Dans cet entretien, l'ex-gardien du CSC évoque sa mésaventure avec son ex-club, qui ne l'a pas encore régularisé sur le plan financier. Il parle de ses déboires après une longue période de disette. Liberté : Tout d'abord, rares sont les joueurs qui décident de rompre leur contrat à l'amiable à la veille de la fermeture du mercato. Pourquoi l'avoir fait si vous n'aviez pas des contacts ailleurs ? Lyès Meziane : Pour être franc avec vous, je n'avais aucun contact avec des clubs désirant s'attacher mes services. J'ai signé une rupture du contrat à l'amiable avec un dirigeant du CS Constantine. Tout a été écrit noir sur blanc. Ce n'est pas la peine de revenir là-dessus, car personne ne peut se dérober de ses responsabilités. M. Redjradj a accepté de me payer la somme de 2,2 milliards de centimes. Il avait jusqu'au 28 février dernier pour le faire, en vain. Raison pour laquelle j'ai saisi la commission nationale de résolution des litiges pour faire valoir mes droits. Je réclame maintenant 4,8 milliards avec dommages et intérêts. L'affaire est claire comme de l'eau de roche. C'est écrit sur ledit document signé entre les deux parties. Personnellement, je ne prête pas attention à ce qui se dit ici et là à propos de la délégation de signature. À ce que je sache, M. Redjradj représente la société par actions du CSC. Par conséquent, je suis totalement dans mes droits. Je suis dans l'attente pour le moment. Justement, comment avez-vous vécu cette période de chômage ? Vous savez, je suis un joueur diplômé, de surcroît détenteur d'un master 2 en génie civil. J'assume mes responsabilités jusqu'au bout. Vous allez me dire que j'ai tenté un pari risqué en me retrouvant au chômage, ce qui pourrait influer sur ma carrière. Mais il fallait coûte que coûte régler mon cas, car je ne pouvais rester les bras croisés. D'autant plus qu'au final le championnat est à l'arrêt. Tous les joueurs sont inactifs, se contentant uniquement d'un travail individuel en raison de la crise sanitaire. C'est pour vous dire que personne ne peut présager l'avenir. J'assume le fait d'avoir rompu mon contrat d'un commun accord. Mais ce qui m'a blessé le plus, c'est le fait qu'on m'a laissé affronter cette situation inédite. Sur le plan humain, je me sentais très mal, sans oublier l'impact sur le plan financier. Vous n'êtes pas sans savoir que j'ai laissé ma petite famille en Europe rien que pour venir régler le problème avec le CSC. Au final, mon affaire traîne encore, alors que cela fait plusieurs mois que je n'ai pas vu mon fils. Je suis encore bloqué ici. Ces gens ont-ils pensé à moi ? Non. Hélas, la vie est ainsi faite. À quel moment avez-vous pensé à saisir la CNRL ? J'ai constaté que les promesses faites par un dirigeant du CSC n'ont pas été tenues. Je n'avais pas eu le choix. Mon avocat s'est chargé de l'affaire en saisissant la CNRL. J'ai fourni tous les documents nécessaires pour prouver le différend financier. Maintenant, cette affaire est en cours d'examen, en attendant le verdict. Si le CSC vous propose un arrangement à l'amiable, qu'allez-vous faire ? Personne ne m'a contacté pour le moment. Je laisse le soin à la CNRL de trancher la question et de faire valoir mes droits par la suite.