166 personnes sont toujours détenues dans la prison, dont une centaine est en grève de la faim. Le président américain Barack Obama a affirmé mardi 30 avril qu'il allait redoubler d'efforts pour obtenir la fermeture de la prison de Guantanamo, où un nom-bre croissant de détenus sont en grève de la faim, reprenant une vieille promesse de campagne torpillée par le Congrès. La pression s'est accrue ces dernières semaines sur le président pour qu'il ferme cette prison où 166 détenus sont toujours enfermés. Un mouvement de grève de la faim, entré dans sa 12e semaine, ne cesse de s'étendre et touche aujourd'hui 100 prisonniers, selon le bilan officiel de la prison, et 130 selon les avocats. Parmi eux, 21 prisonniers sont alimentés par des sondes naso-gastriques et l'US Navy a dû dépêcher du personnel médical en renfort sur la base. «Ce n'est pas une surprise pour moi si nous avons des problèmes à Guantanamo», a ajouté le président qui dit continuer «à croire qu'il faut fermer Guantanamo». «C'est important pour nous de comprendre que Guantanamo n'est pas nécessaire pour la sécurité de l'Amérique. Cela coûte cher. C'est inefficace», a-t-il asséné. Sans compter que cela affecte l'image des Etats-Unis, «entrave la coopération antiterroriste» et constitue un «outil de recrutement pour les extrémistes», selon le président. La prison militaire implantée à Cuba accueille depuis 2002 les «ennemis combattants» de la guerre contre le terrorisme déclarée par George W. Bush. Dès sa prise de fonction le 20 janvier 2009, Barack Obama avait ordonné sa fermeture mais, face à l'opposition du Congrès, il avait dû faire machine arrière. En janvier, il a dû se résoudre à promulguer une loi qui renouvelle l'interdiction de financer le transfert des détenus de Guantanamo à l'étranger mais aussi aux Etats-Unis, pour y être jugés ou incarcérés, éloignant encore la perspective d'une fermeture. Quelque 55 détenus ont été déclarés «libérables» par les autorités américaines. Seuls neuf des 779 prisonniers passés par la prison ont été condamnés ou traduits en justice. «Je vais à nouveau discuter avec le Congrès et plaider que ce n'est pas quelque chose qui est dans le meilleur intérêt du peuple américain», a lancé le président américain, prédisant que la situation allait «empirer».