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La Banque centrale du monde
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 12 - 07 - 2014

BERKELEY - Ces derniers jours, la Réserve fédérale américaine s'est montrée dans l'ensemble très satisfaite de sa politique monétaire. Mais depuis le second semestre 2007, sa politique a été insuffisamment expansionniste. La politique la plus susceptible de réussir en ce moment devrait être analogue à celle mise en place par la Fed en 1979 et en 1933, par la Grande-Bretagne en 1931 et par Shinzo Abe aujourd'hui.
Ceux d'entre nous qui craignent que l'approche de la Fed n'ait considérablement aggravé le malaise de l'économie américaine et ne transforme le chômage cyclique en un non-emploi permanent conjoncturel à long terme ont perdu le fil de l'argument de politique monétaire nationale. Mais il faut y ajouter un autre argument politique. La Fed n'est pas seulement la Banque centrale des Etats-Unis : c'est la Banque centrale du monde.
Le régime de taux de change actuel des Etats-Unis est un des taux flottants, ou du moins un des taux qui peut flotter. Dans les années 19050 et 1960, certains économistes comme Milton Friedman ont supposé qu'un régime global des taux de change flottants devait être un régime dans lequel les valeurs des devises évolueraient lentement et graduellement à côté des différences des taux d'inflation et des taux de productivité et de croissance de l'économie.
Dans les années 1970, l'économiste Rudi Dornbusch (et la réalité) nous ont appris que c'était faux : un régime de taux flottant capitalise sur les différences prévues des taux d'intérêt nominaux futurs, moins le taux d'inflation appliqué au taux de change d'aujourd'hui. Un pays qui modifie sa politique monétaire vis-à-vis des Etats-Unis modifie son taux de change actuel dans une grande mesure. Et dans l'économie fortement mondialisée d'aujourd'hui, cela signifie qu'il bouleverse dans une grande mesure son secteur d'import-export. Parce qu'aucun gouvernement ne veut faire cela, presque tous les gouvernements se calent aujourd'hui sur les Etats-Unis pour définir leur politique monétaire et n'en divergent que provisoirement et avec prudence.
Donc les Etats-Unis ne sont pas une économie parmi d'autres, qui suit ses propres mesures monétaires sous un régime de change à taux flexible. Les Etats-Unis sont plutôt une puissance hégémonique mondiale : la Banque centrale du monde, avec une responsabilité non seulement de stabiliser la production, l'emploi et l'inflation et de garantir la stabilité financière aux Etats-Unis, mais aussi de gérer l'économie mondiale dans son ensemble.
Un sujet de préoccupation est la santé et la stabilité de la croissance sur les marchés émergents qui tentent de profiter de l'afflux de capitaux ; de satisfaire les demandes de l'Atlantique Nord en faveur de l'ouverture des marchés financiers ; et de gérer l'instabilité qui en résulte créée par les " capitaux à risques " de la spéculation, le carry trade, l'exubérance irrationnelle et le surajustement. Les gouverneurs des banques centrales émergentes craignent une Banque centrale des Etats-Unis qui alterne entre une politique expansionniste qui alimente d'énormes quantités de capitaux à risques et une spirale inflationniste nationale, puis passe à un rétrécissement rapide qui étouffe le crédit et provoque une récession nationale.
Vient ensuite le principal problème auquel est confrontée l'économie mondiale aujourd'hui : la crise de l'Europe et la zone euro. La création de l'euro sans une union budgétaire appropriée a signifié que les transferts d'excédents vers les régions déficitaires n'élimineraient pas ni même n'atténueraient les déséquilibres de la demande. Le fait que la zone euro n'ait pas eu la flexibilité du marché du travail nécessaire pour en faire une zone monétaire optimale a signifié que les réglages par réaffectation régionale de l'activité économique se feraient sur une très longue période, tandis que de la perte de contrôle par ses membres sur la politique monétaire exclurait tout réglage par dépréciation nominale.
En outre, l'Europe n'a pas les institutions de gouvernance nécessaires pour choisir la voie la plus simple pour gérer un rééquilibrage économique : une inflation modérée au Nord, plutôt qu'une déflation éreintante et une faillite universelle au Sud. La conception institutionnelle de l'Union européenne amplifie l'influence de ces intérêts, en favorisant des mesures qui ont mis l'Europe sur la voie de la déflation. La promesse initiale n'était pas vraiment celle de plusieurs décennies perdues, au cours desquelles l'UE ne pourrait pas jouir de la croissance ni de la prospérité.
Nous avons un exemple au début du XXème siècle des conséquences politiques d'une telle période de dépression économique et de stagnation. La réaction à ce que Karl Marx avait appelé le " crétinisme parlementaire " est l'émergence de mouvements qui cherchent au contraire un leader résolu, apte à dire aux gens ce qu'ils doivent faire. De tels leaders apprennent rapidement que leurs solutions ne valent pas mieux que celles des autres et décident que la meilleure façon de rester au pouvoir consiste à rejeter tous les problèmes sur les étrangers. Ils exaltent ainsi la " nation " et concentrent leurs mesures politiques sur des querelles à somme nulle avec d'autres pays et en traitant les déviants " étrangers " chez eux en boucs émissaires.
Cela n'est pas dans l'intérêt de l'Europe ni dans l'intérêt des Etats-Unis de devoir traiter avec une telle Europe. Une Europe démocratique, prospère et stable implique un monde bien meilleur et beaucoup plus sûr pour les Etats-Unis.
C'est là que la Réserve fédérale entre en jeu. En déplaçant son régime de politique monétaire à un objectif de taux d'inflation annuel de 4% (ou à 6% de croissance du PIB nominal annuel), les Etats-Unis devraient mettre en branle un rééquilibrage rapide dans la zone euro.
Plutôt que d'imaginer une augmentation de 30% du prix de l'euro, qui résulterait de l'actuelle politique monétaire de la BCE, les exportateurs allemands devraient implorer pour avoir des mesures pour empêcher une " dévaluation compétitive ", ce qui entrainerait une inflation modérée au Nord, plutôt que l'actuelle dépression qui éreinte le Sud.
Un monde dans lequel les Etats-Unis ont une expérience éprouvée du respect de leurs engagements est nécessaire pour leur permettre de jouer le rôle de puissance hégémonique économique mondiale, est un monde bien préférable pour les Etats-Unis, comparé à celui dans lequel les engagements ne sont pas respectés. Pour le dire simplement, les Etats-Unis doivent contrôler l'économie mondiale pour le bien commun collectif, ou bien se confronter à un monde dans lequel la gestion macro-économique mondiale résulte de luttes pour un abaissement des normes de gestion de la politique nationale.
Les intérêts politiques, économiques et de sécurité des Etats-Unis à moyen et à long terme, et aussi, les intérêts économiques, exigent que la Fed reconnaisse que sa mission politique ne consiste pas à se focaliser étroitement sur la réalisation et le maintien de l'équilibre interne. Mais il s'agit plutôt d'embrasser et de remplir son rôle de Banque centrale du monde, en équilibrant la demande globale et l'offre potentielle pour l'économie mondiale dans son ensemble.
* Ancien sous-secrétaire adjoint au Trésor des Etats-Unis, est professeur d'économie à l'Université de Californie à Berkeley et chercheur attaché au National Bureau for Economic Research.


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