Les conférenciers sont unanimes à dire que la norme devrait consister à satisfaire la demande à partir d'une production nationale, alors que les importations devraient constituer des appoints. "Au nom de la protection du produit national et de la réduction de la facture des importations, les responsables doivent interdire l'importation de produits équivalents à ceux produits en Algérie et protéger les marques algériennes." C'est l'une des recommandations de la journée d'étude sur la protection de l'invention et du produit national, organisée hier par la chambre de commerce et d'industrie El-Biban, à laquelle ont assisté les différents partenaires et opérateurs économiques ainsi que les professionnels du secteur. Le sujet a porté sur les lois portant protection de l'invention et du produit fabriqué localement. Les conférenciers sont unanimes à dire que la norme devrait consister à satisfaire la demande nationale à partir d'une production nationale, alors que les importations devraient constituer des appoints. Force est de constater que c'est le contraire qui s'est produit en Algérie depuis l'ouverture du commerce extérieur. "Il est impératif de protéger l'économie nationale et d'encourager l'industrie locale", dira un conférencier. Pour de nombreux opérateurs économiques présents lors de cette journée, la décision de l'Etat algérien de protéger le produit national est prise à bon escient en faveur des producteurs locaux qui voient en cette démarche une réelle protection de l'industrie locale, qui permettra aussi d'augmenter les taux d'intégration et de lutter contre la contrefaçon et la fuite des capitaux. "Ce ne sont pas les lois, les articles et les codes qui protègent ces produits qui n'existent pas, mais leur application sur le terrain qui fait défaut", dira un intervenant. "Plusieurs produits sont fabriqués par des opérateurs algériens disposant d'unités de production employant des centaines d'employés. Ils ont réussi, en plus du transfert de la technologie, la disponibilité du produit sur le marché local et même conquérir des marchés étrangers. Le cas, par exemple, de l'usine de production des gants chirurgicaux est flagrant. Une usine qui emploie plus de 500 ouvriers, qui a tous les certificats nationaux et internationaux de qualité et qui arrive à exporter d'énormes quantités, 50% de sa production, à l'étranger, dans des pays réputés pour leur rigueur dans ce domaine, tels que la Jordanie, la Tunisie, l'Espagne…, est menacée par la contrefaçon et l'importation", ajoute un autre intervenant. D'autres opérateurs économiques ont parlé du danger de la contrefaçon et de l'importation de produits fabriqués en Algérie sur l'économie algérienne. "La contrefaçon et l'importation frauduleuse menacent ainsi toute une industrie naissante que l'Etat algérien se doit de protéger. Les ministres concernés par ce dossier, dont celui de la Santé, sont invités à encourager ces producteurs en visitant au moins leurs installations tout en appliquant strictement la loi en empêchant l'importation des produits fabriqués en Algérie", dira M. Saïm, opérateur économique de Bordj Bou-Arréridj. "Le contrôle des importations est impératif. Il faut encourager la production nationale et interdire l'importation de tout produit fabriqué localement", dira un autre producteur. "L'Algérie est arrivée à un niveau appréciable de compétitivité et de qualité", dira Me Allioui, expert en protection des marques, qui espère que l'Etat va valoriser le produit national et chercher d'autres marchés pour l'exportation. Chabane BOUARISSA