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“Le pouvoir marocain a tout essayé, mais notre combat ne s'est pas arrêté”
Ali Tamek, militant sahraoui et Prix Rafto des droits de l'homme
Publié dans Liberté le 26 - 04 - 2006

Ali Tamek, 33 ans, est le porte-parole officiel des détenus politiques sahraouis. Sa dernière incarcération remonte à juillet 2005, après son arrestation à l'aéroport d'El Ayoun (capitale occupée du Sahara occidental), alors qu'il rentrait d'Europe où il venait de s'exprimer en faveur de l'indépendance du Sahara occidental. "Liberté" a pu le joindre, hier par téléphone à El Ayoun, où il se trouve actuellement, après sa libération en début de semaine.
Liberté : Vous êtes parmi les détenus sahraouis libérés au lendemain de la publication du rapport du secrétaire général des Nations unies. Peut-on connaître le nombre exact des prisonniers relaxés ?
Ali Tamek : Les Marocains ont libéré, samedi dernier, 33 détenus politiques sahraouis, dont j'en fais partie.
Il reste encore14 prisonniers d'opinion sous les verrous. Cette libération fait suite à la campagne de solidarité de la communauté internationale, des organisations et d'associations, dont d'Amnesty International, des gouvernements, des Parlementaires, le parti marocain Al Nahj Eddimocrati (voie démocratique) et l'Association marocaine des droits de l'homme… Il y a eu également des manifestations et des sit-in de solidarité dans les territoires occupés. Nous autres détenus politiques avons fait 5 grèves de la faim, dont une qui a duré 52 jours. Le régime marocain ne veut pas qu'on use du concept de “détenus politiques” pour toutes ces raisons et pour ne pas libérer les 14 autres Sahraouis incarcérés pour leurs opinions. Il veut vider l'opération de toute sa symbolique et couvre la démarche par une grâce royale.
Ce n'est pas le cas ?
Non, ce n'est pas le cas. Notre libération est le fruit de la mobilisation et des pressions exercées sur le Maroc. Nous n'avons commis aucun crime ni vol, et nous n'avons jamais demandé la grâce. Sur les 80 détenus politiques sahraouis, aucun d'entre nous n'a demandé la grâce. Notre position est claire : nous sommes pour un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui et la création d'un Etat sahraoui indépendant. Les Sahraouis ont été jetés dans les prisons et torturés, parce qu'ils ont participé aux manifestations populaires pacifiques qui durent depuis presque une année, depuis mai 2005, exigeant un référendum et l'indépendance. Mais il n'y a pas que les 14 détenus politiques emprisonnés, il y a également les 150 prisonniers de guerre sahraouis et les 526 disparus sahraouis dont on est toujours sans nouvelles.
Le rapport de Kofi Annan est jugé globalement positif par Rabat et le nouveau Conseil royal consultatif (Corcas) estime que ce rapport enterre définitivement le plan Baker. Qu'en pensez-vous ?
Je dirais ceci : le président de la République arabe sahraouie et démocratique, Mohamed Abdelaziz, avait déclaré en 2003 à une télévision allemande que la patience a des limites. Je dirais aussi que le pouvoir marocain a tout essayé avec nous : la répression, les enlèvements, la torture, les détentions, les assassinats, mais notre combat ne s'est pas arrêté. Nous sommes toujours décidés à recouvrer notre indépendance. Et là, je voudrais parler de la responsabilité de l'ONU, de son silence devant tous ces crimes. Les perspectives sont sombres, incertaines…
Voudriez-vous nous parler du Corcas ?
Pour les Sahraouis, le Front Polisario est le représentant unique et légitime. Même l'ONU le reconnaît.
Les gens de ce conseil sont pourtant des Sahraouis ayant fait allégeance à la monarchie…
Nous n'avons aucun problème avec ces Sahraouis. Nous luttons contre le régime marocain et l'occupation. Permettez-moi de vous rappeler qu'en 1989, Hassan II avait rencontré la direction du Front Polisario. Il avait déclaré quelque chose comme : “On a eu le territoire sahraoui mais pas le cœur des Sahraouis.” Dix-sept ans après, le résultat est là, malgré tous les moyens de répression déployés. Aujourd'hui comme hier, les Sahraouis sont unis autour de deux choses : l'indépendance de leur territoire et le Front Polisario.
La lutte de notre peuple se poursuit, il y a une intifadha citoyenne et pacifique qui interpelle le monde démocratiquement. C'est un acquis, car le Maroc n'est pas arrivé à nous projeter dans la logique de la violence, comme il le voudrait. Cela ne veut pas dire que nous sommes faibles, cela veut dire que notre lutte est “nadhifa” (propre) depuis 1975 et nous voulons qu'elle le reste.
Que pensez-vous de l'attitude actuelle du Polisario ?
Le Front Polisario doit prendre une position rapide et claire…
Que voulez-vous dire par position claire ?
Il ne s'agit pas pour moi de dépêcher des orientations, mais c'est ma lecture en tant que militant de l'intérieur. Personnellement, je suis contre la guerre par principe, mais tout le monde est convaincu ici que le retour à la lutte armée est une nécessité pour arracher l'indépendance.
Le Conseil de sécurité se penchera à la fin du mois sur la situation au Sahara occidental. Avez-vous un commentaire à faire ?
Le Conseil de sécurité doit prendre ses responsabilités. Imposer au Maroc le respect de la légalité internationale pour organiser un référendum. Honorer et faire respecter les droits de l'homme dans les territoires occupés sahraouis et au sud marocain.
Il est anormal que la Minurso reste silencieuse devant de telles violences subies par les Sahraouis. Si l'ONU ne fait rien pour dégager rapidement une solution, sa position sera comprise comme un complot avec l'occupant marocain au Sahara occidental.
Si rien n'est fait, il y aura un génocide au Sahara occidental.
Propos recueillis par Hafida Ameyar


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