Malgré la constante augmentation des cas d'allergie en Algérie, rien n'est encore fait pour en réduire le nombre, surtout lorsqu'il s'agit de l'environnement pollué. La sonnette d'alarme est tirée depuis longtemps par l'Association des malades atteints de pathologies respiratoires dues aux allergènes (asthme et broncho-pneumonie chronique) et de ceux souffrant de rhinites allergiques dont le nombre ne cesse de croître. Les patients réclament surtout un environnement sain et la prise en charge par la caisse d'assurance des dispositifs médicaux comme les chambres d'inhalation, les soins à domicile et l'oxygène pour les insuffisants respiratoires. Au jour d'aujourd'hui, seuls les médicaments sont remboursés après d'âpres luttes menées par les associations représentant ces malades. Lors du premier congrès euro-africain d'allergologie et d'immunologie clinique, qui se tient depuis hier à l'hôtel El-Aurassi à Alger, le professeur Douagui, organisateur de cette manifestation en sa qualité de président de la Fédération maghrébine d'allergologie et d'immunologie clinique, a lui aussi mis l'accent sur la gravité de la situation des maladies pulmonaires provoquées par les allergènes en Algérie, et préconise des actions de prévention comme la lutte contre le tabagisme et l'amélioration de la qualité de l'air. Lui aussi regrette le non-remboursement des dispositifs médicaux indispensables aux malades et la non-prise en charge par la caisse d'assurance des soins à domicile et de l'oxygène vital pour les insuffisants respiratoires. Il révèle que le nombre de personnes souffrant de rhinites allergiques avoisine les 3 millions de cas et que l'asthme touche un million d'individus en Algérie. Il regrette par contre l'inexistence de chiffres relatifs au nombre de malades souffrant de broncho-pneumopathie chronique, de maladies professionnelles pulmonaires et du syndrome d'apnée du sommeil. Il estime que cela est dû au fait qu'aucune étude n'est encore menée sur ces maladies. Il annonce aussi que chaque année en Algérie, 20 000 nouveaux cas dont 10 000 contagieux de tuberculose pulmonaire sont enregistrés. À propos de la tuberculose pulmonaire, les spécialistes ne cachent pas leur inquiétude quant à la résurgence de cette pathologie. Ces mêmes spécialistes affichent leur crainte quand ils évoquent les cas de tuberculose due à des bacilles de Koch résistants aux antibiotiques existants. Pourtant, jusqu'au milieu des années 1980, l'Algérie était leader mondial dans la lutte antituberculeuse et le schéma thérapeutique élaboré par nos spécialistes était la référence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui le préconise encore aux pays en voie de développement. Les phtisiologues algériens évoquent avec une grande crainte la résurgence de la tuberculose sous forme d'endémie dans certaines régions comme Sidi Bel-Abbès. Les organisateurs de ce premier congrès euro-africain estiment que cette manifestation permettra en premier lieu aux 800 médecins généralistes et spécialistes présents, de profiter des expériences des sommités internationales qui présenteront des conférences quant aux nouvelles approches thérapeutiques et diagnostiques des maladies allergiques. Ces médecins, qui viennent de tout le territoire national, pourront alors à leur tour faire bénéficier leurs patients des toutes nouvelles techniques tant sur le plan de la thérapie, de la prévention que du diagnostic. Eu égard à son importance, ce congrès, placé sous le haut patronage du président de la République, a permis aux spécialistes européens et africains d'échanger leurs expériences sur les sujets qui les intéressent. Le président de la République a ainsi envoyé une lettre lue en son nom par son conseiller, M. Boughazi, et dans laquelle le premier magistrat du pays a mis l'accent sur l'importance de la santé de l'être en ce début du 3e millénaire. En reconnaissance aux efforts fournis par le président de la République dans la lutte contre les maladies et la pauvreté au niveau international et, bien entendu national, les organisateurs de ce congrès ont décidé de lui attribuer un trophée remis à son conseiller. Lors de cette manifestation, qui prendra fin demain, vendredi, les participants aborderont de nombreux sujets en relation directe avec les maladies allergiques de plus en plus nombreuses en Algérie et de par le monde. Bien entendu, le problème du coût des prises en charge sera évoqué car, parmi les participants, figurent des spécialistes venus de pays où sévissent la pauvreté et les maladies. La question qui restera encore en suspens est celle relative aux actions à mener pour rendre les soins accessibles aux malades des pays pauvres. Saïd Ibrahim