Le film "Frantz Fanon" du réalisateur algérien Abdenour Zahzah primé au Fespaco    Ramadhan: la GN met en place un plan sécuritaire spécial    Coup d'envoi de la campagne Ramadhan 2025 pour aider les plus démunis    Mobilis: 120 Omra à gagner à l'occasion du Ramadhan    Ouverture des candidatures pour le 1e Prix du président de la République pour la Littérature et la Langue Arabe    La guerre est-elle déclarée entre le président de la République française et son ministre de l'Intérieur à propos de l'Algérie ?    Industrie pharmaceutique: renforcer l'accès des producteurs algériens aux marchés africains    Tennis/2e Tournoi international ITF Juniors J30 Algiers: l'Algérienne Benamar sacrée    Décès de la journaliste Houda Nadir: la Direction générale de la communication à la Présidence de la République présente ses condoléances    Liban : la santé mentale, la nutrition et la scolarité des enfants en déclin du fait de l'agression sioniste    Ramadhan : plus de 200 points de vente directe des produits de la pêche et de l'aquaculture    Ghaza : le bilan de l'agression sioniste s'alourdit à 48.388 martyrs et 111.803 blessés    Mines : une école dédiée aux métiers du secteur prévue pour fin 2026    Le Théâtre Régional d'Oran : 16 soirées musicales et théâtrales programmées durant le mois du Ramadhan    Les impacts des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur le cours des hydrocarbures via le rôle stratégique du détroit d'Ormuz    L'USMA remercie le gouvernement pour le soutien apporté au club    COA : Abderrahmane Hammad réélu à la tête de l'instance olympique    L'USMH au cœur d'une violence qui ne dit pas son nom    Clôture des travaux de la première AG ordinaire du CSJ pour 2025    Inauguration du nouveau centre d'entraînement «Abderrahmane Aouf-Baba Hammoud»    La société Bonifiche Ferraresi italienne obtient un contrat de concession pour un projet de céréales et de légumineuses    Une batterie de mesures prise durant le mois sacré de Ramadhan    Campagne de sensibilisation sur le cancer colorectal pendant le mois de Ramadhan    La police saisit 12 quintaux de produits consommables périmés    Propagande militariste ou quand Macron le freluquet se prend pour Napoléon 1er    6 000 personnes déplacées en un mois    Mexique : Un parti politique proteste contre la visite du président du parlement marocain    Yamina Meghiche, exemple de courage et de lutte contre le colonisateur français    Décès du chanteur- compositeur Ali Zebidi    Décès de l'artiste Abdellah El Medjahri Un des piliers de la chanson bédouine    Le président de la République adresse ses vœux au peuple algérien à l'occasion de l'avènement du mois de Ramadhan    Décès de la journaliste du quotidien "El-massa" Houda Nadir    Ligue 1 Mobilis: le MCA conforte son leadership, la JSK sur le podium    Match MB Rouissat-USM El Harrach: la FAF appelle à préserver l'esprit du sport et contribuer à éradiquer la violence dans les stades    Nouvelle provocation contre l'Algérie    Installation du nouveau secrétaire général de la wilaya        L'Algérie happée par le maelström malien    Un jour ou l'autre.    En Algérie, la Cour constitutionnelle double, sans convaincre, le nombre de votants à la présidentielle    Algérie : l'inquiétant fossé entre le régime et la population    Tunisie. Une élection sans opposition pour Kaïs Saïed    BOUSBAA بوصبع : VICTIME OU COUPABLE ?    Des casernes au parlement : Naviguer les difficiles chemins de la gouvernance civile en Algérie    Les larmes de Imane    Algérie assoiffée : Une nation riche en pétrole, perdue dans le désert de ses priorités    Prise de Position : Solidarité avec l'entraîneur Belmadi malgré l'échec    Suite à la rumeur faisant état de 5 décès pour manque d'oxygène: L'EHU dément et installe une cellule de crise    









Paupérisation extrême
Les SDF à l'assaut des rues
Publié dans El Watan le 21 - 09 - 2008

Ses cheveux sont sales, longs et emmêlés. Habillée d'une vieille djellaba maculée, Kheïra est courbée sur ses deux enfants, à même le trottoir, au coin d'une venelle de la grouillante rue Larbi Ben M'hidi. A sa droite, sa compagne de toujours, une demeurée, est allongée la tête enfoncée dans un carton. Kheïra ne se souvient plus de son âge, tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle a dû quitter, à la mort de son mari, leur logement, il y a quatre ans, « à cause du propriétaire ».
Elle s'agite, elle crie. « C'est la faute aux responsables et à la houkouma ». La vadrouille et l'errance sont le désespoir de Kheira et de ses enfants qu'elle traîne dans les entrailles d'Oran. Les quartiers et les trottoirs sont de plus en plus envahis par les sans domicile fixe. Dès la tombée de la nuit, Oran est une ville où conquérir air, lumière, espace, parking, trottoir, est un âpre combat quotidien. Sales, affamés, hagards. Le centre-ville d'Oran est devenu le zoo de la misère humaine. « Nous avons mangé hier (premier jour de Ramadhan, ndlr), aujourd'hui j'ai profité pour laver nos affaires dans les toilettes de la petite mosquée de la rue Lamartine. Il faut arriver à manger, dormir, s'accrocher à la vie, c'est tout », dit-elle.
A Oran, seconde ville d'Algérie, le phénomène prend des allures de catastrophe. La ville compte un nombre impressionnant de sans-logis. La nature même du problème a changé, car il ne s'agit plus exclusivement de paumés, d'alcooliques ou de drogués. Aux malades mentaux libérés des établissements psychiatriques, se sont ajoutés, au début de la décennie, des femmes et des hommes illettrés et inemployables. Puis, à partir de l'année 2000, des mères célibataires. Enfin, des familles entières. La ville et les rares associations caritatives ne sont pourtant pas inactives. Mais le vrai problème est celui de la réinsertion. Faute de programmes de formation et d'emploi, de soins ou encore de logements sociaux censés être des lieux de vie pour les sans-logis ou les « sans domicile fixe », la prolifération de ces malheureux ira encore crescendo et avec elle, son lot de violence.
Certains endroits sont de véritables repaires de malfrats qui viennent se mélanger aux sans abris. « Des coupeurs de gorge. On ne sait jamais qui est son voisin de trottoir. C'est moins sûr qu'ici. Regardez… » Kouider, 45 ans, exhibe une cicatrice à son poignet droit. Maigre, suant, il vit sur le trottoir, du côté de la grande Cathédrale, sur un bout de matelas crasseux. Ces images douloureuses constituent la plaie de toutes les grandes villes algériennes qui paient actuellement l'addition de la crise multidimensionnelle. Entre 2000 et 2006, les fonds pour la construction de logements sociaux ont diminué de 40% tandis que les programmes sociaux étaient rognés de moitié. A Oran, les inégalités sociales se sont fortement accrues ici plus qu'ailleurs.
Des milliers de gens sont en dessous du seuil de pauvreté et leur niveau de vie ne cesse de baisser. En attendant, et en l'absence de programmes de relogement adéquat, l'occupation accélérée des trottoirs d'Oran continuera par « accueillir » des vagues toujours croissantes de sans-logis jetés à la rue.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.