On parle souvent et exclusivement même de la légitimité des élus, du président surtout, mais on occulte celle des présidents des partis. Il faudrait une légitimité sans faille, non discutable, pour le président de la République et il faudrait également une légitimité sans faille, non discutable, pour le président d'un parti. Lorsque le cheminement à l'intérieur d'un parti pour parvenir jusqu'à la présidence de celui-ci est «clean» et repose sur le choix, non pas d'un homme, mais d'un projet que porterait celui-ci, sans doute qu'il en sera de même pour le cheminement vers la magistrature suprême. Mais la question se posera bien de savoir s'il peut y avoir des mœurs différentes dans tout le processus d'accès à la tête de l'Etat et pour l'accès à la tête des partis politiques. C'était peut-être une vérité qui était sortie des dernières élections présidentielles, depuis la reprise du processus électoral, à savoir que des chefs de parti peuvent bien participer comme candidats à ces élections, mais la «victoire» appartiendra à celui qui n'est pas chef de parti. Que cela soit du fait des urnes ou du fait des coulisses, il n'y a pas eu de président d'un parti qui soit devenu président de la République. Maintenant, une autre question devrait également se poser et c'est l'avenir qui aura à être questionné. L'avenir, sera-t-il une réédition du passé et donc une continuité du présent, dans le sens où les présidents des partis œuvreront à se rendre inamovibles tout en reprochant la même chose aux futurs présidents de la république? D'où devrait provenir le changement, des présidents des partis ou des présidents de la république? La notion de parti dans les conditions actuelles d'évolution du champ politique ne renvoie pas à une entité nationale, à une représentation quasi nationale, mais à une volonté de demeurer à la première loge, du moins selon quelques perceptions. Si un chef de parti ne peut pas devenir chef de l'Etat, alors que seule la fonction présidentielle est déterminante pour la définition des grands axes de la vie politique et économique, plus particulièrement depuis la révision partielle de la constitution, une révision en réalité la plus importante puisqu'elle rend sans objet le fait pour un parti politique, quel que soit celui-ci, d'avoir la majorité à l'assemblée nationale, pourquoi s'acharner à demeurer chef de parti ? Une autre vérité est sortie quant à elle des préoccupations véhiculées par la campagne électorale. C'est celle de la participation populaire. On peut même dire qu'au-delà du choix des hommes, peut s'imposer le candidat le plus redoutable, à savoir le boycott ou l'abstention. Par Bachir Medjahed