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Pour le 47ème vendredi consécutif: La protestation continue
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 11 - 01 - 2020

L'on avait pensé que Tebboune avait les mains et les pieds liés. Voilà qu'en moins d'un mois, il est seul face à son destin.
Un mois où il a lancé des signes forts pour imprimer sa marque - l'un des moindres est de ne pas convier les « élus » de l'ancien régime à son intronisation ; puis d'autres encore : les désignations d'un intérimaire à la tête du commandement militaire, d'un Premier ministre et des membres du gouvernement, et de nouveaux managers dans les secteurs des médias et de la publicité ; et enfin d'une commission d'experts pour réviser la Loi fondamentale (autour de sept axes préalablement définis par ses services). Il prend donc à témoin l'opinion, montrant qu'il ne prendra pas du temps pour infléchir le cours des choses.
Seulement voilà : le temps politique est un temps de l‘action et non de la réflexion. Comme homme du Sud, Tebboune n'aime pas être bousculé ; on ne lui arrachera pas des décisions non mûrement réfléchies. Il n'agira pas non plus dans la précipitation comme il l'avait fait lors de ses 70 jours à la primature. Pour conquérir le cœur des Algériens, il ne se lancera pas dans ces opérations de charme et de démagogie (« ar'fâa rassek ») ; du moins dans les 100 premiers jours de son mandat.
Des premiers jours non extensibles, allant au mieux jusqu'au printemps (correspondant au début du Ramadhan 2020), au 62ème vendredi, au 13ème mois du hirak. Des jours chargés de promesses (dont l'organisation d'un référendum) qu'il faudra tenir pour instaurer la paix civile, mère de toutes les sécurités (tant à l'intérieur qu'aux frontières ; et notre Président n'est pas qu'un ministre de la Défense).
Pour les économistes, les 100 premiers jours d'une gouvernance publique sont difficilement extensibles car les décisions de politiques publiques sont chronophages. Leur mise en œuvre effective - au plus près des citoyens - ne voient le jour qu'à l'horizon de 9 à 18 mois après leurs annonces. A titre d'exemple, les nouveaux ministères et secrétariats d'Etat doivent être dotés d'une part d'attributions et d'organigrammes et d'autre part de budgets (de fonctionnement et d'équipement) ; or ni les premiers ni les seconds ne peuvent être improvisés : il y a des procédures à suivre qui, au mieux, n'aboutiront que lors de l'adoption de la loi de finances complémentaire 2020 ; une adoption lors des sessions d'été du Parlement (Assemblée nationale et Sénat). Ces nouvelles entités gouvernementales ne seront opérationnelles qu'à l'automne, soit 9 mois après leur création.
Autre sujet brûlant : la Haute Cour, par exemple, annoncée dans la dernière Constitution, n'est toujours pas installée ; comment alors juger dans l'esprit et la lettre de cette même Constitution (qui, sur ce point, ne sera pas fondamentalement modifiée), nos grands commis de l'Etat emprisonnés car coupables de corruption ou plus grave de haute trahison si l'on se donne comme premier objectif l'apaisement et le respect de la légalité constitutionnelle ? Ce retour aux normes, soit à la légitimité constitutionnelle est la première embûche sérieuse dans la démarche du Président en vue de la consolidation de notre jeune démocratie - telle que du moins exigée par le mouvement populaire du 22 février (se voulant héritier de l'esprit du 1er Novembre). Et - il ne faut pas s'y tromper - ce n'est pas ce vaste hommage algérois du 25 décembre au chef d'état-major défunt qui en rabotera les aspérités, les revendications, les contestations.
Le maître mot de la transition en cours est : confiance. C'est ce que demande au hirak le président Tebboune. Mais est-ce que cela suffira-t-il ? N'y a-t-il pas avant cela le consentement ? Celui d'accepter cette nouvelle façon de faire la politique réclamée par notre jeunesse : la transparence. Aussi la pierre angulaire du nouvel édifice institutionnel ne se trouve-t-elle dans ce chemin critique entre le retour aux normes (en particulier dans les modalités de la coercition judiciaire et policière d'avant et après le 12 décembre 2019) et les effets attendus de la révision constitutionnelle après le référendum ?
En termes simples : dans l'attente de ce magnifique gouvernement opérationnel et de cette belle Constitution révisée, quel chemin prendre ? Sur quelles mesures concrètes et dispositions effectives Tebboune doit-il s'engager « ici et maintenant » pour avoir la confiance des Algériens puisque le temps lui est compté ? Nous avons comme l'impression que le Président n'a pas totalement conscience que la donne a changé : le contexte et les circonstances d'avant et pendant son élection ne sont plus les mêmes aujourd'hui ; et une adaptation au nouveau rôle dans cette conjoncture inédite n'est pas encore perçue et comprise.
Car tout n'est pas que réforme politique ou juridico-institutionnelle ? Quel que soit le degré d'adhésion des populations à la nouvelle mouture de la Constitution, quelle que soit la représentativité - donc le degré de confiance des électeurs - des nouvelles assemblées élues (nationale et locales), l'essentiel est dans la capacité d'être en symbiose et de pouvoir exprimer les desiderata collectifs de tous les Algériens. Une nouvelle architecture entre les pouvoirs (justice, législatif et gouvernement/présidence), même si elle s'impose (afin d'impliquer effectivement les citoyens : élus des partis politiques, associations professionnelles, sociales, culturelles,.. et société civile), elle a un prix : celle de mobiliser tout le corps social, dans tous ses pans... hirakiste et non-hirakiste. Et cela doit se faire aujourd'hui, loin des séances du Conseil des ministres ou du gouvernement et loin des préciosités constitutionnalistes de nos experts juristes.
Il ne suffira pas donc de financer les futures campagnes électorales des nouveaux élus (Assemblées nationale et locales) mais aussi de leur donner les moyens concrets pour accomplir leur mandat. La révision des codes (électoral ou autre) n'est pas le seul enjeu. Les deux décennies précédentes ont largement montré que si des bonnes lois ont été émises, cela n'a nullement endigué la corruption, le népotisme et le trafic d'influence. Nous devons donc aller au-delà du juridique.
Ce qui mine l'Algérie ce n'est pas seulement la nature de son économie rentière, soit la non-diversification des ressources exploitées. Qui entraîne certes une interdépendance entre les réformes (économiques, politiques, administratives, éducatives...). Mais c'est surtout la défiance des citoyens face au pouvoir, face aux Bolitiks. Chacun revendique aujourd'hui un changement du système (prévalent depuis 1963) ; et pour chacun, ce changement passe par l'éclosion d'un nouvel esprit et de nouvelles méthodes de gouvernance de la chose publique. C'est donc plus une affaire de style qu'une question de garanties constitutionnelles ou de plan d'action gouvernemental.
Ces 100 premiers jours à El Mouradia seront décisifs pour choisir ce style, se donner une posture personnelle fédératrice inclusive de tout ce que l'Algérie a présenté de mieux au monde. Et c'est le hirak, depuis le mouvement autogestionnaire des premières années de l'indépendance, qui incarne aujourd'hui ce mieux.


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