Il ne suffit pas d'aller à Marsa Ben Mhidi pour appartenir au cercle des «chics et branchés ». Encore faut-il fréquenter les bons endroits. A Marsa Ben Mhidi, on se doit de signaler son arrivée à travers les véhicules luxueux et 4x4 à vitres fumées, immatriculés dans la ville de Sidi Abderrahmane. Marsa Ben Mhidi n'a pas l'exclusivité du chic branché. Tout le monde s'y met, la plage est pour tous. Mais la station ne dévoile son véritable charme qu'en fin d'après midi, lorsque la foule aura désertée la plage. Les vacanciers commencent alors à sortir faire les cent pas. Peu de sportifs (nageurs quand même promeneurs tout au plus) et désireux de calme et d'isolement, tels apparaissent les gens du monde de la politique qui ont presque tous opté pour ce rivage à l'extrême Ouest du pays. Sécurité absolue comme chaque année, des renforts de gendarmes qui surveillent discrètement la zone. Des agents d'entretien et de propreté qui sillonnent les lieux. En pleine mer au milieu des vagues, les jets ski conduits par des jeunes facile à reconnaître le fils de Si Flane et l'autre de Si feltane, bien sûr, un jet ski, n'est pas à la portée de la bourse d'un cadre ou d'un journaliste. Mais réservé jusqu'à présent à une élite de haute…Le Jet Ski se démocratise quand même à la corniche Oranaise. Plus loin vers l'Ouest, on nous prie de ne pas s'aventurer, c'est le Maroc avec sa plage de Saïdia. Retournant à Marsa Ben Mhidi au milieu des sables dorés, des petits enfants, la pelle et seau changent de look au profit du « coffret du pirate » importé, du seau gonflable, ou encore du « château de sable », un moule géant avec tours et créneaux qui permettent de réaliser le plus beau château fort de la plage. Retourné, il se transforme en mini-piscine pour faire nager coquillage et petits crabes. Côté sport, la planche à voile reste encore à l'honneur, elle est à la portée de tous, on essaie quand même de se mettre debout sur une planche, ça s'apprend facilement. Malgré un littoral restreint et saturé, on peut encore se réfugier à Marsa Ben Mhidi. Avec les résidents, les vacanciers, les émigrés et le tout venant qui arrive le week-end, la nouvelle mosaïque sociale prend corps, lentement, sûrement. Reléguant chaque fois un peu plus l'imagerie populaire qui faisait hier du cadre de société un éminent de la classe moyenne du journaliste un « petit-bourgeois », de l'éboueur un « travailleur ». Il était aisé, au fond, autrefois, de déceler au premier coup d'œil qui était ingénieur, cadre moyen, ouvrier. Chacun portait son uniforme avec fierté, les marques de sa condition. Tâche infiniment plus délicate aujourd'hui. Explication simple : L'éventail des styles de vie s'est resserré avant l'éventail des salaires…Bonne vacance.