L'ancien chef de l'Etat déplore également le fait que mentir pour parvenir à ses fins devient une pratique courante en Afrique du Sud. L'ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, s'est réjoui, hier, que la Cour suprême d'appel lui ait « donné raison » en annulant le jugement qui avait conduit à sa démission forcée il y a quatre mois. « J'accueille favorablement le jugement de la Cour, selon lequel le juge Nicholson n'avait aucun fait pour suggérer que, moi ou mon gouvernement, nous étions mêlés au travail du parquet dans le dossier de Jacob Zuma », écrit M. Mbeki dans un communiqué publié hier dans la presse. Le 12 septembre, le juge Chris Nicholson du tribunal de Pietermaritzburg (sud-est), avait annulé les poursuites pour corruption contre Jacob Zuma, chef du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), et évoqué des « interférences politiques » dans le dossier. Ces commentaires avaient servi de prétexte aux partisans de Jacob Zuma pour demander le départ de Thabo Mbeki, accusé d'avoir instrumentalisé la justice pour écarter son rival. Le comité exécutif de l'ANC avait alors ordonné au chef de l'Etat de démissionner, ce qu'il avait fait, tout en se joignant à l'appel du parquet contre la décision du juge Nicholson. « Nous voulions corriger les commentaires injustes et non mérités prononcés à notre encontre », écrit M. Mbeki. Lundi, « la Cour nous a donné raison », ajoute-t-il dans son premier commentaire public depuis son départ de la présidence. L'ancien chef de l'Etat déplore également que le fait de mentir pour parvenir à ses fins devient une pratique courante en Afrique du Sud. « Il me semble que la pratique inacceptable de propager délibérément des inexactitudes pour atteindre des objectifs variés devient une habitude dans notre pays », estime-t-il. « Tous nos leaders et citoyens ont la responsabilité (...) d'empêcher l'installation d'une culture qui finira par corrompre notre société. »