Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a réclamé hier que toute la lumière soit faite sur "l'assassinat choquant" du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, "quel qu'en soit l'auteur". "Le seul intérêt européen est de révéler tous les détails de cette affaire, quel qu'en soit l'auteur", a-t-il affirmé devant les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg. "C'était un crime si horrible que même la moindre trace d'hypocrisie nous ferait honte", a-t-il ajouté, appelant les députés européens à veiller à ce que "l'Europe, les Etats membres ou les institutions" s'abstiennent de tout "jeu ambigu" dans cette affaire. "Ce n'est pas mon rôle de dire qui veut protéger les intérêts de qui ici", a-t-il souligné, sans plus de précision. Âgé de 59 ans, Jamal Khashoggi, un éditorialiste qui collaborait avec le Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul, où il s'était rendu pour obtenir des documents administratifs en vue de son prochain mariage, provoquant une vive émotion dans le monde entier. Après avoir nié la mort du journaliste, le gouvernement saoudien a avancé plusieurs versions contradictoires, évoquant notamment une "rixe" ayant mal tourné. Riyad soutient désormais que le journaliste a été tué au cours d'une opération "non autorisée" dont le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, dit "MBS", n'était pas informé. Rappelons que plusieurs dirigeants européens avaient critiqué l'Arabie Saoudite. De nombreux ministres ont boycotté la conférence économique de Riyad "Future Investment Initiative", surnommée le "Davos du désert" par la presse, qui se déroule à Riyad, à l'instar du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire. La conséquence est que cette édition n'a rien à voir avec celle de l'année écoulée où le prince Mohammed, parrain de l'évènement, avait ébloui des centaines d'investisseurs internationaux avec un projet de mégapole high-tech de 500 milliards de dollars sur la mer Rouge et un robot parlant nommé Sophia qui avait obtenu la nationalité saoudienne. M. T./Agences