La littérature maghrébine pour l'enfance a été au centre de la conférence animée, dimanche après-midi, par le professeur Guy Degas, dans le cadre du Salon international du livre d'Alger qui se tient du 27 octobre au 5 novembre 2008. “C'est durant la période s'étalant de 1985 à 1990, que la littérature Maghrébine pour l'enfance a connu une consécration, en se diversifiant et en se multipliant”, a indiqué le spécialiste, soulignant que ce genre littéraire “a attiré des auteurs de renom tels que Mohamed Dib et le marocain Driss Chraïbi”. “Mohamed Dib et Chraïbi ont, en commun, le fait d'avoir écrit aussi pour les tout petits”, a relevé le conférencier, qui a indiqué que les premiers ouvrages pour enfants, en Algérie, remontent aux années 1940-1945 et consistaient en recueils de contes du terroir. “Dans ce genre de contes, il y a une part de la création familiale, c'est-à-dire que le conteur recueille les contes de la bouche d'un proche”, a-t-il dit, citant Jean Amrouche et Rabah Belamri. “A partir de la période 1975-1986, la production se diversifie et les héros de la tradition orale sont accompagnés de créations originales propres à tel ou tel écrivain”, a affirmé le professeur, ajoutant qu'à cette époque certains auteurs ont investi la littérature de jeunesse en apportant, par ailleurs, leur expérience littéraire personnelle. Dans l'écriture d'ouvrages pour enfants et de jeunesse il y a, a précisé Guy Degas, des “postures narratives particulières”, citant celle d'un enfant qui raconte sa propre histoire à un autre enfant, ou celle qui consiste à donner la parole à un ou plusieurs animaux s'adressant aux enfants. “Dans tous les cas, l'auteur utilise un langage enfantin, des mots faciles et une syntaxe formée d'une succession de phrases simples”, a expliqué le conférencier, ajoutant que les animaux “sont souvent présents” dans ces contes. “Les animaux de la ferme continuent d'accompagner les enfants dans la littérature enfantine de tous les pays”, a précisé Guy Degas, pour qui la littérature pour enfants et de jeunesse “c'est d'abord une littérature qui se raconte, qui se dit”. “La littérature pour enfant et de jeunesse a autant droit de cité que toutes les autres littératures”, a conclu le spécialiste français, rappelant que les “Contes des mille et une nuits” étaient, à l'origine, une littérature dédiée aux adultes avant de devenir une littérature pour enfants.