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Mais où est donc L'Etat ?
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 25 - 06 - 2009

L'individualisme, l'égoïsme et l'opportunisme, qui caractérisent depuis quelques temps déjà notre société, marquent de plus en plus fort les relations fortement en recul, et déjà trop préoccupantes, qui lient les individus.
L'intérêt immédiat, la raison, le profit, le gain, la contre partie, le service… autant de termes qui constituent les véritables axes autour desquels tournent désormais, à une époque où le simple fait de dire bonjour à quelqu'un peut vous coûter très cher, tout comme le fait de demander service à quelqu'un peut vous traîner dans la boue.
La moyenne …s'il vous plaît !
Appelons-là Karima. Etudiante de deuxième année, elle doit avoir dans les vingt ans. En ce matin de juin, elle entre dans la salle des enseignants à la recherche d'une enseignante et comme celle-ci était absente, alors Karima demanda à l'une des enseignantes qui sont là son numéro de téléphone. Leur refus ne lui importait point. Elle insistait tellement que l'une d'entre elles forma le numéro et la lui passa.
Elle lança à peine le bonjour avant d'entamer sa série de requêtes. Je n'ai pas eu une bonne note à votre contrôle, j'aimerais que vous me l'arrangiez. Je n'ai pas eu la moyenne avec un autre enseignant et même avec l'autre enseignante aussi… Karima veut que ses notes soient relevées. Elle y tient. Elle n'aura rien, bien sûr mais… qu'est-ce qui a pu rendre aussi insolente une jeune fille qui n'a jamais brillé par une impolitesse ou par autre chose que sa présence à un cours ? De quel droit ose-t-elle venir demander – et à la limite de l'exigence – que ses notes soient relevées ? Rien de particulier à part le fait que cette enseignante a du, un jour pas très lointain, demander à l'oncle de Karima qui est médecin un petit service.
Les services se paient aujourd'hui chez nous sur le champ, cash comme on dit. Mais, souvent, ce type d'individus n'ont même pas besoin que vous leur ayez demandé quelque chose. Il leur suffit d'un prétexte, n'importe lequel pour que, sans gêne et toute pudeur avalée, ils pointent devant vous pour vous demander l'impossible, avec l'arrogance en plus.
Si vous appelez un plombier pour réparer une fuite et qu'il apprend que son frère est étudiant à votre cours, cela vous coûtera, en plus du prix élevé que vous payez, des demandes insistantes pour lui donner la moyenne parce que, c'est le refrain qu'ils chantent tous, il n'y a qu'à votre matière qu'il n'a pas eu la moyenne ! Si vous achetez un timbre poste et que le préposé au guichet sait que vous êtes employé aux impôts, il ne manquera sans doute pas de vous soumettre l'histoire de son fils qui trouve les impôts trop élevés. Si vous dites, un jour et par politesse, bonjour à quelqu'un que vous croisez dans la rue et qu'il apprend par hasard que vous êtes employé à l'hôpital, il n'hésitera pas à vous chercher – et il vous retrouvera sans conteste – pour vous demander un certificat médical de complaisance. Si, n'ayant point trouvé de place au café du coin, vous vous attablez avec quelqu'un et qu'il apprend – comme ça – que vous êtes employé des PTT, alors il sautera sur l'occasion pour vous demander d'intervenir pour lui pour ouvrir un compte CCP, pour obtenir une ligne téléphonique, pour lui arranger un rendez-vous avec le directeur, pour l'aider à retirer son argent sans faire de chaîne… bref il faut que vous fassiez quelque chose pour lui. Comme pour tous les autres.
Difficile de savoir si certains métiers sont maudits au point où ils attirent les problèmes ou bien si c'est notre conception des relations qui s'effrite, comme tous ce qui est nôtre d'ailleurs ! Ne peut-on donc pas dire bonjour aux gens, comme cela se fait partout ailleurs, sans avoir à le payer ? Ne peut-on pas prétendre à un service, entre êtres sans que ce soit du donnant-donnant ?
Il ne reste plus qu'une seule solution, à savoir : ne rien demander aux autres. Mais est-ce suffisant ? il y a beaucoup de doute car, même sans cela, personne n'échappe à ce rituel misérable instauré par les opportunistes et les arrivistes de tous bords. Vous avez beau ne rien demander à personne. On viendra quand même vous importuner « je sais que vous ne faites pas cela, mais vous savez sa mère a insisté tellement que je n'ai pas pu ne pas venir vous voir … ». Et, en plus, il vous colle toutes les mauvaises étiquettes du monde. On dira de vous que vous êtes difficile. Que vous êtes malade. Que vous êtes anormal. Que vous êtes constipé. D'autres iront plus loin, ils diront que vous êtes méprisant ! Rien que cela.
« Parkingueurs » de force et, pourquoi pas, vendeurs d'oxygène !
A bien réfléchir, il n'y a rien d'anormal dans tout cela. Tous les autres aspects de la vie sociale ont été (volontairement peut être) dégradés pour que tout aille dans le même sens.
