Encore une fois, la wilaya de Annaba a vécu mercredi au rythme d'une manifestation de chômeurs. Après le blocage de l'accès, la veille, au siège communal de Sidi Salem, c'est celui de la wilaya de Annaba qui sera, lui aussi, fermé par des jeunes chômeurs de la commune de Sidi Amar dans la matinée d'hier. Il sera libéré quelques moments après par les éléments de la police. En effet, ils étaient plus d'une centaine à dénoncer le non-respect des engagements du wali qui, durant la dernière campagne électorale, leur avait promis 100 postes de travail en tant qu'agents de sécurité et de bureau dans des entreprises publiques. « Lors de la réunion que le wali de Annaba avait présidée en période de campagne électorale, au siège de notre commune de Sidi Amar, il nous avait promis des dizaines de postes d'emploi. Mieux encore, les services communaux ont même placardé la liste de 100 bénéficiaires. Cependant, rien n'a été fait depuis », ont expliqué plusieurs d'entre eux, rencontrés sur les lieux avant de passer à la menace : « Si la commune de Sidi Amar ne nous convoque pas dans les plus brefs délais, nous sommes prêts à passer à l'action. » Nous apprenons par ailleurs de sources sûres que Tayeb Louh, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale a ordonné à son représentant à Annaba de lui faire parvenir un rapport détaillé sur les émeutes et les mouvements de manifestation ayant trait avec le chômage, qui ont secoué dernièrement la région de Annaba. La dernière en date est celle de la cité de Sidi Salem (El Bouni) où plusieurs jeunes chômeurs désespérés ont tenté de se suicider en se tailladant le corps à l'aide de couteaux. Bien que la vie ait repris son cours normal, la cité est toujours quadrillée par les éléments de sécurité. Les 12 jeunes manifestants, auditionnés à l'issue de ce mouvement de colère, ont été libérés.