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Hip Hop le son d'une révolte américaine
Publié dans El Watan le 26 - 02 - 2010

– La culture hip-hop marque un tournant dans la culture afro-américaine contemporaine. Comment était-elle perçue par les Américains ?
Effectivement, dans les années 1970, dans le Bronx, c'était même une révolution qui touchait la manière de parler, de danser, de s'habiller et de faire la fête. Vu que le hip-hop sortait des ghettos noirs américains, les gens portaient sur lui un regard négatif. Pourtant, il n'aura fallu que quelques années pour que cette expression artistique urbaine gagne toute l'Amérique et le monde. La culture hip-hop n'a rien de négatif puisqu'elle permet aux jeunes et aux artistes de s'exprimer selon les moyens du bord, sur le quotidien ou sur des revendications sociales. Dans l'histoire des Etats-Unis, de toute manière, la musique a toujours été revendicative, que ce soit le jazz, le blues, le rock'n'roll…
– Justement, quelles étaient les spécificités de ce courant musical ?
Le hip-hop a amené une nouvelle tendance et des expressions artistiques dérivées. D'abord le deejaying, qui consistait à passer des disques simultanément, en les mélangeant. Le DJ est le maître de la fête, on danse selon le rythme qu'il scratche. Des techniques nouvelles sont apparues : le baby scratch, le crab ou le cutting. Des DJ ont émergé : DJ Kool Herc, Afrika Bambaataa et Grandmaster Flash sont immortels !
– Quelles sont les autres expressions artistiques dérivées du hip-hop ?
La richesse du hip-hop a fait émerger de nouvelles danses : breakdance, house dance, new style, hooba lumps… pour démontrer la capacité créative des passionnés de hip-hop. Aussi, le hip-hop a gagné les murs des rues à travers les arts graphiques comme les graffitis ; à l'époque, ils étaient considérés comme une détérioration de biens publics. Maintenant, des grapheurs exposent dans de prestigieuses galeries, à New York, depuis que les experts en art ont commencé à s'y intéresser. Le hip-hop est également une mode vestimentaire. Des marques se sont spécialisées dans les jeans, les sweet-shirts, les baskets… Les stars du basket étaient les ambassadeurs de la culture hip-hop.
– Le hip-hop partage-t-il la même essence que le jazz et le blues ?
Pas entièrement, mais l'esprit est là. Le jazz est une musique sophistiquée, qui a été développée grâce à de grands maîtres : John Coltrane, Louis Armstrong, Miles Davis, Sonny Rollings, Wyton Marsalis… Le jazz s'étudie dans les universités, il a presque perdu de son cachet de musique populaire. Il demeure authentique et moins conventionnel. Ceci dit, le jazz et le hip-hop contribuent à la reconnaissance des Noirs dans l'histoire des States. Aujourd'hui, on célèbre le Black History Month partout dans les Etats américains, c'est une grande évolution, voire une reconnaissance.
– Le hip-hop actuel est agressif, misogyne et matérialiste. Comment expliquez-vous cela ?
Hélas, il m'arrive d'éteindre la télévision quand je vois un clip où on ridiculise des femmes, où l'on fait l'apologie de la drogue et que l'artiste se balade avec un kilo d'or dans la bouche en déclamant un texte indéchiffrable et souvent grossier. Ce n'est pas du hip-hop proprement dit. Il ne respecte même pas la musique car les chanteurs trichent avec leur voix : les manipulations avec les ordinateurs sont flagrantes, même pour une oreille profane. C'est un assemblage sonore qui ne saurait être du hip-hop. Certains penseront que je suis vieux jeu ou nostalgique, mais cette musique mélangée au R'n'B ou au rap n'est pas du vrai hip-hop comme l'entendent les professionnels. Cette musique est commerciale, elle fait marcher les clubs, les maisons de production et quelques labels, mais sans un réel impact sur le volet artistique.
– Que pensez-vous du hip-hop qui se fait dans le monde, en France par exemple ?
Je suis étonné de voir que dans le monde, les gens pratiquent l'anglais sans problème, ce n'est pas le même cas chez nous. Les Américains ne sont pas si ouverts sur les autres cultures et méconnaissent les langues du monde, ce qui restreint le champ de découverte de talents internationaux. Pour ma part, je ne connais que la old school comme NTM ou IAM, mais je ne comprends – malheureusement – pas les textes.
– Les chaînes comme MTV Black ou Trace TV ne passent que des musiques faites pour des Noirs. Ceci ne les ghettoïse-t-il pas davantage ?
Le fait de mettre des musiques faites par des Noirs pour des Noirs est un moyen aussi de promouvoir la culture black. Par ailleurs, il est fort possible que cela implique une distance ou une différence. La télévision américaine est variée : elle donne la parole à toutes les communautés, encore plus depuis l'élection de Barack Obama. Il existe des compétences chez les Noirs qui ne sont pas toujours visibles – d'où l'existence de ces chaînes – comme pour le cinéma.
– Justement, dans le cas du cinéma américain, Hollywood a-t-elle toujours des idées rétrogrades à propos des acteurs afro-américains ?
Hollywood a toujours montré des Noirs dans des rôles secondaires ou invisibles. Jardiniers, serveurs, prostituées, etc. Depuis quelques années, les verrous s'ouvrent, les langues se délient et les talents éclatent. Les films de Spike Lee sont devenus des références ; les acteurs comme Forrest Withaker, Denzel Washington, Danny Glover ou Samuel L. Jackson sont les nouvelles icônes. Il faut démystifier les mythes et penser universalité. Bien que le cinéma américain n'encourage pas ouvertement le cinéma afro-américain, il y a pas mal de films sur le hip-hop et la vie des rappeurs, comme celle de Notorious Big et 2 Pac.
– Le hip-hop a-t-il eu un impact sur la littérature américaine ?
D'un point de vue thématique, les auteurs américains en parlent sans que cela soit une littérature à proprement dire hip-hop. Il serait difficile de transposer les deux. Par contre, le rap et le slam ont révolutionné la poésie et ça demeure des mouvances hip-hop.


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