Cette hausse des prix du pétrole est due à un recul des stocks américains à la veille de l'hiver. Les cours du pétrole ont progressé de plus d'un dollar, jeudi, dépassant les 61 dollars le baril en raison du recul des stocks de produits distillés aux Etats-Unis à l'approche de l'hiver. À Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre progressait de 1,64 dollar à 61,23 dollars. Les réserves d'essence qui ont un peu reculé, de 600 mille barils à 204 millions de barils, là où les analystes tablaient sur des réserves inchangées, sont désormais “redescendues dans leur moyenne d'évolution pour cette période de l'année alors qu'elles étaient bien au-dessus, il y a quelques semaines”, a noté le département américain de l'Energie (DoE) dans sa lettre hebdomadaire. Cependant, “la plus grosse surprise est venue des produits distillés”, a souligné Bill O'Grady, analyste d'AG Edwards, estimant que ces réserves avaient baissé “pour la quatrième semaine consécutive et d'une façon drastique”. Ces stocks comprennent le fioul de chauffage, capital pour l'hiver à venir. Les réserves de pétrole ont chuté de 27 millions de barils au cours des quatre dernières semaines, soit près d'un million de barils par jour, avant même que la baisse de production annoncée par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) puisse avoir un effet, a relevé le DoE. Si la demande de pétrole continue d'augmenter au rythme prévu, au cours des prochains mois, les réserves devraient continuer à baisser plus rapidement que d'ordinaire en cette saison. Parmi les facteurs qui pourraient influencer les prix du pétrole au cours des prochains mois, la météo demeure le plus incertain, a aussi relevé le DoE. “Un autre doute entoure la baisse réelle de production appliquée par les membres de l'Opep”, ajoute le département américain de l'Energie pour qui les cours devraient plutôt “monter que baisser” au cours des prochains mois. Cependant, les cours se sont repliés, hier, en raison d'un mouvement de correction après la forte poussée des deux derniers jours et d'une révision en baisse par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de ses prévisions de demande pour 2006 et 2007. Ils restent, tout de même, au-dessus de 60 dollars. Dans son rapport mensuel d'octobre, l'AIE ne table plus que sur une croissance de la demande mondiale de 1,1% en 2006, contre 1,2% estimé le mois dernier, et 1,4% en 2005. Pour 2007, elle prévoit toujours une hausse de 1,7%, mais le chiffre total de la demande pétrolière est revu en baisse à 85,9 millions de barils par jour (contre 86 auparavant). À court terme, l'agence anticipe une progression de 2,4 millions de barils par jour de la demande mondiale au quatrième trimestre comparé au troisième. Du coup, les analystes estiment que les cours devraient rester élevés en fin d'année, surtout avec des stocks pétroliers en recul dans les pays consommateurs. Tous les regards se tourne vers l'Opep et sa capacité à respecter la décision prise en octobre dernier d'une baisse de sa production de 1,2 million de barils par jour, à partir du 1er novembre, pour enrayer la récente chute des cours. Le DoE estime que “la production de l'Opep va baisser de quasiment 800 000 barils par jour sur la base des niveaux d'octobre, d'ici à la fin de 2006”. En raison de cette baisse et d'une demande croissante de pétrole pendant l'hiver, le prix moyen du baril de brut devrait augmenter d'environ 2 dollars par mois au cours des prochains mois. Le DoE table ainsi sur un baril tournant autour de 66 dollars en 2006 et 65 dollars en 2007. Synthèse M. R.