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Voix de femmes : une «voie» pour les femmes
Publié dans El Watan le 08 - 04 - 2007

Ces mots sont plus que jamais d'actualité de nos jours, car, on peut estimer que notre condition a plus que jamais stagné, voire régressé, et ce, à travers le monde entier. La femme a bâti des nations au côté des hommes et a assuré la survivance de sa race en subissant bien des déboires au fil des siècles. Femme génitrice, mère matrice, femme victime, mère courage, actrice principale d'une société dans ses changements, défenderesse acharnée du patrimoine «génétique», pacifiste de l'humanité. Sa vie est un témoignage perpétuel qui avive le culte du souvenir à l'infini. Qu'avons – nous été ? Que sommes-nous devenues, aujourd'hui ? Quel devenir «féminin» dans un monde bouleversé par des réalités économiques des plus dures? Chaque année «la femme» est célébrée dans le monde entier, chez les autres comme pour nous, on subit ENCORE et ce, dans une passivité totale. La «célébration» de cette journée du 8 mars est outrageusement révoltante pour certaines. Nous nous pavanerons «en liberté», l'espace d'un jour, sans vraiment saisir les tenants et les aboutissants de ce «jour de gloire» Manifestations culturelles en tous genres, hommages virtuels «préfabriqués», individuels ou «modulables pour groupes», nous serons, alors, concoctés. Paradoxalement, on se devra d'oublier tout ce qui nous rappelle notre statut ingrat. Il est bien loin le temps où les femmes du monde, unies, défilaient en matraquant à tue-tête des slogans inédits, incisifs, à en faire exploser leurs cordes vocales. Elles avivaient le feu de la revanche et soufflaient sur les braises de la vengeance, jouissantes comme des tyranniques sadiques en mal de «sang», répondant, ainsi, à la violence qui venait anéantir leur nature même pacifique. Car, la femme avant tout, est une résistante née, un être humain dévoué à ses pairs et à ses principes, dotée d'un incommensurable courage. Cependant, on ne pourra pas dire, pour autant, que l'histoire de ce combat a réellement eu un impact sur nos vies en tant qu'individus à part entière, après un siècle et demi de lutte. Ni qu'il s'est inscrit dans les esprits, par une officialisation internationale consentie comme «promesse due» pour l'abnégation et la persévérance de la moitié de la société. Dans ce même cas de figure, cet E.C.I (Ennemi Commun Identifié) pour toute femme à l'échelle planétaire, a-t-il été l'homme ? Ou doit-on comprendre qu'on honore un «esprit de combat» parce que ce dernier a, à jamais disparu ? Aussi, dans un climat cauchemardesque emprunt d'incertitudes multiples, sommes-nous, alors, des êtres hybrides de notre propre descendance ? Chez nous, l'idéal au féminin n'aura pas survécu, tels les chants de nos aïeules qui devaient symboliser la délivrance de nos chaînes communes à toutes. Le cri de leur dernier souffle de vie était l'illustration même de leurs mirages engloutis, aujourd'hui étouffés dans les cendres glacées d'un oubli autoprogrammé. Non ! Le ” 8 mars ” devrait être décrété comme un jour de deuil, une mort de l'«âme féministe» aussi bien dans notre pays, où nous sommes loin de saisir l'importance de ce combat, qu'en Occident, dit «évolué» où la femme est sacrifiée sur l'autel du capitalisme décadent qui l'avilit dans toutes ses «formes» au propre comme au figuré. C'est une atteinte à la dignité féminine, une énième fois, car, c'est purement et simplement reconnaître l'infériorité de cette femme par excellence. Oui ! C'est nous faire admettre, à tous, l'abolition d'une certaine forme d'esclavagisme, par des femmes elles-mêmes. C'est encore persévérer dans l'idée reçue que nous ne restons qu'une ” sous-espèce “, comme l'a décrété le mâle !
