Il est paradoxal et navrant de constater que la place du théâtre, l'une des vitrines de la Coquette, située pourtant au cœur de la ville, s'est transformée en ce mois sacré de Ramadhan, en un souk à ciel ouvert. Cette esplanade, autrefois un lieu privilégié des personnes de tous les horizons professionnels (comédiens, journalistes, écrivains, médecins, professeurs, cadres, etc.), a été convertie, à coup de milliards de centimes, durant l'été 2007, sur décision de l'APC de Annaba, en un espace public. Aujourd'hui, ce lieu est devenu louche et sordide, où les vendeurs à la sauvette, « beznassa » et voleurs à l'arraché trouvent leur compte. Devant le laisser-faire engendré par l'absence de décisions fermes des autorités locales, les vendeurs, surtout du free-shop et de l'habillement « made in China » qui submergent la Coquette, exposent aujourd'hui, et au grand jour, leurs produits sur les banquettes réservées aux personnes et sur les bordures des clôtures d'ornement de cette espace. Outre le « racket organisé » des pseudo-gardiens de voitures qui hantent les lieux, les passants, et surtout les personnes qui circulent à bord de véhicules, sont exposés aux agissements des voleurs, notamment ceux de téléphones portables. Plus grave encore, la nuit tombée, ce lieu devient aussi un repère de « pirates » et un dortoir pour les sans-abris. La place du théâtre n'offre malheureusement rien de nos jours, ni aux Annabis, ni aux visiteurs. Les habitants des alentours immédiats la comparent au quartier de Mersis, un lieu où tout se vend et s'achète dans une anarchie totale.