En six ans, la dette a tout simplement quadruplé. Si en 2012, elle était de plus de 100 milliards de centimes, désormais elle est de plus de 400 milliards. C'est énorme ! Il y a une année jour pour jour, la FAF avait annoncé dans un communiqué laconique, sanctionnant les travaux de la réunion du bureau fédéral, avoir trouvé un accord avec la Cnas concernant les dettes des clubs des Ligues 1 et 2, cumulées depuis 2010. "Le président de la FAF a rendu compte de la réunion qu'il a eue avec des responsables de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas), il a affirmé qu'un accord a été trouvé avec la Cnas : les détails de l'accord seront bientôt rendus publics", avait révélé le communiqué de la FAF. Une année plus tard, la FAF n'a pas encore dévoilé les détails de cet accord et encore moins réglé le contentieux. Une source digne de foi a révélé hier à Liberté que "le contentieux de la Cnas n'a toujours pas été réglé en raison du manque de professionnalisme des clubs qui refusent toujours de payer les cotisations de la Cnas de leurs employés, à savoir les joueurs et les différents membres des staffs". "En six ans, la dette des clubs pros auprès de la Cnas a tout simplement quadruplé. Si en 2012, elle était de plus de 100 milliards de centimes, désormais elle est de plus de 400 milliards, c'est énorme", révèle notre interlocuteur. Comment en est-on arrivé là ? Il faut savoir que depuis l'avènement du professionnalisme dans le football algérien en 2010, et en dépit des masses salariales faramineuses (elles grèvent parfois jusqu'à 80% le budget des clubs, ce qui implique des déficits budgétaires colossaux et des dettes sans cesse croissantes), les clubs dits professionnels au nombre de 32 (Ligues 1 et 2) ne payent pas, ou très peu, les cotisations sociales à la Cnas et à la CNR (Caisse nationale des retraites). Ceci au moment où le simple citoyen algérien ne peut pas se permettre un tel luxe, puisque ses cotisations à la Cnas sont prélevées à la source, sous peine de sanction immédiate, c'est-à-dire au niveau de l'organisme employeur. La direction de la Cnas a beau envoyer des mises en demeure aux clubs et saisir la FAF et la LFP, les clubs continuent de tordre le cou à la réglementation en dépit de l'existence, depuis le 1er juin 2016, du décret exécutif 16-152 fixant l'assiette, le taux de cotisation et les prestations de sécurité sociale auxquelles sont assujettis l'encadrement technique sportif et les joueurs de football des clubs professionnels. Un décret du reste publié au Journal officiel. En décembre 2016, la fédération a fait une proposition à la Cnas consistant en le payement d'un forfait de 32 milliards de centimes, soit un milliard par club, pour régler le passif depuis 2010, avant d'ouvrir une nouvelle page entre les clubs et la Cnas. Cependant, devant l'ampleur des créances, la Cnas a rejeté cette proposition, et les discussions se sont achevées sans qu'un accord soit trouvé. Pour sa part, la Cnas, afin d'aider les clubs, a fait une proposition intéressante et avantageuse qui consiste à fixer "le montant de la rémunération soumise à cotisation de sécurité sociale à 15 fois le SNMG, avec un taux de 34,50%". Autrement dit, les membres des différents staffs et les joueurs des clubs pros dont les salaires dépassent les 27 millions de centimes (15 fois le SNMG) vont devoir payer leurs cotisations sociales sur la base de ce seuil minimal (salaire forfaitaire) avec un taux de 34,5%. Les membres des staffs techniques dont le salaire est inférieur à 27 millions devront s'acquitter de leurs cotisations sur la base de leur salaire réel avec le même taux de 34,5%. C'est d'ailleurs ce qui a été rapporté dans le décret exécutif 16-152. Le président de la FAF, Kheireddine Zetchi, a décidé de relancer les discussions avec la direction de la Cnas pour tenter de trouver une solution. Bien mieux, selon notre source, la Cnas était prête même à calculer le seuil de cotisation sur la base du SMIG (18 000 DA) mais les clubs ont continué à refuser de payer. L'ex-président de l'US Biskra, Brahim Saou, qui s'exprimait au nom des clubs à l'issue d'une récente réunion avec la FAF, avait publiquement assumé cette position. "Nous avons dit à Zetchi qu'il n'est pas possible pour les clubs de payer un tel passif vieux de huit ans avec la Cnas. Il faut trouver une solution et effacer cette dette", a-t-il déclaré sans sourciller. En attendant, la Cnas continue d'afficher un déficit préjudiciable. S. L.