Prôner une politique de «quota» pour qu'elle intègre des sphères jusque-là inaccessibles est également une forme de violence, et l'acceptation tacite de cette ségrégation inédite. Il n'est pas étonnant que l'on a du mal à faire appliquer des textes dans cette mesure ! Quel homme voudrait régenter ses acquis par une femme ; donc un être de classe inférieure et se voir égaler par une esclave ? Dès lors, comment pouvons-nous nous prévaloir d'être son égal puisque, de fait, nous acceptons cet état en prouvant nos capacités au fur et à mesure qu'il placera la barre plus haut? Et l'on doit «fêter ça». Quelle fourberie! Ce «fameux 8 mars» ne serait, à notre sens, qu'un énième coup, un autre complot ourdi contre nous par nos hommes, pour nous empêcher de prendre le pouvoir sur l'humanité. Ils nous cantonnent, ainsi, dans un combat éternel qui n'en finira jamais pendant qu'eux façonnent le monde. La réalité est pourtant aveuglante, à un niveau mondial : les filles sont beaucoup plus studieuses que les garçons, plus appliquées, plus assidues, plus sérieuses, avec de meilleurs résultats Alors, que prouver de plus au moment où elles doivent s'assumer ? Aussi, que voulions-nous prouver à travers cette journée ? Et, dans la foulée, pour «fêter» quoi ?
Même parité avec les hommes
Une voix pour la femme : c'était la révolution mondiale contre le sexisme masculin qui la maintenait loin des sphères du pouvoir ! Elle s'est traduit par une réflexion sur le je «féminin»: le droit à l'autodétermination, le vote, le droit d'exprimer ses idées, de disposer de son corps, l'équité au quotidien avec l'homme. Les féministes de tous les temps ont décidé de se battre pour réclamer tout simplement un droit à l'existence. Pour cela, il fallait accéder à la même parité avec les hommes afin d'influer sur le cours de la vie humaine, et, du coup, tracer «une voie» pour les femmes. Pour légiférer en conséquence, il fallait avoir en priorité le droit de vote. L'homme se devait d'entendre cette voix. Même si, à la base, les revendications s'inscrivent dans un premier temps à travers des luttes ouvrières, pour une égalité dans le travail. Même Staline dira : «.Aucun grand mouvement d'opprimés, dans l'histoire de l'humanité, ne s'est déroulé sans la participation des femmes travailleuses…» ( La Pravda 1925). On pourrait le paraphraser et terminer par «les femmes» tout court. Reconnaissance de certains faits ? Abdication ? Que nenni !
L'historique de la journée de la femme a pris racine dans les différentes étapes qui ont marqué ses «avancées» contre le joug masculin. Nombre de portraits, à travers le monde, se seront sacrifiés, convaincus pour la cause. çà et là, des femmes s'attelleront à imposer leurs voix pour modifier leur statut chacune dans leurs pays. Dès le début du siècle, à l'Est (soulèvements des femmes travailleuses,à St Petersbourg, en Russie), comme à l'Ouest (révolte des ouvrières américaines), en passant par l'ensemble de l'Europe (mouvement des suffragettes), un vent de rébellion féminin soufflera sur la planète, pour ouvrir la voie. Les premiers chaînons de la liberté se forment en interconnexions pour une lutte sans merci. Pendant ce temps, nos aïeules, elles, se réfugiaient dans leurs chants pour exorciser leur mal-être, soumises au joug colonial et à celui de leur clan tout aussi implacable. L'un l'a reléguée à un statut d'indigénat, l'autre au rang de «bête»….
Quelle différence ? L'officialisation de la Journée internationale de la femme, par l'ONU, interviendra en 1977, invitant, ainsi, tous les pays à instituer une journée, laquelle devait baliser, encourager la promotion féminine et consacrer son égalité. Il faut dire que la première Déclaration des droits de l'homme en 1789 les a omis, laissant la société bancale estropiée scellant leur sort. Pourtant, certains trouveront les mots «droits humains» plus appropriés. L'appellation «homme», perçue comme une ségrégation en soi, demeure une résistance à la féminité alors que cela devait être une «chartre pour l'humanité toute entière». En 1979, interviendra une «convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes» assortie de mesures qui devaient améliorer leur quotidien. Aujourd'hui encore, la précarité des femmes au travail est une donnée générale plus que jamais vérifiée, dans tous les pays du monde. Les textes sont ignorés par des patrons sans scrupules. Les postes clés de décisions se conjuguent au masculin, et rares seront les femmes à évoluer sur l'échelle sociale. En matière d'ambitions, nous resterons ainsi exclues de nombreux univers.
