Le directeur de l'Agence nationale de sécurité des Etats-Unis (NSA), Keith Alexander, a affirmé mardi devant le Congrès que les renseignements sur les millions d'appels téléphoniques de citoyens en Europe n'avaient pas été recueillis par ses services mais qu'ils lui avaient été fournis par les agences de renseignements européennes. M. Alexander intervenait aux côtés du Directeur du renseignement national des Etats-Unis (DNI), James Clapper, devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants sur fond d'allégations de journaux européens selon lesquels la NSA aurait espionné des dizaines de millions de communications téléphoniques en Europe selon des documents révélés par l'ex.agent américain Edward Snowden. "Il ne s'agit pas de renseignements que nous avons recueillis sur des citoyens européens. Cela correspond à des renseignements que nous et nos alliés de l'Otan avons recueillis pour défendre nos pays et soutenir nos opérations militaires", a affirmé le premier responsable de la NSA. Cette affirmation est venue corroborer l'information donnée par Wall Street Journal selon laquelle les interceptions téléphoniques opérées dans les pays européens et attribuées à la NSA avaient été pratiquées par les agences de renseignements européennes avant de les relayer à leur homologue américaine. Alors que son agence essuie les feux de critiques depuis les révélations de l'agent Snowden, en juin dernier, sur la surveillance massive de communications téléphoniques et électroniques à travers le monde, le général Alexander a soutenu devant le Congrès qu'il était beaucoup plus important que ses services défendent les Etats-Unis même au prix de ''subir une raclée'' de critiques que ''d'abandonner un programme de surveillance et de rendre les Etats-Unis vulnérables à une attaque.'' En lui tendant la perche, le président de la commission du renseignement de la Chambre, Mike Rogers, fervent défenseur de la NSA, a déclaré lors de cette audition que tous les pays recueillaient des renseignements à l'étranger et que cette pratique n'était pas propre aux Etats-Unis. Concerné également par cette audition, le Directeur du renseignement national des Etats-Unis (DNI), James Clapper, a, pour sa part, soutenu que l'une des missions les plus fondamentales des agences de renseignement américaines est de ''connaître les intentions de dirigeants étrangers'', tout en ajoutant que les pays alliés, également, essayent ''absolument'' d'espionner les dirigeants américains. Il s'agit pour les agences américaines, a-t-il argué, ''de déterminer si ce que disent les dirigeants étrangers reflète réellement ce qui se passe et de savoir vers où ces pays se dirigent, quelle est leur politique et ses conséquences sur les Etats-Unis''. Néanmoins, les deux responsables du renseignement américain ont été plus évasifs lorsqu'ils ont été interrogés sur les informations selon lesquelles la NSA aurait espionné 35 dirigeants étrangers de pays alliés dont la chancelière allemande Angela Merkel. A ce propos, la porte-parole du Conseil national de sécurité (NSC) auprès de la Maison-Blanche, Caitlin Hayden, a soutenu que Barack Obama avait ordonné un examen des activités de surveillance par les Etats-Unis de façon à assurer un équilibre entre la sécurité des Américains et des alliés et la protection de la vie privée.