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La fusillade du 26 mars 1962 à la rue d'Isly demain sur Fr3 : Une lecture partiale
Publié dans El Watan le 11 - 09 - 2008

France 3 diffusera demain à 23h25 un documentaire de 52 minutes intitulé Le massacre de la rue d'Isly. Le réalisateur Christophe Weber, conseillé par l'historien Jean-Jacques Jordi, revient à partir d'images d'archives et de témoignages sur la fusillade qui s'est déroulée à la rue d'Isly à Alger le 26 mars 1962 avec une lecture partiale et partielle.
Paris (France) : De notre bureau
Le choix des images d'archives et des témoins renforce ce sentiment de parti pris. La ligne directrice de ce documentaire est : Le 4e Régiment des tirailleurs algériens (RTA), appelé en renfort des forces de police pour boucler Bab El Oued aux mains de l'OAS, a commis un massacre le 26 mars en tirant sur la foule des manifestants. De mentionner que le 4e RTA compte dans ses rangs des « indigènes », et au final de suggérer qu'il a été instrumentalisé. L'auteur du documentaire donne quasi exclusivement la parole à ceux qui alimentent cette thèse, partisans de l'Algérie française et anciens dirigeants de l'OAS.
« C'étaient de bons combattants, des hommes frustes, courageux, obéissants », « qui avaient le respect de l'officier », dit un ancien sous-officier du 4e RTA. « Ce qui se passe à Evian trouble les engagés algériens, des évasions se produisent. Quid de l'immersion de telles troupes en milieu urbain dans une situation urbaine, d'affrontement intercommunautaire ? Comment faire face à une population européenne radicalisée ? », avance l'auteur du documentaire. Le réalisateur fait état de la note 965 datée du 21 mars 1962 par laquelle le général Ailleret commandant le 4e RT autorise l'utilisation des forces indigènes sous réserve de ne pas les mettre en contact avec la foule. « Le 18 mars 1962, les accords d'Evian sont signés, le 19 mars, l'accord du cessez-le-feu. Pas pour l'OAS et ceux qui la soutiennent ; pour eux, on signe l'abandon de l'Algérie française. Pour ces partisans, il faut réagir, se battre par tous les moyens. L'OAS a fait de Bab El Oued son sanctuaire. »
« Dans la matinée du 23 mars tout bascule, une patrouille de l'armée tombe dans une véritable embuscade en plein Bab El Oued. Les autorités affirment que les soldats refusant d'être désarmés ont été mitraillés par un commando de l'OAS. Parmi les soldats, 7 morts, 11 blessés, pour la plupart appelés du contingent. Pour le pouvoir et l'armée, cela équivaut à une véritable déclaration de guerre, une de plus. Bab El Oued se transforme immédiatement en champ de bataille. Pour les forces de l'ordre, l'heure est aux règlements de comptes. L'armée est demandée en appui des forces de l'ordre. Le 23 mars, une unité du 4e RT arrive à Maison carrée. » Le 4e RT participe au bouclage de Bab El Oued. « Bab El Oued est totalement verrouillé par l'armée. L'OAS est en train de perdre… L'OAS a échoué à transformer Bab El Oued en citadelle. » Et encore : « Rue d'Isly des hommes du 4e RT sont placés en première ligne. Les ordres sont de faire barrage, ne laisser personne passer par tous les moyens, y compris par le feu », dit un ancien sous-officier. « 14h30, plusieurs unités RT sont sur place. Des informations contradictoires circulent. A certains endroits, les barrages ont cédé, le gros de la manifestation se rassemble près de la Grande Poste. Pour la bloquer, il n'y a que quelques soldats », dit le commentateur. « Les militaires étaient débordés, les manifestants passent. La foule se rapproche. Un appel radio est passé pour dire que les militaires sont débordés », reprend le sous-officier. Le barrage qui donnait accès à la rue d'Isly était commandé par le jeune sous-lieutenant, Ouchène Daoud.
Le commentateur relève que le soir même le général de Gaulle intervient à la télévision sans prononcer un mot sur la fusillade. Deux jours plus tard, le nouveau haut commissaire en Algérie, Christian Fouchet, déplore « les victimes innocentes poussées à la mort par des assassins. Les responsables de ce massacre sont désignés : l'OAS. A la population européenne d'Algérie d'en tirer les leçons. Ceux qui vous guident vers la mort savent qu'ils n'ont qu'une chose à faire pour sauver leur vie, c'est de s'appuyer sur votre sacrifice, se trompent, car leur partie est perdue, elle est archiperdue ».
Le commentateur : « Quelles que soient les responsabilités, pour les autorités politiques, le massacre du 26 mars 1962 est doublement utile : l'OAS va continuer à se déliter tout en menant des combats d'arrière-garde aussi sanglants que dérisoires et surtout cette tuerie démontre aux pieds- noirs que l'armée n'est plus là pour les protéger. Pour les Français d'Algérie, c'est l'état de choc. Le drame a un retentissement immédiat, c'est le signal de l'exode. Après les cercueils de la rue d'Isly, c'est la valise. » « …La thèse de la provocation armée provenant d'un ou plusieurs mystérieux tireurs, d'une riposte, puis d'un dérapage prévaut. Il n'est pas question d'un possible calcul qui aurait amené cette unité au bon endroit, au bon moment. » Il reste une intime conviction : « L'unité rendue responsable de ce bain de sang comme ceux qui ne croyaient ce jour-là que manifester ont été instrumentalisés. »
Le journaliste-écrivain Yves Courrière, dont le témoignage aurait certainement apporté un éclairage d'un intérêt certain au documentaire de Christian Weber, écrit pages 572 à 581 du quatrième tome, intitulé Les feux du désespoir, de La Guerre d'Algérie (éd. Fayard, 1971) : « Les responsabilités de ce drame atroce sont partagées. Il est certes criminel d'avoir jeté des tirailleurs musulmans dans la fournaise d'Alger, compte tenu de l'attitude européenne des semaines précédentes. Et de les avoir placés aux "premières loges". Il n'est pas moins criminel d'avoir poussé la population européenne à manifester, en ayant placé des armes automatiques sur les lieux où l'affrontement était inévitable. Même si ces armes n'ont pas tiré les premières. Ce qui n'est ni certain ni prouvé. Les organisateurs de la manifestation avaient voulu l'épreuve de force. En lançant délibérément la foule contre les barrages militaires, ils couraient le risque de les voir balayés et de pouvoir gagner Bab El Oued, victorieux. Ils couraient également celui de voir la troupe réagir et, sachant la présence de leurs partisans armés dans les immeubles avoisinants, de provoquer le drame. Ils avaient acculé l'armée "à prendre ses responsabilités", espérant jusqu'au bout la voir basculer. Ils étaient fixés. Plus de cinquante morts innocents payaient leur aveuglement. »


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