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Bouteflika et les députés : le mariage de raison
Publié dans El Watan le 17 - 09 - 2008

Il y a quelque chose d'immoral dans la décision du président de la République de tripler la solde mensuelle des députés et des sénateurs. Pour un chef d'Etat qui se gargarise de formules ronflantes comme lutter contre la prédation et le gaspillage des deniers publics, il vient assurément de nous infliger une belle leçon en la matière !
Offrir à nos Ronds-de-cuire de députés une récompense pécuniaire sans commune mesure avec le travail législatif pour lequel ils siègent au Parlement. Cette revalorisation excessive, quand on l'indexe aux « normes » sociales algériennes, accentue la dichotomie entre la société politique – qui se recrute parmi la jet-set algéroise – ou apparentée – et la société tout court. Par quelle échelle des valeurs pourrait-on justifier un salaire équivalent à près de 30 fois le Smig (il est de 12 000DA) pendant qu'un médecin par exemple perçoit à peine 40 000DA ? Au nom de quelle morale et de quel droit nos députés, nos ministres et tous ceux qui nous gouvernent, se servent – au propre et au figuré – de la rente pétrolière sans consulter le peuple ?
Et le fait que le président de la République ait eu recours au moyen plus commode de l'ordonnance pour faire exploser le point indiciaire de l'indemnité du membre du Parlement de 5432 à 15 505 lève un coin du voile sur ce mariage de raison avec les parlementaires. Le recours à la législation par ordonnance qui est une exception sous d'autres cieux est devenu une règle de gestion chez Bouteflika. Quasiment tous les textes impopulaires ou douteux ont été promulgués par cette voie durant les intersessions du Parlement. Mais bien que théoriquement « élus du peuple », les députés n'auraient pas souhaité débattre publiquement de leurs prétentions salariales qui les feront détacher complètement de leur peuple précisément. Comme un film de faux suspense, une commission paritaire APN-Sénat a planché – studieusement cette fois que ce n'est pas une loi basique – sur le projet et a soumis ses propositions aux présidents des deux chambres du Parlement qui à leur tout l'ont soumise au président de la République. Le tout sans bruit ni trompette. Et comme d'habitude, il n'y a eu aucune opposition d'un quelconque député pas même de l'opposition. Nos valeureux élus savent en effet faire corps avec leurs bourreaux politiques quand il s'agit de défendre un statut ou une rente de situation. Parader en bolide allemand noir dans Alger loin de la posture du douar vaut bien un silence, voire même une compromission. C'est un scénario qui fut vérifié en janvier 2001 quand il était question d'adopter la loi relative au membre du Parlement. La discipline…trans-partisane fut parfaite. Eh comment !
Mais le président Bouteflika bloqua au Sénat ce projet en intimant à son président Bachir Boumaâza de vérifier la constitutionnalité du texte. C'était une manœuvre de sa part pour tenir les parlementaires par les oreilles. Il finira par donner son feu vert quelques jours seulement avant l'adoption par le Parlement – APN et Sénat – d'une loi donnant un statut national à Tamazight. Il a donc « acheté » un vote massif pour tamazight moyennant une revalorisation conséquente des émoluments des élus. Et l'histoire semble se répéter avec cette autre augmentation qui par son ampleur (de 23 à 31 millions de centimes par mois) frise la provocation à l'égard d'un enseignant contractuel qui demande juste qu'on le confirme dans ses quelque 13 000 DA… L'hypothèse de la révision de la Constitution pourrait expliquer largement la subite générosité présidentielle vis-à-vis des élus qu'il ne porte pas forcément dans son cœur. Le marché pourrait se résumer en une chaude ovation et adoption du dessein de Bouteflika en contrepartie de ces salaires en or massif. Les élus de l'Alliance présidentielle pourraient également être mis à contribution pour battre la mesure de la « Ouhda thalitha » dans les quatre coins du pays.
Et comme cela, le président et les députés sont quittes et chacun trouve bien son compte. Tout compte fait, la pratique systématique du clientélisme est le seul « apport » managérial de Bouteflika depuis qu'il est au pouvoir. Dans un pays où les conditions de vie des citoyens se réduisent au minimum vital, la rente pétrolière s'est avérée être une arme redoutable pour faire plier…d'envie les plus stoïques des responsables et à quelques niveaux qu'ils soient. Faire croire, in fine, que ce pouvoir est capable de lutter contre le gaspillage des fiances publiques et la corruption reviendrait à admettre que l'Algérie est un pays démocratique. Et c'est précisément l'absence de démocratie et de contre-pouvoir qui a rendu presque anecdotiques ces distributions inégales et éhontées des richesses nationales au détriment d'un peuple de laissés-pour-compte.


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