Fallait-il s'y attendre ? La question se débarrasse des doutes qui l'ont de tout temps empêché de crier tout haut qu'un jour la Fédération internationale de football finira par dire Stop ! La Confédération africaine de football devra bien suivre ce chemin de la logique inauguré par la Fifa. Le patron du football mondial vient de dire «non» au Makhzen, évitant ainsi une nouvelle fois cette main tendue par ces sbires qui voulaient mettre en lumière leur «services» expansionnistes… jouer avec la carte incluant le Sahara occidental. L'instance internationale du football refuse de jouer à ce jeu devenu par la force des choses malsain. La tentation n'a jamais quitté le terrain de la tricherie, mettre en lumière la carte reconnue internationalement avec des frontières qui font la distinction entre les deux territoires. Le risque d'isolement international prend forme Fin de cycle d'un jeu qui a atteint ses limites. Dans un article d'éclairage publié jeudi par le site espagnol El Independiente, le journaliste espagnol Francisco Carrion met à nu la tromperie du Makhzen lors de la présentation du rapport d'évaluation de la candidature signé par l'instance dirigeante mondiale des fédérations de football, basée en Suisse qui évite de reproduire la carte du Maroc indiquant ses prétendues revendications de souveraineté sur le territoire du Sahara occidental, car remettant en cause la légalité internationale et les résolutions de l'ONU. «Légitimer la prétendue souveraineté du Maroc» Le jeu n'est plus permis. A vouloir tromper le monde sportif tout le temps, sans parvenir à faire avaler le faux, les Lions de l'Atlas s'enlisent dans une situation des plus difficiles. Il ne trouvent de répondant ni auprès de la Fifa, pour faire passer leur fausse carte, ni auprès de la CAF pour venir en aide à cette «tentative qui vise à légitimer la prétendue «souveraineté du Maroc» sur le territoire sahraoui et ses richesses, n'a aucun fondement en droit international, car l'ONU considère le Sahara occidental comme un territoire en attente de décolonisation, rappelle l'auteur de l'article». «Le rapport qui détruit les aspirations du Rabat» Ne pas comprendre ce message, ne pas y adhérer, ne pas y donner suite immédiatement et judicieusement ne fera que compliquer davantage une crise si redoutable. Le journal rapporte que le rapport technique publié la semaine dernière par l'instance footballistique mondiale basée en Suisse a complètement détruit les aspirations de Rabat. La Fifa a refusé d'adopter la carte du Maroc fournie par le régime du Makhzen et s'est tenue à celle internationalement reconnue, avec des frontières qui font distinction entre le Maroc et le Sahara occidental. «La fausse carte marocaine» C'est certainement la plus grande et grosse humiliation que vient de subir le Makhzen à travers ce refus qui est le second où la Fifa évite de satisfaire les désirs expansionnistes du régime du Makhzen, a tenu à préciser la même source. Par ailleurs, des sources de la Fédération royale espagnole consultées par El Independiente ont assuré que la fausse carte marocaine, ainsi que le reste des questions de la candidature, ont été abordées lors des réunions du comité de la Fifa, composé de membres des trois pays, à savoir l'Espagne, le Portugal et le Maroc… «Outre le droit international et les résolutions de l'ONU, la Cour de justice de l'Union européenne a invalidé définitivement, le 4 octobre dernier, deux accords commerciaux conclus entre l'UE et le Maroc en 2019 sur la pêche et l'agriculture». La haute juridiction européenne a conclu que ces accords, «auxquels le peuple du Sahara occidental n'a pas consenti, ont été conclus en méconnaissance des principes de l'autodétermination et de l'effet relatif des traités», rappelle le journaliste espagnol dans son article, une décision historique qui a provoqué l'ire du Makhzen. Le Sahara occidental dispose d'un statut propre et distinct Dans un autre arrêt, la Cour a souligné la nécessité que l'indication du pays d'origine qui doit figurer sur les melons et les tomates importés dans l'UE, «ne peut désigner que le seul Sahara occidental, puisque ces produits sont récoltés sur ce territoire», rappelant, une nouvelle fois, qu'«au regard du droit international, le Sahara occidental (occupé par le Maroc depuis 1975), dispose d'un statut propre et distinct». Enfin, il faut qu'il change de cap, change de mode opératoire, change d'hommes qui jouent à ce mauvais jeu, change d'attitude à l'égard des acteurs significatifs du paysage sportif et de la société civile. Ne pas agir n'est pas une option.