Le capitalisme sauvage a fait de la femme, au niveau international, la première victime : toutes les statistiques sont unanimes. Carrière et maternité sont incompatibles, les femmes doivent faire un choix : travail ou famille. Quand l'homme peut associer les deux, sans problème majeur, ce n'est purement et simplement que du «racisme sexiste».
Les patrons, résistant à la féminité, qualifient la femme assez souvent dans un jargon managérial de «facteurs de risque», du fait de leurs coûts sociaux, de «gestion de contraintes» supplémentaires. Il leur faut, donc, éliminer ce fardeau qui compromettrait l'avenir de leur entreprise. Les entretiens d'embauche violent, ainsi, souvent l'intimité et intimident par des «allusions» : on vous «menace» presque entre les lignes si vous devez vous marier dans l'année, envisager d'avoir un enfant, ne pas être capable d'assumer, du fait d'obligations familiales ou autres ; dans lesquels cas, on vous suggère gentiment d'en rester là ou d'y «réfléchir» sérieusement avant de vous engager définitivement Bref, vous devez épouser le poste à vie. Pourtant, on ne demandera pas cela aux hommes ! Certains couples, dans les pays évolués, doivent prendre la décision de «qui sacrifier» au cas où surviendrait une grossesse «malencontreuse».
Nous avons, donc ainsi, évoqué les misères et les tourments de nos aïeules, ici ou ailleurs; il ne faut pas nous ruiner la mémoire collective et croiser les bras. Dans une société en constante mutation, la femme doit toujours défendre sa position. Sa voix doit s'élever encore plus haut, cristalline et limpide, libérée dans sa métamorphose de la traditionnelle image dans laquelle on la confinait jadis. Son mot juste, fin, équitable mais tranchant, peut résonner comme l'écho de toute l'humanité. Un écho d'âmes exilées, marginalisées, bannies. La course infernale à l'égalité dans une exaltation suprême ne doit pas vouloir dire aussi dépasser l'homme dans sa bêtise, sa violence, son mal de puissance ou de domination. On doit impérativement analyser ses comportements néfastes et se garder de les reproduire afin de préserver toute la planète. La société de consommation aura précipité la femme dans un «lynchage publicitaire», un «bradage» de son corps; nos attentes ne sont pas loin de celles de nos aïeules ! Le premier objectif, pour la femme, serait de se réapproprier ce corps justement et de rester vigilante par devoir en ouvrant la voie aux plus jeunes.
Chez nous, le cri de nos aïeules, dans les tumultes des mémoires, reste le relent strident d'un appel au secours jamais entendu, qui nous aura précipité tout droit dans les abîmes du désespoir. Filles de l'Afrique, berceau de toute l'humanité, leurs chants et leurs souffrances étaient leurs seuls ornements. La moelle et la sève de nos racines profondes qu'elles défendaient à armes égales aux côtés de leurs compagnons. Bizarrement, on n' aura accepté leur «égalité» que lorsqu' il a fallu payer les mêmes tributs dans la douleur. On acceptait alors que son «je» féminin soit le transfuge de la lutte pour une cause commune. Sa voix devenait alors primordiale; l'espace d'un instant, on la glorifiera même. Cette voix était la passion d'une passionnée, une mélodie subtile, un prolongement de survie qui atteste, aujourd'hui plus que jamais, d'une torture morale et physique, dans une révolte constante. Le trône de notre noble descendance nous aura ainsi été ravi. Un retour à la case départ dans notre monopoly : en passant par la case prison du statut : «mineure à vie»..
Nous n'avons, en réalité, encore rien gagné, ici ou ailleurs. Notre révolution, plus que jamais, reste à faire, car l'idéal au féminin est tributaire des acquis de chacune dans son propre pays! Nous ne pourrons crier victoire que lorsque la notion même de combat n'aura plus raison d'être sans pour autant qu'il «oublie» qu'il ait, un jour, existé…
L'auteure est Cantatrice en chants rituels berbères


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