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Vers un leadership régional à base d'un islam moderniste (III)
Publié dans La Nouvelle République le 27 - 09 - 2011

Le Premier ministre turc Rejeb Tayyeb Erdogan a été reconduit le 12 juin 2011 pour un troisième mandat à la tête de son pays dans un contexte marqué par le bouleversement de la carte géopolitique régionale impulsé par la dynamique révolutionnaire arabe, sur fond d'ambition d'Ankara de propulser une politique néo-ottomane visant à ancrer la Turquie comme le nouveau point de référence diplomatique du Moyen-Orient.
Pour contourner le paradoxe européen, Nicolas Sarkozy, le chef de file européen du néo-conservatisme américain, a alors proposé la mise sur pied d'une Union pour la Méditerranée (UMP) en vue d'arrimer la Turquie à l'Europe sans pour autant l'inclure dans l'Union européenne. Un lot de consolation par un ancrage au rabais pour l'ancienne sentinelle avancée de l'OTAN. L'idée sous-tendant ce projet était de réduire à minima la présence musulmane dans l'ensemble européen comme en témoigne l'offre concomitante faite à la Serbie d'intégrer l'Union européenne, en compensation de la perte du Kosovo, c'est-à-dire la portion musulmane de son ancien territoire. L'admission de la Turquie (70 millions de personnes) puis, plus tard, de l'Albanie (5 millions), surajoutées aux 12 millions de musulmans déjà présents en Europe, porterait le nombre des musulmans en Europe à 90 millions, soit 15 % de la totalité de la population de l'ensemble européen. Un taux qui a conduit les dirigeants européens à émettre la crainte que cette présence n'altère le caractère chrétien et occidental de l'Union européenne. Le deuxième objectif de l'UMP était de fondre dans un même espace de coopération Arabes et Israéliens. D'une manière incidente, la conjonction au sein d'un forum méditerranéen de la Turquie et d'Israël, les deux principaux leviers de la stratégie américaine au Moyen-Orient, tendrait, de surcroît, à diluer l'ensemble arabe dans une structure protéiforme à l'effet de réduire son homogénéité et à le placer dans une situation de minorité face à ses autres partenaires. D'une manière subséquente, elle tendrait aussi à substituer l'Iran à Israël comme le nouvel ennemi héréditaire des Arabes, exonérant les Occidentaux de leur propre responsabilité dans la tragédie palestinienne, en banalisant la présence israélienne dans la zone au détriment du voisin millénaire des Arabes, l'Iran, dont le potentiel nucléaire est postérieur de soixante ans à la menace nucléaire israélienne et à la dépossession palestinienne. Troisième objectif : arrimer, enfin, le Maghreb au marché européen, au détriment du marché commun arabe en voie de gestation, pour en faire, avec le secret espoir d'assécher le flux migratoire, une zone de délocalisation des entreprises européennes et de sous-traitance de produits bas de gamme par la conjugaison de la «main d'œuvre arabe», par définition bon marché, et de l'intelligence française, forcément à haute valeur ajoutée. Au vu de ces considérations, l'Union pour la Méditerranée est apparue comme un dérivatif destiné à consolider l'ancien marché captif de l'Europe au moment où la Chine, désormais deuxième investisseur en Afrique devant la France avec des placements de l'ordre de 50 milliards de dollars, faisait une percée remarquée sur le flanc méridional du continent européen. Sur fond de gesticulation et d'esbroufe, le projet phare de la mandature présidentielle de Nicolas Sarkozy a ainsi tourné à la bérézina diplomatique absolue et les principaux pivots de l'influence française en Méditerranée, Hosni Moubarak (Egypte) au Machreq et Zine El Abidine Ben Ali (Tunisie), renvoyés dans les poubelles de l'Histoire. Son rejet par l'Occident a fait l'effet d'un électrochoc, conduisant la Turquie à sortir de son amnésie, renouant avec son passé ottoman, dont la conséquence la plus immédiate a été son ouverture vers son voisinage arabe. M Erdogan a ainsi pris la tête de la croisade humanitaire visant à briser le blocus de Gaza, suscitant l'admiration internationale, fulminant contre Tel Aviv, reprochant aux Israéliens le massacre des militants pacifistes à bord de la Flottille de la liberté. Pour la deuxième édition de la Flottille, en juin 2011, il a paru toutefois se doter d'une posture médiane, en décommandant pour des raisons techniques la participation du navire amiral de ce convoi humanitaire, le Navi Marmara, à bord duquel neuf ressortissants turcs ont été tués le 31 mai 2010 par un commando israélien lors d'un assaut naval en haute mer. I) Le partenariat turco-américain, un garde-fou contre d'éventuelles déconvenues saoudiennes Le redéploiement turc intervient à l'arrière-plan d'informations faisant état de contact entre les Frères musulmans (FM) et l'administration américaine visant à la réhabilitation politique de l'organisation panislamique, désormais particulièrement active en Egypte, en Syrie et, dans une moindre mesure en Tunisie, dont la branche palestinienne n'est autre que le Hamas. La levée de l'ostracisme qui frappait jusqu'à présent la confrérie serait destinée à s'assurer sa coopération dans la stratégie américaine et compenser quelque peu l'impéritie des Etats-Unis dans la zone du fait de son impuissance face à Israël en ce qui concerne le gel de la colonisation et la relance des négociations israélo-palestiniennes. La rencontre au Caire, en mai 2011, du ministre français des Affaires étrangères, M. Alain Juppé, avec des représentants de la confrérie, de même que l'interview à la télévision israélienne du renégat bassiste Abdel Halim Khaddam, ancien vice-président syrien et ancienne caution sunnite du régime, ainsi que l'intention prêtée aux Frères musulmans de se lancer dans la vie politique égyptienne sur la base d'un parti politique rénové témoignent de cette nouvelle orientation, dont le terme ultime devrait être, selon le schéma américain, la mise entre parenthèses de l'hostilité de l'organisation panislamique à l'Etat hébreu. La réactivation du partenariat turco-américain devrait mettre à l'abri la diplomatie américaine face à d'éventuelles déconvenues saoudiennes par l'instauration d'un axe néo-sunnite au Moyen-Orient sous l'égide de la Turquie. La CIA et les services saoudiens coopèrent, en effet, sur le plan sécuritaire, notamment dans la lutte contre Al Qaïda au Yémen, fruit de leur copulation, connu sous le sigle d'AQPA (Al Qaïda au sein de la péninsule arabique), mais Ryad et Washington s'opposent sur la gestion de la révolution arabe. Mécontente du lâchage de son vieil ami l'Egyptien Hosni Moubarak, la dynastie wahhabite se montre réticente à des réformes accélérées du monde arabe, dont elle craindrait un effet de boule sur son système politique. Freinant les réformes jordaniennes, l'Arabie saoudite a inclus d'office le royaume hachémite, de même que le Maroc, dans le Conseil de coopération du Golfe, signifiant par là-même publiquement son souci d'assurer la survie des dynasties à la pérennité des monarchies. II) La Syrie et la guerre des détroits pour l'accès de la flotte russe aux bases syriennes de Tartous et de Lattaquié L'activisme déployé par la Turquie envers la Syrie, en pleine phase de déstabilisation du régime bassiste, dans la continuité de la politique néo-islamiste de M. Erdogan a quelque peu distendu les relations entre Damas et Ankara, conduisant la Russie à afficher sa solidarité à l'égard de l'unique pays arabe à lui être demeuré inconditionnellement loyal, contrairement à l'Egypte sadatienne ou à la Somalie de Zyad Barré, voire même l'Irak de Saddam Hussein. (A suivre)

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