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De l'université algérienne en général, celle de Tizi Ouzou en particulier
Publié dans El Watan le 05 - 09 - 2005

ça prend l'eau, répète-t-on souvent. On dit même de l'université qu'elle a rattrapé le reste de la société et s'est mise à couler plus vite. Elle aurait déjà largement creusé. L'absence de règles dans son fonctionnement en est la principale cause. Cela est évidemment caractéristique du régime en place, plus généralement de tous les régimes antidémocratiques allergiques à la transparence. Les seules règles admises sont celles du clanisme et du clientélisme. Ce qui sied parfaitement au système qui décréta un jour qu'il ne doit pas y avoir de politique à l'université.
Entendre par là que seuls ceux qui le soutiennent ont droit d'en faire en développant le discours du pouvoir en place et en s'acharnant sur ses opposants. Bien évidemment, ces militants du pouvoir sont recrutés moyennant finances et privilèges. Sur ce point particulier, l'Algérie a repris des couleurs.
«Pas de politique à l'université», a dit Bélaïd…
Exceptée la période de récréation au cours de laquelle des partis politiques libres et indépendants du pouvoir ont existé et avaient donc leur prolongement dans les institutions – y compris bien sûr les directeurs d'instituts qui étaient élus et rendaient compte à la communauté universitaire-, l'université a toujours été gérée dans l'opacité totale ne faisant qu'exécuter les instructions du pouvoir central ou celles de la mouhafadha ou de la police du coin. Ce qui avait fait dire à un wali de Tizi Ouzou, au début des années 1990 qu'il refusait de se réunir avec un conseil d'université contestant ses propositions (instructions). Le tort de ce conseil est d'avoir mené un forcing pour imposer la construction d'une vraie université. Alors, haro sur les partis et reprise en main de l'université. Et l'opacité se réinstalle. Ainsi par exemple, à l'université de Tizi Ouzou, le seul PV de conseil scientifique d'université porté à la connaissance de la communauté universitaire est celui rappelant que la politique est interdite à l'université et que celle-ci, tout comme la télévision et l'APS, appartient à Bibi et qu'il est hors de question d'offrir des tribunes d'expression au premier opposant venu.
Docteur Ahmed Ben Bella et docteur Mouammar Kadhafi
Quelle relation existe-t-il entre ces personnages excentriques, l'auteur de cet article et l'université de Tizi Ouzou ? Votre serviteur lui-même ne l'a appris que par voie de presse pour l'un et par la rumeur pour l'autre. En effet, en date du 25 juillet 2005, le journal Liberté rapporte une information pour le moins surprenante et un peu troublante : le conseil scientifique de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a attribué, trois mois auparavant, le doctorat Honoris Causa à Ahmed Ben Bella pour son parcours historique. Surprenante en ce sens que, candidat moi-même au titre de docteur, l'université de Tizi Ouzou – rapide et efficace dans le cas de Ben Bella – a mis 7 mois pour donner un avis sur la recevabilité de mon dossier et ne le fit qu'après consultation d'autres universités. J'eus à vivre un véritable cauchemar durant une année pour préparer ma soutenance qui a fini par avoir lieu le… 19 juin 2005 désormais décrété non férié, 40 ans après que Ben Bella, premier président «légitime» de l'Algérie indépendante soit déposé par l'actuel locataire d'El Mouradia. On redresse de nouveau, mais cette fois dans le sens de récupérer ceux que la démocratie a «dévoyé». Pourquoi a-t-on cherché à bloquer ma soutenance et pourquoi a-t-on choisi l'UMMTO pour honorer, même en catimini, Ben Bella ? Serait-ce parce que j'ai résumé ma thèse en berbère alors que Ben Bella avait programmé la disparition totale de cette langue ?
Ma soutenance fut publique, même si aucun «officiel» ne fut présent. En tous cas, aucun de ces «responsables pédagogiques et scientifiques» qui, soutane de rigueur, ont attendu des heures, parqués dans un amphi pour voir apparaître le guide suprême de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi, pendant quelques minutes, écouter quelques-unes de ses frasques et lui octroyer le titre de docteur avec les applaudissements.
Carrière bloquée pour les détenteurs du doctorat 3e cycle : une injustice historique
J'ai dit que la soutenance de cette 2e thèse de doctorat imposée injustement aux enseignants algériens détenteurs du doctorat 3e cycle, alors que la France a aligné ses enseignants au grade de maîtres de conférences depuis belle lurette «… a fini par avoir lieu» pour moi parce qu'au préalable, il m'a fallu vaincre le système de blocage de ma soutenance mis en place par une entité satanique qui a innervé les universités du centre. Blocage suggéré probablement par mon parcours historique en faveur du tamazight, des libertés et de la réalisation d'une université digne de ce nom à Tizi Ouzou. Fut actionnée pour cela une secte basée dans une école militaire, commanditée à partir d'un rocher noir et relayée par une partie de l'administration et des enseignants de l'UMMTO ; c'est du moins la tentacule que j'ai pu remettre à nu. Le pouvoir parallèle existe bel et bien.
Les cabinets noirs aussi. Durant 7 mois, j'eus à contrer et à défaire les machinations les plus sordides élaborées par un mandarin en dehors de l'UMMTO et exécutées par le doyen, son chef de département et le conseil scientifique constitué d'enseignants tenus par le pouvoir de signature de collègues de rang magistral pour la promotion et de l'administration pour les vacations. Il eut suffi d'une voie libre pour que cesse le harcèlement et soient démis les auteurs… Alors qu'à d'autres, on a octroyé un doctorat clandestinement ou par applaudissements, une rumeur sournoise menée par les institutions de l'université qui a tenté de dévaloriser mon travail, voire le rendre insoutenable.
