Le paysage, qui n'est pas harmonieux. Il ne comprend pas que dans nos habitations, on n'utilise pas beaucoup la pierre alors qu'elle est partout ; on construit avec du ciment. Et en ce sens, il y a un problème. Et de s'interroger : "Pourquoi ce manque de bon sens. La pierre coûte cher car c'est le produit d'une filière. Il faut la réhabiliter dans les têtes d'abord avant de penser à la filière." Et d'inviter dans la foulée les pouvoirs publics à chercher dans le passé, dans les terroirs du passé ; la plus belle période en Europe, c'est le Moyen-Âge.
Dans le Royaume-Uni, on est allé chercher le savoir-faire en matière de bâti dans cette période. Pour illustrer son propos, il citera cette affiche publicitaire où l'on voit une montagne, une maison et une vache et sur laquelle on pouvait lire : "Il n'y a rien à voir mais venez voir." Il expliquera que les gens vont dans des endroits où ils se rappellent le passé. Il a cité l'exemple du "camping dit sauvage". Ou on y plante sa tente ou on se couche à la belle étoile. On y va pour se ressourcer. Et d'affirmer : "Plus ils se rapprochent de la préhistoire, plus ils se reposent."
La Kabylie, c'est des paysages typiques de la Méditerranée. Et ses habitants vivent en harmonie avec la nature. Plein de luminosité et avec un possible retour vers l'harmonie. Il a indiqué qu'il a fait partie des experts ayant travaillé sur le schéma régional Nord-Centre, qui regroupe une dizaine de wilayas. "On a constaté une chose : on est en train d'abandonner les montagnes ; les gens descendent des montagnes pour chercher du travail. Mais vers la fin, il y a eu un transfert de population du haut vers le bas. Les cartes (Google Earth, ndlr) illustrent parfaitement cela. On s'installe à proximité des fleuves ; dans les vallées. Nos ancêtres réservaient les vallées pour l'agriculture ; les montagnes, c'était pour y résider."
Il citera cet exemple : trois maires de communes rurales d'Italie étaient en plein conciliabule. Deux d'entre eux se disputaient un projet d'usine. Le troisième, l'ami du communicant, n'avait manifesté aucun intérêt à cette usine en montagne. Interpellé par l'Algérien : "Tu n'es pas intéressé ?" "Non, j'aurais la paix et la pollution en moins. Je n'aurais qu'à acheter un bus pour assurer le transport de mes administrés, qui feraient partie de la nouvelle unité. Un bus qui les emmènerait le matin et qui les récupérerait en fin d'après-midi, voilà tout."
Et d'enchaîner tout de suite : "Qui va décider où l'on va ? Qui va déterminer quand on va s'arrêter ?" Depuis l'époque néolithique, "on a toujours travaillé à côté d'une source en contrebas et le village en haut. On pense en premier à l'irrigation des champs. C'est la première édification du village en Kabylie".
Et de présenter sur une "diapo" la hiérarchisation des établissements humains en Kabylie.
Entre hameau et gros villages. Il y a d'abord le parcours de crête principal (la chaîne de montagnes). Et en contrebas, le cours d'eau. Entre les deux : un ensemble de villages (hameau ou gros village) où chacun est spécialisé en quelque chose. Les champs dans la vallée. On aménage des espaces en contrebas, toujours à côté d'un cours d'eau, des points d'échanges qui peuvent être saisonniers ou hebdomadaires. Souk El-Tenine, Lakhmis, etc.
Chacun y vient avec sa récolte excédentaire l'échanger contre d'autres éléments du troc.
La ville, c'est toujours l'échange ; le village, c'est l'agriculture ; l'élevage. "Avec la colonisation et après le recouvrement de l'indépendance, il faut savoir que l'on n'est pas descendu spontanément. On a été descendu de force, violemment. En 1962, on devait renouer avec le haut." Mais un tel retour devait se faire avec la réalisation de grands ouvrages, des viaducs, des routes... Mais pas seulement. Il doit se faire avec un nouveau rapport. L'apiculture. Il est possible aussi d'aller vivre là-bas. On ne va pas s'inventer un besoin, c'est une lame de fond, qui nous pousse à ce mouvement de développement. Il faut juste veiller à ne pas faire de bêtise. Comment ? Par l'histoire. On est un peuple traumatisé.
Sur le patrimoine et le développement, on doit se mettre autour d'une table et débattre ; et faire cela durant toute notre vie. On a intérêt à considérer le passé. C'est un débat permanent. Et veiller à ne pas perdre le fil conducteur. Il faut nager dans le sens du courant.
M. Ouyougoute


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