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Oran face à ses ambitions étriquées de développement
Publié dans El Watan le 12 - 12 - 2006

Une plateforme portuaire d'activités économiques d'importance planétaire de 500 km2 avec 4 zones franches d'activité logistique (130 ha), industrielle (600 ha), commerciale (240 ha) et touristique (190 ha). A 12 km de l'Europe. 145 000 emplois et 350 millions d'euros de valeur ajoutée annuelle. Des capacités de 1,5 million de conteneurs extensibles à 3 millions d'unités par an et un trafic annuel moyen d'1 million de voitures et de 500 000 camions. Un coût total estimé à 1 milliard d'euros financé à 40% par une fondation étatique et des capitaux arabes et européens, et un management confié à la désormais connue et reconnue Corporation des ports et de douanes de Dubaï. Lancé en 2003, le projet sera opérationnel en 2007 et atteindra son rythme de croisière en 2010. Voilà pour ce qui est de Tanger-Méditerranée (Tanger-MED), un projet déjà qualifié de «pharaonique» coordonné par une institution étatique l'agence spéciale Tanger-MED et suivi de près par le roi Mohammed VI en personne. Le tout couronné par une vraie politique de communication utilisant les dernières techniques existantes. Evidemment, il y a un revers de médaille, en l'occurrence la spéculation par délit d'initié qui s'est développée autour des terrains du projet mais que dire sinon «bon vent !» aux frères marocains et comme dit le proverbe populaire «aânad ouala tahsad» ! Sans comparer les coûts, les modes de financement, la gestion et les retombées économiques de ce projet à ceux du très controversé projet autoroute Est-Ouest (11 milliards de dollars), dont l'utilité stratégique immédiate reste une énigme économique, nous nous bornerons à la ville d'Oran, emphatiquement désignée comme la deuxième ville du pays mais pour laquelle les ambitions de développement, malgré des atouts économiques, culturels et naturels indéniables et des dotations budgétaires considérables (quelque 3 milliards de dollars pour 2000-2005 ), restent limitées pour ne pas dire misérables. Bien sûr, il y a le Sheraton hôtel qui semble suffire à la «fierté» locale, le siège Sonatrach Aval qui ressemble à un baril éventré, la grande mosquée d'Oran qui veut rivaliser avec la mosquée Hassan II de Casablanca, le musée du Moudjahid qui tombe en ruine et le chantier un long moment abandonné du Palais des congrès. Il y a aussi les ouvrages de la rocade Ouest et ces échangeurs surdimensionnés, ces bretelles étroites et ces ronds points géants avec des espaces perdus mais qui ont quand même fortement amélioré la circulation. Il y a enfin les programmes importants d'habitats résidentiels réalisés, dont on se demande si les concepteurs et les réalisateurs ont plus été inspirés par les cités dortoirs de la banlieue algéroise que par l'urbanisme moderne du centre de la ville, sans oublier bien sûr le pôle universitaire des sciences sociales de Bir El Djir déjà considéré comme étroit. Mais Oran pour l'histoire, Wahran pour les Algériens et El Bahia pour les intimes, a besoin de quelque chose de plus adéquat, de mieux pensé, de plus cohérent et surtout de plus ambitieux pour son avenir économique, social et culturel. En quelques mots, un plan de développement stratégique global, daté et soutenu ! Malheureusement, les perspectives connues ne semblent pas répondre à ce que la ville et ses habitants attendent. Qu'on en juge par le projet de développement de la côte Ouest de la ville ! D'abord par le nom barbare pour ne pas dire rébarbatif d'Echiraâ du Med, le projet évalué à 500 millions d'euros (la moitié du projet Tanger-MED s'il vous plaît !) est piloté par une obscure société italienne représentant un consortium composé de 33 PME italiennes dénommée pour la circonstance «Orano-Project-Management» et concerne les localités de Madagh, Aïn El Kerma, Boutlelis, Cap Blanc et Oran. Ensuite par sa consistance et ses retombées économiques, à savoir 73% pour le tourisme (infrastructures et habitations), 20% pour les infrastructures socioculturelles et habitat résidentiel et 7% pour l'industrie avec la création de seulement 11 000 emplois, dont 6000 permanents pour la gestion ! Enfin par la part «rachitique» réservée à Oran avec 25 600 m² d'infrastructures industrielles et de services, dont les hangars du «fantomatique» pont logistique intégré Oran-Alicante d'El Karma, inauguré en grande pompe par le président de la République en 2003, dont la partie «espagnole» est pratiquement terminée alors que la partie «algérienne» reste dépendante du labyrinthe bureaucratique, un parc aquatique de 12 ha estimé à 30 millions d'euros ! Ce sont là des «ambitions» de gens «riches» d'un argent tombé du ciel, c'est-à-dire des rentiers et non des ambitions de bâtisseurs publics et privés qui font ailleurs la fierté des nations et des villes. Ces informations ont été «glanées» par-ci par-là car, en termes d'information sur le plan de développement de la ville d'Oran et à l'exception du site de la wilaya qui gagnerait beaucoup en termes de qualité informative et d'actualisation des données (quand on peut y accéder !) et de comptes rendus rapides de la presse locale ou nationale, il n'y a aucune information détaillée, accessible, permanente et publique en dehors des cercles d'initiés ou bien de manifestations ponctuelle et limitées. Ailleurs, les salles d'exposition des hôtels de ville, des chambres de commerce, des préfectures, des entreprises chargées de la réalisation, des grands hôtels, sur Internet, sur des revues spécialisées ou bien créées pour la circonstance, on retrouve toutes les données techniques, économiques, sociales et culturelles concernant les projets de ce type pour informer, sensibiliser et faire participer les citoyens à des opérations qui les concernent au premier chef. Bref, une vraie communication comme on devrait en avoir à l'ère des NTIC !A l'époque où certaines villes actuelles n'étaient encore que des bourgs, Oran rayonnait de sa modernité, son cosmopolitisme, son dynamisme et sa gaieté. Si la modernité, c'est d'abord la ville, alors Oran en a déjà été l'exemple vivant. La ville et ses citadins attendent certes et depuis toujours le projet qui lui rendra sa place. Mais un projet aussi brillant et ambitieux puisse-t-il être, il n'est rien sans les hommes et les femmes chargés de le concrétiser.
C'est dans ce sens qu'Oran et ses citadins attendent surtout des acteurs politiques, économiques, sociaux et culturels dotés de vision non de philanthropie, ambitieux mais intègres, compétents mais non vaniteux, plus portés sur l'action que sur l'agitation, plus intelligents que rusés et qui croient que leur avenir est ici et non ailleurs. Des patriotes quoi ! Comme la ville et le pays en regorgent.
L'auteur est Enseignant universitaire


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