Ses travaux ont été lancés au début des années 1980 puis abandonnés suite à la crise économique et à la décennie noire, la ligne 1 du métro d'Alger, reliant la Grande-Poste à Hai El Badr (Bachdjerrah), vient enfin de voir le bout du tunnel. Le rêve de millions d'Algérois et d'Algériens d'embarquer à bord de rames du métro pourra se réaliser, selon Amar Tou, ministre des Transports, « d'ici la fin de l'année » à la faveur des essais techniques préparatoires lancés hier avec brio en présence du ministre d'Etat et conseiller personnel du chef de l'Etat, Abdelaziz Belkhadem, du DGSN, Ali Tounsi, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et hauts cadres de l'Etat. Le choix de la date du 5 juillet n'est pas fortuit dès lors qu'elle coïncide avec le 47e anniversaire de l'indépendance de notre pays et avec le lancement des festivités du 2e Panaf'. Premier point visité, le poste de commande centralisée (PCC) situé aux Anassers. La délégation a eu droit à des explications sur le rôle de ce « cerveau », doté de la dernière technologie en termes de contrôle, de surveillance et de gestion du trafic de l'ensemble des rames. Ce système est, selon les dires des responsables, identique à celui utilisé dans le métro de New York (USA), à Barcelone (Espagne) ainsi que la ligne 14 du métro parisien (France). Il contrôle également les mouvements, la position des rames ainsi que l'autorisation de mouvement et l'itinéraire des trains. Par la suite, la délégation a pris la route, par bus, en direction de la station Grande-Poste avant d'embarquer, 20 m sous terre, à bord d'une des quatre voitures de la rame du métro. Un événement grandiose pour tout le staff gouvernemental et les présents puisque c'était la première fois qu'on embarquait à bord du futur métro algérois. Les consignes de sécurité prises, la délégation embarque en direction de la station Hai El Badr (Hussein Dey) sur une distance de 8 km. A bord, la satisfaction se lisait sur les visages des responsables, à leur tête le ministre Amar Tou. Tout au long du trajet d'une durée de 17 mn, les officiels échangeaient les salamalecs et souhaitaient que le tramway d'Alger connaisse le même sort que le métro. « Les automobilistes souffrent énormément des embouteillages et des bouchons dans la capitale. La circulation automobile est devenue infernale à Alger. Avec la mise en marche du métro et du tramway, ainsi que la modernisation des transports en commun comme les bus et les taxis, nous pourrons diminuer cette tension et mettre un terme à l'anarchie », a déclaré un responsable. Cet avis était partagé par nombre de présents qui insistaient sur le fait que ces moyens de transport de masse permettront aux citoyens de gagner du temps et d'éviter les tracasseries liées au stationnement. « Je vais abandonner ma voiture que j'utiliserai durant les week-ends. De cette manière, je n'aurai plus à dénicher une place de parking ni à passer des heures dans les bouchons. Un ticket de métro suffira », témoigne un invité. La ligne dessert les stations Khelifa Boukhalfa, Aïssat Idir, Hamma, jardin d'Essai, Les Fusillés, Cité Amirouche. La délégation a marqué une petite halte à la station Mer et soleil, une station aux murs entièrement couverts de faïence, dotée d'un système central d'air conditionné, équipée – comme les autres d'ailleurs – d'escaliers mécaniques, d'équipements automatiques de vente et de contrôle des titres de transport. Lors d'un point de presse improvisé au centre de maintenance de Bachdjerrah, le ministre des Transports a déclaré que la phase 2 de la ligne 1 du métro a déjà commencé avec le lancement des travaux, en octobre 2008, de la ligne Hai El Badr-El Harrach. L'appel d'offres pour les travaux de réalisation de l'extension Haï El Badr-Aïn Naâdja sera lancé avant la fin de l'année. M. Tou a, par ailleurs, indiqué que la formation des conducteurs du métro d'Alger a été lancée par la RATP, qui sera chargée de la gestion, pour le compte de l'Etat, du métro d'Alger. Les techniciens de maintenance du métro et de ses équipements sont quant à eux encadrés par le groupe Siemens depuis fin 2008. Pas moins de 500 agents de police ont été formés et seront chargés de la sécurité au sein des stations du métro, selon le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Tounsi.