Dans un communiqué sanctionnant les travaux de la réunion de son bureau fédéral tenue ce mercredi au Centre technique national de Sidi-Moussa, la FAF a annoncé avoir trouvé un accord avec la Cnas concernant les dettes des clubs des Ligues 1 et 2 depuis 2010, soit plus de 100 milliards de centimes. "Le président de la FAF a rendu compte de la réunion qu'il a eue avec des responsables de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas). Après avoir déploré l'absence du président de la Ligue de football professionnel à cette réunion, d'autant plus que ce sont les clubs professionnels qui sont directement concernés par ce problème, il a affirmé qu'un accord a été trouvé avec la Cnas : les détails de l'accord seront bientôt rendus publics", révèle le communiqué de la FAF. Selon une source digne de foi, la Cnas pourrait accepter un effacement de cette dette à condition que les clubs s'engagent à payer les cotisations des joueurs, des entraîneurs et du reste de leur personnel, à compter de janvier 2017. La FAF a entamé de nouvelles discussions avec la Cnas, suite au refus de cette dernière d'accepter d'encaisser un montant forfaitaire de 32 milliards, soit un milliard par club proposé l'année passée par la FAF. Dans une déclaration à Liberté, le président de l'US Biskra, Brahim Saou, a indiqué que les clubs professionnels refusent de payer leurs dettes à la Cnas. "Nous avons dit à Zetchi qu'il n'est pas possible pour les clubs de payer un tel passif vieux de sept ans, il faut trouver une solution et effacer cette dette", a-t-il déclaré à la fin de la rencontre lundi dernier avec la FAF. "Zetchi nous a répondu qu'il va discuter du problème au sein du BF, c'est à la FAF donc de régler cette question, pour nous en tout cas, il est hors de question de payer." Depuis l'avènement du professionnalisme dans le football algérien en 2010, les masses salariales au sein des clubs dits professionnels au nombre de 32 (Ligues 1 et 2) ont considérablement augmenté. Elles grèvent parfois jusqu'à 80% le budget des clubs, ce qui implique des déficits budgétaires colossaux et des dettes sans cesse croissantes. Parmi ces dettes, figure justement et en bonne place celle due à la Cnas (Caisse nationale des assurances sociales). C'est-à-dire que depuis 2010, les clubs ne payent pas, ou très peu, les cotisations sociales à la Cnas et à la CNR (Caisse nationale des retraites) de leurs employés, à savoir les joueurs et les membres des différents staffs, technique, médical et administratif. Ceci au moment où le simple citoyen algérien ne peut pas se permettre un tel luxe, puisque ses cotisations à la Cnas sont prélevées à la source, sous peine de sanction immédiate, c'est-à-dire au niveau de l'organisme employeur. La direction de la Cnas a beau envoyer des mises en demeure aux clubs et saisir la FAF et la LFP, les clubs continuent de tordre le cou à la réglementation et ce dépit de l'existence depuis le 1er juin 2016 du décret exécutif 16-152 fixant l'assiette, le taux de cotisation et les prestations de sécurité sociale auxquelles sont assujettis l'encadrement technique sportif et les joueurs de football des clubs professionnels. Pour sa part, la Cnas, afin d'aider les clubs, a fait une proposition intéressante et avantageuse qui consiste à fixer "le montant de la rémunération soumise à cotisation de sécurité sociale, à 15 fois le SNMG, avec un taux de 34,50%". Autrement dit, les membres des différents staffs et les joueurs des clubs pros dont les salaires dépassent les 27 millions de centimes (15 fois le SNMG) vont devoir payer leurs cotisations sociales sur la base de ce seuil minimal (salaire forfaitaire) avec un taux de 34,5%. Les membres des staffs techniques dont le salaire est inférieur à 27 millions devront s'acquitter de leurs cotisations sur la base de leur salaire réel avec le même taux de 34,5%. C'est d'ailleurs ce qui a été rapporté dans le décret exécutif 16-152. Une aubaine pour les clubs quand on sait qu'il existe des cadres algériens qui payent rubis sur l'ongle leurs cotisations à des taux bien plus élevés.