Al-Kahtani ne figure pas sur la liste des 11 suspects que Riyad juge actuellement dans un procès qui se déroule à huis clos. Saoud al-Kahtani, ancien conseiller de la Cour royale et proche collaborateur du prince héritier, Mohammed Ben Salmane, présumé impliqué dans l'affaire de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, est absent de la liste des personnes poursuivies par la justice en Arabie Saoudite, a rapporté hier l'agence de presse Reuters, citant des sources proches du dossier. Limogé par MBS, que le rapport de l'Agence de renseignement américaine CIA accuse d'être le commanditaire, Al-Kahtani ne figure pas sur la liste des 11 suspects que Riyad juge actuellement dans un procès qui se déroule à huis clos. Selon Reuters, Al-Kahtani n'a assisté à aucune des quatre audiences, même en qualité de témoin. Pourtant, plusieurs rapports d'enquête, dont celle menée en Turquie, où Jamal Khashoggi avait été assassiné à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul, affirment qu'Al-Kahtani est directement impliqué dans cette affaire. Il était en contact direct avec le chef du commando qui a étranglé puis démembré le journaliste opposant le 2 octobre 2018. "Plusieurs sources de renseignement de la région ont déclaré à Reuters plusieurs semaines après le crime qu'Al Qahtani avait supervisé le meurtre et le démembrement de Khashoggi en donnant des ordres via Skype à une équipe de membres des services de sécurité et de renseignement", lit-on sur le site de l'agence de presse. Le procureur général à Riyad avait par ailleurs déclaré que l'ex-conseiller de MBS avait coordonné avec l'ancien responsable des renseignements saoudiens, Ahmed Al-Assiri (lui aussi limogé), pour tenter de rapatrier Jamal Khashoggi, mais également d'autres opposants à la succession du prince héritier à la tête du trône. "Les procureurs ont déclaré qu'Al-Qahtani avait rencontré les éléments responsables du retour de Khashoggi avant de se rendre à Istanbul", explique encore Reuters, citant sept sources ayant pris connaissance du dossier. "Selon l'accusation, le responsable des négociations a décidé de tuer Khashoggi alors qu'il s'opposait aux efforts déployés pour le ramener en Arabie Saoudite", a ajouté Reuters, "soulignant qu'Assiri faisait partie des personnes jugées". Pour rappel, le procureur général a déjà inculpé cinq des onze accusés dans cette affaire qui n'a toujours pas dévoilé tous ses secrets et qui demeure au cœur une tache pour l'Arabie Saoudite qui refuse toute enquête internationale indépendante. Riyad refuse aussi toute communication par rapport au procès en cours, malgré une pression internationale accrue et une mobilisation importante de la Turquie au niveau de l'ONU pour contraindre l'Arabie Saoudite à répondre sur ce dossier. Ankara accuse Riyad de refuser de coopérer dans cette affaire qui a ému le monde entier. Parallèlement, le corps de Jamal Khahsoggi demeure introuvable et l'Arabie Saoudite continue de nier toute implication de son prince héritier. Khashoggi était un éditorialiste du Washington Post.