Conseil scientifique : un avis simplement consultatif
La nouvelle donnée par Liberté est troublante dans la mesure où je fus «libéré» de la machination diabolique de blocage à peu près à la même époque, mars-avril 2005, où fut prise, par le «conseil scientifique d'université» de Tizi Ouzou, la capitale kabyle, la décision de récompenser Ben Bella pour les immenses services rendus à la nation… arabe en s'engageant dès son investiture à «effacer cette si gênante protubérance kabyle» ; Saddam se chargeant de faire autant de son côté avec les kurdes. Ma délivrance fut sur un coup de fil du recteur au doyen de ma faculté. Tout se dénoua en moins d'une semaine. Serait-ce une forme d'amnistie ?
De la fiction à la réalité
Lorsque, en septembre, je déposais mon dossier de soutenance, ce doyen, pourtant peu soucieux des règles de fonctionnement de l'institution, s'empressa de «renouveler» le président du conseil scientifique du département où j'enseigne. Aux enseignants qui lui reprochèrent son entêtement à se porter à la tête du conseil malgré leur opposition, le nouveau président, prioritaire à ce poste par son rang magistral, répondra qu'il a une mission à exécuter. Très rapidement, il s'avérera que la mission de cet ex-barbu consiste à m'empêcher d'accéder au rang magistral. Il le fit au nom de la défense de l'Algérie… contre Hizb França.
Entendre par là que la thèse de doctorat que j'allais présenter ne serait que complaisance de la France vis-à-vis d'un individu qui, lui, serait dévolu. Etant un peu romancier sur les bords, j'ai longtemps cru que je m'inventais des histoires. Mais le jour où un collègue de l'USTHB me rapporta «la démarche» de la délégation «scientifique» de l'UMMTO venue chercher des appuis de blocage auprès «d'Anglo-Saxons» de chez eux, délégation menée par un professeur anglo-saxon d'une autre université qui passe pour être une référence en sadisme, le puzzle commença à se reconstituer.
Le drame pour moi n'est pas un repenti, manipulé par un SDF scientifique haineux, devenus tous deux patriotes pour la circonstance, fasse le procès de la France et de ses revues scientifiques en mettant entre parenthèses l'autorité scientifique et administrative de l'UMMTO. Que la communauté universitaire sache que s'ils se sont acharnés sur la France, c'est parce qu'elle a rejeté leur demande de recrutement. Que le «président du CSD» ait pleuré pour avoir échoué dans sa mission est dans la nature des lâches. Qu'il soit maintenu en poste est un encouragement à ses pratiques. Et il vient de récidiver en s'en prenant cette fois-ci, toujours sous le couvert d'un conseil, à un post-graduant que j'encadre en l'empêchant d'accéder aux moyens du laboratoire et ainsi de l'université et donc du peuple pour mener à bien sa recherche scientifique. Je rappellerai, pour l'avoir déjà porté à la connaissance des responsables de l'université et de la faculté, que ce triste «responsable scientifique» et ses acolytes de l'administration ont refusé de prendre en charge financièrement la participation de ce même post-graduant qui devait communiquer à une conférence internationale organisée par un laboratoire algérien que… notre mandarin manipulateur, encore lui, n'aime pas. Je l'ai pris en charge par mes propres moyens, mais ça il ne faut pas le dire à ma femme.
Pouvoir de signature et trafic d'influence
Si j'ai décidé de porter devant l'opinion publique ces comportements peu honorables de conseils alibis, les guerres et les trafics d'influence entre enseignants du rang magistral et les lâchetés qui les accompagnent, notamment les pressions et les blocages exercés sur leurs collègues en quête de progression dans leur carrière par l'effort, c'est parce que les responsables les connaissent et les entretiennent ; les contribuables doivent eux aussi savoir que non seulement tous les moyens possibles ne sont pas mis à la disposition de leur progéniture pour réussir, mais qu'on en arrive à les priver de ceux existant. Au moins pour l'université de Tizi Ouzou, les responsables politiques se sont toujours ingéniés à trouver et à nommer aux postes de responsabilités scientifique et pédagogique leurs relais qui s'acharnent à bloquer l'université, plutôt que de la doter de moyens d'épanouissement de ses étudiants et enseignants. La communauté universitaire nationale souffre depuis longtemps de tous ces maux. Seule la transparence dans la gestion de l'université peut mettre un terme à ce climat malsain et stérilisant.
Le silence est d'or…
S'agissant d'un cas qui me concerne, j'ai longtemps hésité avant d'en parler. Car ayant toujours défendu les enseignants contre les abus de l'administration, j'étais en droit d'attendre une prise en charge de mon cas, sinon par un syndicat ou une assemblée générale comme durant le bon vieux temps, du moins, par quelques collègues conscients et soucieux du bon fonctionnement de notre institution. Je n'irai pas jusqu'à dire que je me suis trompé de communauté, mais j'affirme sans risque d'être contrarié que notre communauté a largement régressé. Notre identité d'universitaire est même menacée.
Mais il y a péril en la demeure…
Se taire peut rapporter pour un opportuniste. Je refuse de croire qu'il n'y a plus que des opportunistes à l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Même s'il est vrai qu'il est inquiétant de constater la disparition presque totale de cette race d'enseignants combatifs qui pouvaient concilier rigueur scientifique et engagements moral et politique, dénoncer les abus de pouvoir et exiger la transparence dans la gestion.
La soumission totale de l'enseignant universitaire et sa perte de dignité moyennant une minable contrepartie financière serait une catastrophe.


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