La responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a souligné vendredi que les agences de l'ONU présentes en Syrie avaient dressé des plans d'urgence en cas de frappe mais veulent continuer à fournir l'aide humanitaire. "Nous avons toujours des plans d'urgence, nous continuons de mettre à jour ces plans pour parer à une brusque augmentation des besoins" humanitaires en cas d'intervention militaire en Syrie, a-t-elle expliqué à la presse. Il y a de la part des employés de l'ONU et des ONG présentes "la ferme volonté de continuer nos opérations", a-t-elle affirmé. Mme Amos s'exprimait par vidéo-conférence depuis Beyrouth, après une visite de deux jours en Syrie. L'ONU dispose en Syrie de 4500 employés, en grande majorité des Syriens. La guerre a déplacé 4,25 millions de personnes dans le pays et forcé 2 millions à fuir vers les pays voisins (Liban, Turquie, Irak notamment). L'ONU, a souligné Mme Amos, "doit assurer la sécurité de ses employés en majorité syriens". Ceux-ci, a-t-elle expliqué, "veulent améliorer le sort des Syriens sur le terrain mais en même temps ils sont conscients de l'impact qu'aurait une action militaire éventuelle sur eux-mêmes et sur leurs familles". "Les gens ont peur parce que la situation est tellement incertaine". La situation des réfugiés est particulièrement préoccupante au Liban "où un habitant sur 5 est désormais un Syrien (..), avec des effets négatifs sur l'économie", a-t-elle souligné. Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés a annoncé mardi qu'il était forcé par manque de fonds de réduire son aide aux réfugiés syriens installés au Liban. Plus d'un quart de ces réfugiés ne recevront plus d'aide alimentaire à partir d'octobre, l'appel de fonds de l'ONU en leur faveur (1,7 milliard de dollars) n'ayant été couvert qu'à 27%.