Arrêtez donc votre véhicule quelque part, devant la poste, devant la mairie, devant le café, devant le restaurant, dans la rue tout simplement et vous verrez aussitôt arriver quelqu'un. « Je suis là ! » vous dira-t-il pour vous rappeler que là où vous allez dans notre pays, vous devez payer à chaque stationnement un pseudo parking que d'abord vous ne demandez pas, ensuite vous ne voulez pas et que, enfin, rien au monde n'autorise sauf peut être le silence incompréhensible des autorités.
Au nom de quoi ces jeunes, armés d'une matraque, d'une canne, ou même sans rien du tout, obligent-ils les gens à payer des parkings qu'ils n'ont ni construits, ni achetés, ni loués et qui d'ailleurs n'existent pas car, à ce que l'on sache, la voie publique n'est pas un parking ? D'où tirent-ils ce droit de vous faire payer un rien, oui un rien, car s'arrêter sur la chaussé publique n'a jamais été un acte payable… nulle part dans le monde.
Certains de ces « parkingueurs » de force s'achètent des sifflets, histoire de faire un peu plus sérieux. D'autres ramènent de chez eux une chaise comme si le travail, très rémunérateur par endroits, était trop fatigant alors qu'il suffit d'être là tout simplement. Ils sont là à se faire payer pour… rien, c'est-à-dire pour déguiser une mendicité qu'ils présentent, tout comme les autorités muettes, comme un métier honnête. Escroquer les gens, leurs extorquer de l'argent par une mendicité, ou plutôt par l'aumône obligatoire, ne peut pas faire la fierté d'un pays, surtout lorsqu'on sait que, ailleurs, les jeunes de cet âge élaborent des programmes et des logiciels, qu'ils innovent, qu'ils inventent, qu'ils accompagnent la vie dans ses moindre recoins. Certes le chômage pousse les gens à se débrouiller mais pour quoi est-ce que cela doit se faire sur le dos des autres ? N'y a-t-il pas un Etat pour prendre en charge ces gens ? D'ailleurs méritent-ils tous d'être pris en charge ?
Si rien n'est fait, il faut s'attendre à ce que dans quelques temps, et devant la concurrence grandissante due, d'une part, au chômage non moins grandissant et, d'autre part, aux revenus tirés de ce faux métier, les « parkingueurs » procèderont sans doute à l'extension de leur activité. Ils nous feront peut être payer l'oxygène que nous respirons ou bien l'eau de source que certains sont obligé de collecter faute d'alimentation suffisante en eau domestique ou pour certains besoins. On verra ainsi devant chaque source un commerçant de nouveau type qui vendra ce qu'il ne possède point, ou bien à chaque rue un faux percepteur qui réclame le prix de la quantité d'oxygène aux passants.
Brochettes, merguez, mahdjouba … les tout nouveaux métiers
Mais dans une société où plus rien ne retient plus personne, pour vivre – ou peut être pour faire fortune, qui sait ? – d'aucuns vont jusqu'à improviser des gargotes dans des endroits qu'ils jugent intéressants.
Au coin d'une rue assez fréquentée, devant un café, aux coins d'un quartier populeux… les endroits de ce genre font désormais l'objet d'occupation, surtout de soir, par des jeunes en général qui ramènent une table, une boîte métallique dans laquelle ils mettent du charbon, sur laquelle ils glissent une grille de fortune. Ils ramènent aussi un sac de pain et un sac de merguez avant de commencer à vendre aux enfants et à plus âgés, dans l'indifférence totale, un merguez des plus douteux et, en tous cas, des moins propres au monde ! D'autres préfèrent vendre des brochettes alors que d'autres se spécialisent dans la mahdjouba dont la pate est faite à la maison, Dieu seul sait comment ! Mais il n'y a pas que les enfants qui avalent ces saletés. Il y a aussi des moins jeunes, ceux qui passent le gros de leur nuit dehors à se promener, à remplir inutilement les cafés ou alors à vider des bouteilles que l'on retrouve au jour sur nos trottoirs et sur nos rues. Tous mangent de ces choses incroyables que certains vendent sans registre, sans autorisation, sans impôts… sans rien. Le comble c'est que tout cela se passe au vu et au su des autorités. Là il ne s'agit certainement pas d'une autre sorte de mendicité, mais plutôt d'une autre forme d'escroquerie.
Lorsque la société s'en va parce que ses valeurs s'en vont sans même prendre le temps de faire leurs valises, on ne peut que regarder et espérer qu'un jour viendra où les choses iront autrement. Mais lorsque devant tant d'escroqueries, tant d'arnaques et tant d'activités illégales et illégitimes, le silence est total, on ne peut que s'étonner. Et, même lorsqu'on ne veut pas se poser de questions, même lorsqu'on ne veut pas en entendre, et même lorsqu'on ne veut pas aller plus loin, on ne peut s'empêcher de s'exclamer, comme du temps où l'on apprenait les conjonctions de coordination : « ‘Ar … mais où est donc l'état ? »


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