Le réalisateur syrien Omar Amiralay, dont les documentaires évoquent sans complaisance la vie sociale et économique de son pays depuis l'arrivée au pouvoir du parti Baas voilà un demi-siècle, est décédé dimanche à l'âge de 66 ans. Amiralay, qui avait été l'un des cinéastes les plus influents du monde arabe et s'était attiré une renommée internationale avec des films comme « Déluge au pays du Baas », a succombé à une crise cardiaque à son domicile de Damas, ont indiqué des membres de son entourage. Une semaine avant sa mort, il avait signé une déclaration de soutien aux manifestations antigouvernementales en Egypte. « Amiralay est mort au moment où l'on avait le plus besoin de sa voix pour la liberté en Syrie », a déclaré un de ses amis. La plupart des films d'Amiralay sont interdits dans son pays, où l'Etat exerce un monopole sur la production cinématographique. Né à Damas, d'origine arabo-turque, il avait étudié à Paris. Amiralay avait contribué à la réalisation d'un film sur l'opposant syrien Riad al Turk, qui passa plus de 17 ans au secret en tant que prisonnier politique durant la présidence d'Hafez al Assad. « Je vis dans un pays qui marche fermement vers sa propre fin après avoir été trahi par ses gouvernants, déserté par son intelligence et abandonné par ses intellectuels», avait-il déclaré.